‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 103 sur 196 · FRANCE £T ITALIE · texte numérisé non relu

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été préservés des socialistes par l'acte de Louis Napoléon, n*aiiroQt-iIs pas à lui rendre grâce de la liberté de respirer qui leur a été rendue ? . • .

... Je suis très satisfaite de voir que dans le Bill nouveau Lord John a inséré l'abolition du serment. Tout ce que vous me dites de Leveson et de la bienveillance universelle qui l'accueille me ravit. — Que Dieu vous bénisse tous les deux I

Celte lettre est suivie d'un post-scriptumj

J'ai encore à ajouter quelque chose sur l'état des prisons en Italie. Il se peut qu'elles laissent fort à désirer et qu'il ne s'y trouve ni lumière^ ni ventilation convenables. Mais je ne conclus nullement de là que le souverain ouïe gouvernement soient inhumains, quoique ce soit certainement là un état de choses qu'il serait bon d'améliorer. Mais ils n'ont pas inventé ce système, et il faut toujours du temps pour remarquer les défauts des choses auxquelles on est accoutumé. Je ne doute pas que dans cent ans, l'usage du fouet dans la marine et l'armée anglaises ne fasse horreur aux ofEciers d'alors, et au bout du compte ils ne seront cer* tainement pas des hommes plus humains que nos officiers d'aujourd'hui. Remarquez la manière dont M"® de Sévigné parle d'infliger la torture aux criminels, sans paraître en éprouver la moindre horreur. Je suppose cependant qu'elle avait aussi bon cœur qu'aucune de nous. — Si jamais on abolit la peine de mort, nos descendants frémiront du sang-froid avec lequel nous en parlons... Toutes ces choses doivent être considérées lorsqu'on veut juger les hommes et les peuples, et ce sont précisément là les considérations dont les voyageurs anglais se montrent le plus incapables. Dans quel état, je vous le demande, étaient

nos propres prisons il y a soixante ans, lorsque Howard ^ les visita pour la première fois ? Il j a certainement des points relatifs au acomfort», au bien-être en général, sur lesquels Tltalie est arriérée* L'état des prisons s*en ressent probablement, mais il n'en faut pas conclure que ceux qui la gouvernent soient dénués d'humanité. . .

Quelques-unes des opinions émises dans celte lettre seront probablement contestées par plusieurs de mes lecteurs. Je ne me rallie pas moimême à toutes ; mais dans l'ensemble^ qui n'admirera le bon sens, la noblesse d'esprit et de cœur, et même la hardiesse qui se manifestent dans ces pages? Tout partager, tout comprendre, et malgré une pensée dominante, seule maltresse de sa vie, s'intéressera tout, ce fut là, nous ne saurions assez le dire, le charme de ces liens de famille et d'amitié que Lady Georgiana sut conserver si intimes et si étroits jusqu'à la fin de sa vie, sans que le détachement extérieur, auquel nous la verrons parvenir, y ait jamais un seul Jour porté atteinte.

1. John Howard, philanthrope dissident, réformateur des prisons en Angleterre, né en 1727, mort en 1790.

Kotue revue. — Impresdon^s iiauveHes* — Lettres a son frère* Lettre du R, P, Faber* — Retour en Angleterre» — Œuvres

, charitables, — Travaux littéraires. — Latly Btrd, — La Comtessf de Bonnevai. ^- Troisième séjour k Rome, — Début do son Gis dan» le monde. — ' Mariage de M, Leveaon Gower. — Wilbury P«irk* — Guerre de Crimée. — Mort de son fils.

Si la seule vue de la Méditerranée avait fait sur Lady Georgiana une impression dilTércnle de celle qu'elle avait éprouvée dix ans auparavant, si la beauté de la nature lui avait parlé un autre langage, et si, comme je l'ai dit, ce langage était celui de la patrie à laquelle appartenait désormais son àme, on peut se figurer avec quels sentiments elle revit Rome* Elle lui sembla une ville nouvelle, et nous n'exagérons point si nous disons qu'à dater de celle époque, elle n'en fut jamais éloignée sans ressentir un regret analogue a celui que fai t é p r o ii v e v 1 e m a i du p a y s ,

C*est là une impression qu'elle ne fut pas certainement la seule à connaître ; mais c'est une de celle dont on peut dire avec le Dante :

Che intcnder tu>n la puo chi non la prova. (Que celui-là ne peut comproiidre qui ne l'a point ressentie*)

Quoi qu^îl en soit, cette Rome alors si chère aux catholiques, elle n'existe plus que par la majesté

immuable du Pontificat, dont l'éclat n'a été obscurci par aucun des coups qui l'ont frappé. Mais elle a perdu la couronne, qui mieux que sa couronne antique, la rendait la Reine du monde. Elle n'est plus aujourd'hui que la capitale de l'Italie, et, pour Rome, c'est être devenue bien peu de chose!...

Cette Rome toute moderne, nous ne saurions la décrire, nous ne la connaissons pas. Rien ne trouble nos souvenirs du passé, et c'est eux seuls que nous avons à réveiller ici, car ce fut ceux-là que Georgîana emporta dans sa mémoire, et y conserva jusqu'au dernier jour de sa vie.

Pendant son premier séjour, elle avait fait, comme toutes les étrangères, un grand nombre de promenades intéressantes avec l'un ou l'autre de ces guides qui savent faire franchir les vastes espaces de l'histoire, et ajouter au plaisir des yeux celui du souvenir des faits qui marquent à chaque pas cette terre illustre et charmante. Elle avait aussi visité toutes les galeries, et son imagination s'y était enrichie. Toutefois, on ne peut ranger ni l'histoire ni les arts, parmi les sujets qui s'emparèrent jamais très vivement de son attention. Elle savait, il est vrai, s'assimiler promptement une période historique et en reproduire la couleur locale ; mais il fallait que cette étude partielle fût stimulée par l'intérêt que lui inspirait un personnage ou un fait. Dans les

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