‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 105 sur 196 · ROME CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

ROME CHRÉTIENNE

mer de Naples... à tout spectacle enfin où l'on se trouve face à face avec les œuvres de Dieu lui-même?...

Lady Georgiana, en tous cas, éprouva à Rome ce que je viens de décrire. Je puis ici faire appel à ma propre mémoire et au souvenir des entretiens que nous eùiiies ensemble alors ; cir je vins cette année-là {dcN[iples que nous habitions) pas* ser pour la sixième fois à Home la lin du Carême et les jours de la semaine sainte.

Ces jours mémorables et saints L.. ces solennités magnifiques, il faut aujourd'hui les ranger aussi au nombre des choses finies, ou du moins suspendufïs. Mais Thcurc de leur réveil sonnera assurément. Elles ap|)artîennciil à Tâme de Rome. Elles subsisteront, quelle que soit Id destinée humaine de Tauguste Ville. Une autre génération connaîtra les émotions profondes et pieuses qui ont fortifié la nôtre, et dont celle-ci est privée,.*,* Les voyageurs, Anglais ou autres, qui, profitant de la liberté donnée à tous d'assister à ces cérémonies splendides, les considéraient seulement cointne un merveilleux spectacle, seront peut-être surpris en m'cntendant dire que, pour nous^ ils étaient tout autre chose \ mais ici, il peut bien m*élre permis de rappeler encore ce qtje le cardinal Bona'disait au seizième sièclCj au sujet des révélations des auteuTs my^liques: Il faudrail pourtant se résignera croire les plus honnêtes gens du monde

lorsqu'ils affirment des choses que leur propre expérience leur a apprises. C'est à ce titre que les catholiques doivent être crus lorsqu'ils affirment que ce qui les touchaient dans ces grands et saints jours de Rome, ce n'était pas la simple satisfaction esthétique ou artistique, quelque complète qu'elle fut, donnée à leur curiosité ou à leur goût ; mais la signification profonde de tout ce qui frappait leurs yeux et leurs oreilles. Assurément, le chant du Miserere s'élevant après celui des Lamentations^ dans la chapelle Sixtine, au jour baissant, ou bien dans la nef de Saint-Pierre assombrie, causaient aux plus indifférents une impression saisissante; mais pour les catholiques fervents, c'était l'ardente expression des mystères de leur foi; c'était la forme vivante de leurs pratiques et de leurs croyances. Ces chants douloureux et pathétiques étaient le mercredi saint le langage de la pénitence dont ils avaient reçu le sacrement ce même jour. Le jeudi saint, c'était celui de la reconnaissance pour la communion reçue le matin, et en même temps celui de la préparation au jour le plus terrible et le plus grand qu'ait vu le monde, dont la douloureuse vigile était déjà commencée à l'heure où ils résonnaient pour la seconde fois. Le vendredi saint, enfin, ces chants terminaient une journée unique dans l'année pour chacun; une journée dont toutes les minutes avaient été remplies par le souvenir auquel elle

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