‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 106 sur 196 · SEMAINE SAINTE A ROME · texte numérisé non relu

SEMAINE SAINTE A ROME

était consacrée ; non point comme ailleurs, dans les églises seulement où les fidèles se rassemblent, sans qu'au dehors rien ne soit changé; mais en tous lieux et pour tout le monde. C'étnit un jour de la vie humaine, un seul par an^ enlièrement soustrait au bruit et au mouvement du monde!.-, El puis, enfin... le Jour de Pâques. Si» de l'avis de tous, on n'as^sislîi jamais à un spectacle plus beau que celui de la Bénédiction donnée par le Pape du haut de la Loggia? de Saint Pierre; si jamaii^ homme, fût-il le plus incrédule ou le plus raiU Icur du monde, n'eut été tenté de rompre ie solennel silence qui permettait aux paroles sacrées de remplir l'espace et d'être entendues jusqu'à Tex- Irémitc de la vaste place^ que se paâsMit-il dans le cœur des catholiques?,.. Quelque chose de plus, on peul bien le comprendre, que Té motion et l'admiration que tous éprouvaient; quelque chose d'inlimc, de tendre et de puissant, qui fortifiait leur foi et leur amour, et resserrait les liens qui les unissaient à rEglit=ie el au Christ, dont le Représenta ni venait de les bénir.

Si je rappelle ici un peu longuement mes propres souvenirs, c'est que je retrace ainsi en même temps ceux de Georgîana, autant qu'il m'est donné de les dépeindre. Il est très certain que la reti* gion qui nous était comnjune nous tenait le même langage et qu'elle éprouva ce que j'éprouvai moimême ; maïs en songeant ii sa foi ardente, à la

la CHAPITRE XIII - (1853-1855)

ferveur de sa piété, à tout ce qui ajoutait alors à l'intensité de ses sentiments religieux, je puis craindre de n'en avoir pas dit assez, je suis du moins bien assurée de n'en avoir pas trop dit.

Pendant la durée de cet hiver, Lady Georgiana se lia d'une amitié intime avec la famille du prince Borghèse, et principalement avec sa mère qui, tant qu'elle vécut, demeura son amie.

Tous ceux qui ont connu la princesse Borghèse (née de La Rochefoucauld) savent combien était grand l'ascendant qu'elle exerçait sur tous ceux qui l'approchaient ; combien son amitié était fidèle et dévouée, son caractère noble et généreux; quelle place, en un mot, elle occupa, au sommet de la société romaine tant qu'elle vécut; quel vide irréparable y laissa sa mort ! Le grand et beau salon du palais Borghèse possédait le genre d'agrément que procurait une conversation intéressante et sérieuse, et en même temps celui qu'y répandait la présence d'une jeunesse nombreuse et animée. Il était d'ailleurs le rendez-vous de l'élite des étrangers toujours présents à Rome. M. Fullerton et Lady Georgiana se plaisaient également dans ce cercle, où ils aimaient à conduire leur fils. Le jeune Granville jouissait comme eux de ce séjour, et le plaisir de tout partager avec lui ajoutait un intérêt de plus à celui qu'inspirait à ses parents l'aspect nouveau sous lequel leur

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