‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 107 sur 196 · PALAIS BORGHÈSE · texte numérisé non relu

PALAIS BORGHÈSE

tipparaissait la vie religieuse, et même la vie sociale de Rome.

Dans le courant de cet liiver, Lady Georglana écrit de Rome à son frère :

Par un hasard fort inusité, je passe ma soircc toate seule, ce qui ne m'est pas arrivé une seule fois depuis que Je suis ici. FuUerton dîne en ville, en garçon, et Granvilie esl îiUé avec un de ses amis au GoHsëe. — Je ne me sens autlcment disposée à entrer en discussion avec voua, quoique j'y sois provoquée par quelques passages de votre lettre, mais rinfluence de Rome est essentiellement calfQ&nte, et j'aime mieux vous remercier du jduisîr qu'elle ni*a eausé que de relever celles de vos remarques auxquelles j'aurais h répondre. Rome par son côté religieux et poétique remplit te tiennent mon Amo, les jouissances que j'y ressens sont si intenses, que c'est avec effort que mes pensées se tournent vers les sujets politiques... J'ai pourtant cau^é avec [ilusieurs personnes d'opinions diflerentes sur Tétai temporel des ciioses, et voici ce qui me demeure de ces diverses conversations t En premier Lieu, le Pape pour le moment ne s'occupe presque pas des affaires en question j il a débuté par faire un immense effort pour corriger les abus, pour réconcilier entre eux les partis, pour établir d'utilos institutions; la Révolution est venue et elle a amené réchee total de toutes ces tentatives* Il a maintenant renoncé à la lutte et ne s'occupe plus que des affaires de TEglise

Ce qui me semble caractériser le gouvernement ici^ c'est une sorte d'inertie systématique* Je vois bien cpielques actes arbitraires, je n'en vois pas qui soient cruels... On défend et on punît des bagatelles, comme celles de porter certaines cou leurs j de pousser Cf/rtains cris, de composer lies bouquets d'une certaine façon. Mais, toutes ces baga-

telles sont-elles, en vérité, les signes de ralliement d*un parti destructeur et incessamment actif? On s'occupe de réducation populaire et beaucoup aussi des progrès qu'on désire faire faire à l'agriculture. L'administration laisse à désirer, il est vrai ; il y a enfin certainement de grands maux, et les réformes sont difficiles, mais les voyageurs, surtout les nôtres, n'entendent qu'un seul son, et croient tout ce qu'on leur raconte, sans prendre en considération l'ensemble des choses. Granville se porte admirablement bien depuis qu'il est ici, et il jouit de tout ce qu'il volt, et de la vie qu'il mène. Il est revenu ce matin d'une nouvelle excursion h Frascati et à Castel-Gandolfo. Le temps qu'il fait et la beauté du printemps sont au delà de tout ce que j'en puis dire

Lady Georgiana était demeurée en correspondance active avec le R, P. Faber. Elle reçut de lui, à Rome, la lettre suivante, datée d'un endroit où il avait dû se retirer à la campagne, en Angleterre, pour rétablir sa santé, dès lors gravement atteinte.

Cette lettre est, à tous les égards, caractéristique :

LE RÉVÉREND PÈRE FABER A LADT GEORGIANA Hether Groon, Lewisham, Kent, 12 mars 1853.

Ma chère Lady Georgiana.

Je vous ai écrit, en intention, je ne sais vous dire combien de fois, mais, par le fait, je n'en ai rien fait encore, même dans cet exil où je suis ; les empêchements se succèdent, puis, je deviens paresseux, et puis encore, votre longue lettre ne m'est jamais parvenue, en sorte que je suis un peu dans le vague sur ce qui vous concerne.

Quant à moi, je suppose que je me porte mieux et cepen-

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