‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 108 sur 196 · LETTRE DU R. P. FABER · texte numérisé non relu

LETTRE DU R. P. FABER

dant le docteur Tegart prolonge mon exil jusqu'au 3 ou au 5 de mai, et, ainsi que vous le comprendrez sans peine, cela est très, mais très ennuyeux. Toutefois, la volonté de Dieu suffit. Il paraît étrange pourtant d'être arrêté tout d'un coup au milieu de son travail, et d'être appelé à Técart pour devenir un simple spectateur, et je ne sais trop comment vous décrire Teflet que cela me produit. Le monde,, regardé ainsi, me paraît beaucoup plus méchant, et les bons, beaucoup plus médiocrement bons. Les hommes sont si loin de songer à se convertir!... La vérité est si mêlée d'erreur, si enchevêtrée et difficile à dégager de tout ce qui l'entrave!... Tout le monde, en un mot, est si mauvais, et en même temps, chacun semble, de bonne foi, si satisfait de lui-même, que je ne vois pas en vérité ce qu'il y a à faire ou à espérer de personne. Lady ArundeP est la seule avec laquelle je me trouve d'accord. Je lui disais l'autre jour : Enfin ! heureusement la vie n*est pas très longue. — Non^ s'écria-t-elle, e'est là ce qui m'aide à la supporter *.

Ceci, comme vous le voyez, n'est pas un état d'esprit très apostolique. Ne me croyez pas pourtant tombé dans une misanthropie trop noire et incapable de récréation. Je me suis procuré celle d'apprivoiser un chat sauvage, ce que je considère comme une œuvre difficile, qui n'est surpassée que par celle de convertir un pécheur, ou celle de persuader à un Irlandais de recevoir exactement ses sacrements, ou à une dame pieuse de rester tranquille et de ressembler à tout le monde.

En réalité, cette désespérance avec laquelle j'envisage en

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