‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 109 sur 196 · Qui devint peu après duchesse de Norfolk · texte numérisé non relu

Qui devint peu après duchesse de Norfolk

2. Cette exclamation n'était pas celle d'une femme malheureuse ; c'était au contraire celle d'une femme qui possédait alors (et savait en jouir) tous les bonheurs de la vie, mais qui aimait Dieu et les biens qu'il promet, par delà tous ceux de ce monde.

326 CHAPITRE Xlil — (1853-1855)

ce moment Tétat de toutes choses servira, je m'en flatte, à me readre aa ouvrier meilleur et plus utile que je ne rétais, un ouvrier plus patient, parce que je saurai qu'il ne faut pas s'attendre à de grands résultats, et plus calme parce que mes actions seront déterminées par des mobiles uniquement surnaturels. Nous avons besoin, nous autres Anglais, d'apprendre à agir plu» tranquillement, avec moins d'ardeur, avec une plus paisible et absolue confiance dans la prière. Je crois qu'une résignation douce et tranquille, lorsque Dieu a fait échouer un sur dix de nos desseins, nous obtiendrait plus de grâces pour les neuf autres et nous mènerait plus loin que tous les talents du monde, tout le zèle et tout le désintéressement possibles, et jusqu'au don même des miracles, s'il nons était départi. Mais il est si difficile de posséder son âme en paix, lorsque personne n'a Tair de se soucier des âmes d'autrui ! ou de comprendre à qui on en a, quand on plaide cette cause I On vous parle d'associations catholiques,, de cercle» catholif|ues, de la nécessité d'amener une meilleure entente entre les Irlandais et les Anglais,, de celle de bâtir une nouvelle cathédrale, ou lùenunje résidence cardinalice^., on vous dit qu'il faut écraser Lord iohn....^.. Tout cela est fort bien, mais... mais..» mais regardez, ces sombres coins de la cité remplia d'Irlandais, regardez les âmes affamées, regardez vos milliers d' enfanta en guenilles. Tout, autour de nous en Angleterre, nous crie à haute voix : « Le sang ! le sang! le sang précieux de Jésus-Christ demande compte de ceux pour qui il a été versé !.«.^ » Et à eôté de cela, voir une foule de braves gens dans une agitation folle pour la consolidation du parti catholique ! ardents> pressés, bruyants, éloquents ayimt toutes leurs fercultés tendues, toute leur intelligence en jeu, le visage animé, Ites yeux

brillants Essayez de feur parler de ces âmes rachetées,

obscures, cachées, perdues sous tant d'enveloppes sales,

LETTRE nu R. P. FABER 327

grossières, vulgaires. Vous verrez en ua instant ces yeox brillants devenir froids et distraits... on vous répondra avec la politesse qui convient àdes gens bien élevés, on vous dissimulera avec effort qu'on vous trouve ennuyeux, on reconnaîtra toutefois que ce que vous venez de dire est fort important et, en conclusion... on vons offrira une souscription d'ave goînée par an !.. .

Le moyen, ma cbère Lady Georgiana, le moyen, je vous en prie, de demeurer,, en pareil cas» de bonne humeur ? Il n'y en a aucun, voilà le fait. Le seul remède c'est de bien se rappeler quelle brute égoïste, on est souvent soi-même, et de ne pas sortir de là.

Enfin t la grâce de Dieu nous a fart ce que non? sommes. . . Et Lord *** que voilà [membre d'an ministère offangiste,

parla grâce de qui est-il ce qu'il est? Voyez un peu,

voilà que je me dirige à pleines voiles vers les rives séduisantes de la malveillance. Je vous dis donc adieu, chère Lady Georgiana. Souvenez-vous de moi dans tous les saints lieux que vous visitez.

Croyez-moi fidèlement à vous, en JésQff et Martew

Frbd. W. Faber.

Cette lettre pent faire juger de PéloqueBce, du zèle brûlant, de l'originalité du P. Faber, et elle permet aussi d'aperceroir la teinte d'exagération qui, parfois, se mêlait aux admirables qualités de ce gfrand esprit, sans en altérer le charme ni en diminuer la profondeur.

Comme toits ceux qui faisaient alors & Rome un séjour de quelque durée, M. FuUerton et Lady Georgiana ne la quittèrent qu'arec PrntenticMi formelle d'y revenir l'année suivante, vérifiaait

328 GHAPITRK XIII — (1853-1855)

ainsi ce qui avait été ditunefois par le pape Pie IX, à deux étrangers qui prenaient congé de lui. « Combien de temps avez-vous passé à Rome? — Trois semaines — Trois semaines seulement, reprit le Pape. Alors je vous dis adieu. Et vous? dit-il à l'autre. — J'y ai passé six mois. — En ce cas, à revoir. Vous reviendrez certainement. »

Ce fut en eiSet seulement pour y passer l'été que Lady Georgiana, son mari et son fils, retournèrent cette année-là en Angleterre en traversant la Suisse, où M"^ Eward eut encore une fois le bonheur de revoir son ancienne élève.

Pendant le court séjour de Lady Georgiana à Londres, elle s'occupa avec activité, et selon sa coutume, sans délai, des écoles catholiques de Chelsea, alors dirigées par les Pères de l'Oratoire (de Londres) dont le P. Faber était supérieur.

L'aumône, on le sait, n'était pour elle que la moindre partie de la charité. Elle l'eût trouvée incomplète si elle n'y eût ajouté ses soins, son temps et une participation personnelle à toutes les œuvres auxquelles elle prétait son concours. Dans ces écoles naissantes, elle aimait à aller enseigner elle-même le catéchisme aux enfante dans les classes, et, aux heures de récréation, à s'occuper de leurs jeux, en y ajoutant de bonnes paroles à leur portée , et en s'informant des besoins de la famille de chacun d'eux. Et comme les enfants

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