LONDRES
savent très bien reconnaître ceux qui les aiment, ils Tâimaient en retour, et sa présence parmi eux y répandait toujours la joie et la gaieté. Il faut relever encore, en passant, l'habitude si utile à observer et à imiter, dont elle nous donne ici un nouvel exemple. Pendant Vêlé dont je parle, Lady Georgiana savait que son séjour à Londres serait très courtj et elle n'était nullement sure d^y revenir l'année suivante. L'acquisition de Midgham n'avait pu se faire ; mais il était question d'une autre demeure à la campagne, et ils devaient s'y établir au retour de leur nouvelle absence. En tout cas, elle allait repartir dans peu de temps pour l'Italie. Le temps était donc court, le retour incertain, le bien à faire précaire*.. Que de personnes, même charitables, eussent profité de tant de bons prétextes pour demeurer les bras croisés!.,. Mais pour elle, lorsqu'il s'agissait d'un cfTort personnel, elle ne songeait qu'à accomplirj sans perte de temps, ce qui se trouvait à sa portée, ne regardant au loin, ni en avant, ni en arrière, et réservant toutes les précautions de ce genre, pour l'heure où il faudrait appeler à son aide le concours d'autrui, organiser des ressources, partager avec d'autres le Iravail entrepris. Alors elle réfléchissait mûrement, elle devenait, si non lente, du moins très circonspecte, et elle apportait à Texamen de la ligne à suivre et les moyens à employer toute la
perspicacité et la viguear de son esprit. Sans jamais se départir de son humilité, elle fut l'âme et la vie de toutes les œuvres dont elle s'occupa; mais toujours elle évita delà paraître^ et s'efforça, en y parvenant souventt, d'e» laôascr à d'autres le mérite et l'honneur.
Ces travaux de la charité, on le p«Ense bien^ ne ralentissaient pas ceux qui étaient destinés à les alimenter^ et ne servaient,, au coa>traire, qu'à rendre sa plume plus active.
Nous aimerions à nous étendre sur tsaa ses ouvrages, comme nous L'avons fait sur les deux premiers, mais la marche de notre récit ne nous le perm/et pas. Nous dirons donc seulement que le roman nouveau intilulé Lady Bird^, publié par Lady Georgiana,. dans le courant de l'année 185<&, eut le mém^e succès que les premiers, et cependant le public était plus sévère pour elle qu''au début. On savait désormais ce qu'on pouvait attendre de son talent,, et elle avait quelque peine à se maintenir à la hauteur où ses premiers efforts L'avaient portée. Elle y réussit toutefois, et sa réputation littéraire s'affirma et continua à grandir.
Ce fut vers cette époque, je le erois^ que la correspondance de Judith de Gontaut, avec son infidèle époux, le Pacha de Booneval, tomba ao^iis