‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 114 sur 196 · Lady Bird · texte numérisé non relu

Lady Bird

mariage sera fixé. J'espère encore que nous pourrons y assister et je le désire vivement. Voas jugez si j'ai hâte de faire connaissance avec Lady Margarat... et si tout ce qui la regarde m'intéresse? Je me représente sans cesse ce que sera au milieu de noas sa présence... Clher Freddy !... je ne puis vous dire à quel point votre récit de sa première rencontre avec maman m'a émue! Elle n'a plus de mère, son mariage lui en donnera une, et quelle mère!... et j'ai l'intime pressentiment que la nôtre trouvera en elle une vraie consolation... La famille de votre fiancée est aussi une de celles à laquelle il est très agréable d'appar* tenir, enfin tout ce que nous pouvions désirer pour vous me semble réuni dans cette alliance.

Fullerton et GranviMe vous envoient leurs affectueuses félicitations; le dernier est on ne saurait plus animé sur ce sujet et impatient de faire connaissance avec sa future

tante Nous sommes contents qu'elle ait un si joli

nom ! Cher Freddy ! je suis si heureuse que je ne sais

plus ce que je vous écris. J'ai si ardemment désiré vous voir marié, et vous savoir heureux, et ce bonheur j'en trouve la vive expression dans chacune des lignes de voire lettre!... Oh! que Dieu vous bénisse, cher frère, ainsi que celle que vous avez choisie et que vous aimez si profondément. Ce que vous êtes l'un pour l'autre en ce moment, puissiez-vous l'être toujours! et que toutes les bénédictions que je demande au ciel pour vous deux, vous soient accordées!...

Son désir d'assister au mariage de soa frère n'ayant pu être réalisé, elle lui écrit de Rome, le 5 mai 1853 :

Je crains que décidément nous ne puissions venir!

mais, quoique ce soit une grande privation, je sens c^'ii y a pour moi tant de joie dans ce mariage que je n'ose me

MARUGE DE if. LEVESON LOWER 335

plaindre d'avoir k sacrifier le plaisir d'en être témoin

le désire du moins en savoir le jour et l'heure, afin que mes pensées et mon ccBnr puissent vous suivre et vous accompagner de prières et de bénédictions..... L'impression produite sur ma mère par Lady Margaret est tout ce que pouvieE désirer^ et la savoir ainsi satisfaite «t bien partante me fait tant de plaisir que le moindre regret en ce moment me parait coupable, et pourtant je vous avoue qu'il me prend souvent de grands accès de mal de la famille, lorsque je lis le récit de toutes vos réunions au grand complet dans Brook Street \ !

Ce fut à leur retour en Angleterre, dans Tautoiane de ^^ette même année, que Lady Geargiana et M. Fttlletron s'établirent dans lenr nouvelle habitation à la campagne. Elle était située enWiltshire et se nommait Wilbury Parle.

11 ne semble pas que Lady Georgiana ait jamais eu, pour «ette nouvelle demeure, autant de goût que ponr Mîdghara. Un sortoontraire à la stabilité semblait la poursuivre, et, comme une espèce de présage du coup funeste qui devait mettre à néant tous leurs projets, aucun de ceux qu'ils formaient dans rintérét d'un autre avenir que le leur, ne parvenait à se réaliser.

Son frère, nouTellement marié, voyageait alors en Italie avec sa jeune femme. Elle lui écrit de Wilbury :

..... Vous désirez savoir sans doute comment je me plais dans ce lieu, et s'il nous convient ? Voici ce que j'en pense : la maison est remplie de soleil, riante et confor-

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table, la situation est très salubre, l'air est pur, embaumé de parfums fortifiants ; il y a de Tombre, l'aspect de tout ce qui nous entoure est très champêtre, le village qui touclie à la grille de notre petit parc est joli; mais dans le jardin, il y a une triste absence de fleurs et tout y aurait besoin d'être grandement amélioré. Il y a, dans un certain air négligé qui règne ici, quelque ressemblance avec Rushmore, mais Rushmore dépouillé de son charme pittoresque. Cette négligence, il est vrai, serait facilement cor-, rigée, lorsque le lieu nous appartiendrait, mais ce qui ne pourrait l'être, c'est le pays environnant, principalement composé de landes cultivées, ce qui forme un assez triste paysage dépouillé sans être sauvage. Il y a cependant, aux environs, de jolies petites villes, des villages soignés, riants et de charmantes allées vertes, où l'on peut galoper sur le gazon en faisant cinq ou six milles de suite. Il y a aussi pour Granville une très bonne chasse, de plus le chemin de fer en construction aura une station tout près de la maison. En un mot ce serait une acquisition beaucoup meilleure que celle de Midgham... Mais vous qui aimiez et admiriez Midgham autant que moi, vous comprendrez, qu'au premier moment, j'aie peine à ne pas regretter le charme, Tétrange beauté, la variété de ses commons et

de ses chemins ravissants Si vous avez à Venise une

chaleur qui soit en proportion avec celle dont nous souffrons ici, je vous plains. La seule compensation, et elle est grande, c'est, en raison de cette température^ la beauté de la moisson I C'est vraiment un spectacle bienfaisant et béni que celui de ces charretées nombreuses de magnifiques épis que l'on voit se mouvoir dans tous les champs que Ton

côtoie

Grâce au ciel, cette merveilleuse moisson, en France et en Angleterre, nous préserve de la crainte de voir le fléau de la famine se joindre à celui de cette horrible guerre!...

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