‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 12 sur 196 · MESSE AUX INVALIDES · texte numérisé non relu

MESSE AUX INVALIDES

époque demeura pour les deux jeunes filles très monotone.

Par suite des réparations qu'on eut à faire à l'hôtel de l'ambassade, Lord Granville se transféra pendant six mois, avec toute sa famille, à l'hôtel d'Eckmiihl (qui fut plus tard et demeura longtemps ensuite l'ambassade d'Autriche), rue de Grenelle, au coin du boulevard des Invalides ^

Ce fut alors, écrit Lady Georgiana, que j'assistai pour la première fois à la messe. On la disait tous les dimanches à neuf heures, pour les vieux soldats, dans la chapelle des Invalides, accompagnée d'une très belle musique. Comme M^'* Eward aimait beaucoup cette musique et que l'église protestante était très loin de notre demeure temporaire, elle nous conduisait fort souvent, sans scrupule, dans cette chapelle. Nous demeurions assises près de la porte, et tout ce qui se passait sous mes yeux me plaisait beaucoup. Lorsque l'on portait les armes, à l'Élévation, cela me faisait une impression profonde ; mais, comme de raison, je n'avais aucune idée de ce que cela signifiait, et hormis un certain plaisir ressenti, en regardant les lieux et les objets qui se rapportaient au culte catholique ou en en entendant parler, je n'attachais aucune idée religieuse à ce que j'éprouvais. . .

Un jour, sur le boulevard, une pauvre femme demanda l'aumône à M*** Eward; celle-ci répondit : a Qu'elle ne donnait jamais à personne dans la rue. — Et où donnezvous alors, Madame?» lui demanda la pauvresse. Cette parole troubla un peu M^^* Eward, car elle lui 6t faire la réflexion que ni elle ni ses élèves n'avaient en réalité fait aucune aumône depuis qu'elles étaient à Paris. Elle noua

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