Où réside aajourdliui Tarchevêque de Paris
proposa alors de donner une petite somme, à laquelle elle contribuerait elle-même^ chaque semaine, à deux pauvres gens que nos serviteurs français nous avaient recommandés. Nous y consentîmes avec joie, mais je cessai promptement de m'intéresser à cet acte de charité envers des individus dont fe ne savais rien, et que je ne voyais jamais, et j*aurais mieux aimé employer mon argent à faire des présents à mes amis. . .
. Peut-être, en effet, pour comprendre la charité, faut-il qu'un enfant ait l'occasion de voir de ses yeux ceux qu'il secourt, à moins qu'on ne prenne la peine de lui dépeindre en détail la misère qu'il s'agit de soulager et qu'il ait l'imagination assez vive et le cœur assez bon pour en être touché. C'est ce que M"** Eward ne semble avoir compris qu'à moitié. L'avenir révéla, du reste, quelle flamme latente de charité vivait au fond de l'àme de Georgiana, et combien il eût été facile, dès lors, de la développer. Mais la pénétration, nous le savons, n'était pas le trait caractéristique de sa gouvernante.
A leur retour à l'ambassade, après cette absence temporaire, on donna aux deux sœurs une maltresse d'italien parfaitement capable d'enseigner sa langue et de rendre ses leçons intéressantes. Elle se nommait la comtesse Galvani et, par suite de revers de fortune, utilisait ses talents et l'éducation distinguée qu'elle avait reçue. Elle était belle, intelligente, pleine de courage et de gaieté, et racontait en riant les expédients auxquels sa