‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 127 sur 196 · SOEURS DE LA CHARITÉ EN ANGLETERRE S · texte numérisé non relu

SOEURS DE LA CHARITÉ EN ANGLETERRE S

La joîe de Lady Georgîana fut grande, lorsque sous leur direction elle commença ce labeur pour lequel, comme pour tout autre, il faut un apprentissage. L'occasion était bonne pour faire celui-ci. Elle s^adjoignit donc à cette petite communauté naissante, et elle s'y dévoua comme elle savait se dévouer. Dès qu'elles furent établies, les sœurs la virent apparaître presque chaque jour, non pas pour se rendre, comme elle l'avait fait jusque-là, dans les lieux voisins de sa demeure^ où elle trouvait encore parmi les pauvres une certaine aisance relative ; mais dans les réduits des plus misérables quartiers de Londres,' là où surtout s'aggloméraient les Irlandais, auxquels s'adressait principalement la mission des sœurs de la Charité.

On sait combien Georgiana était d'avance préparée à s'intéresser à eux. Si, sans se manquer h elle-même, la charité pouvait se permettre des prédilections, on pourrait dire que toutes celles de Lady Georgiana étaient en faveur des Irlandais. Ils étaient à ses yeux la personnification vivante de sa foi ; et, sans avoir jamais habité ou même visité l'Irlande, elle en avait adopté les traditions, elle en aimait la poésie, elle en excusait les préjugés, et en partageait presque les passions... Ce fut donc avec un sentiment tout particulier d'attendrissement et d'intérêt qu'elle se trouva mêlée aux plus pauvres parmi eux, et que dans cette ex-

tréme misère, elle eul souvent lieu de reconnaître et d'admirer cette pureté de mœurs qui les distingue entre tous les peuples de la terre, survivant et résistant chez un grand nombre même, aux influences qu'ils subissent dans les horribles milieux où la misère les précipite à Londres. Aussi, quelle joie elle éprouvait à les soulager! quelle main tendue vers eux! quelle voix attendrie en leur parlant! quel sourire aussi prompt que ses larmes, en les écoutant ! quelle vive compréhension de ce langage imagé des Irlandais, qui se rapproche de celui des Italiens, mais avec plus ^humour que chez ceux-ci. Quelle pitié et quelle tendresse dans son langage à leur sujet!... Nous trouvons la trace de tous ces sentiments dans les vers suivants, écrits de sa main à cette époque :

Hélas !... dans nos rues souillées de Londres nous rencontrons souvent ces yeux bleu foncé des Irlandaises — ces beaux yeux souvent encore si purs ! — et à leur aspect, notre cœur se gonfle et nous nous sentons pénétrés de pitié et de respect. — Car parmi elles, il s'en trouve beaucoup, nous le savons, qui traversent la fournaise du mal sans en être atteintes, — et qui savent garder leur cœur aussi exempt de souillure que la neige de leurs montagnes.

Gtons ici à ce propos le témoignage d'une amie, associée à tous les travaux de sa charité :

Lady Georgiana aimait tous les pauvres, mais elle se préoccupait particulièrement des pauvres catholiques de

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