ŒUVRES DIVERSES
influence exercée par elle sur tous ceux qui l'approchaient. Elle était l'âme de chaque œuvre nouvelle et communiquait à chacune d^elles, tour à tour, le souffle de sa charité et de son zèle, zèle qui en aucun lieu ne fut inactir. Soit à Mentone, où elle passa quelques hivers, soit à Deal, où elle allait souvent, soit à Bournemouth, où elle acheva ses jours, partout elle laissa la trace permanente de son bienfaisant passage. Plus tard, ce lut rétablissement, à Londres, des Aiuciliatrices des âmes du purgatoire^ qui occupa son temps, et dut, en grande partie , ses progrès à sa pieuse sollicitude et à son infatigable zèle. Enfin, nous parlerons plus loin de ce que je nommerai la plus chère de ses œuvres : la fondation de la communauté qui a pris le nom de Pauvres servantes de la Mère de DieUy à laquelle elle consacra les derniers jours de sa vie et le dernier souffle de son amour et de son zèle.
Cette vue d'ensemble du travail extérieur de sa charité suffit pour qu'on se demande comment il lui fut possible d'assumer de si lourdes charges sans y épuiser toutes ses forces et y donner son temps tout entier. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer ce miracle; nous affirmerons seulement qu'elle sut l'accomplir. Jamais un seul jour son mari ne la trouva absente ou en retard, à l'heure où il l'attendait pour leur promenade quotidienne x>u pour cette visite de l'après-midi, qu'ils fai-
MO CHAPITRE XV - (f857-i859)
saient chaque jour ensemble à Tcglise. Jamais! non seulement sa mère, ses frères ou sa sœur, mais aueun de ses amis, n'éprouva près d'elle cette sensation de n'être pas absolument les bienvenus, que les gens occupés (fût-ce même d'une manière très futile) laissent si facilement apercevoir dans leur physionomie lorsqu'on les dérange. Il était évident, au contraire, qu'elle jouissait vivement elle-même de cette joie demeurée intacte dans sa vie, et que sa grande douleur n'avait en rien diminué sa tendresse pour ceux qu'elle aimait» Après comme avant, son visage s'illuminait à leur vue ; leurs intérêts étaient les siens, et quant à leurs peines et à leurs douleurs, Dieu, en déclii«p rant son cœur, l'avait agrandi pour les partager; une nouvelle puissance de consolation s'étaôt développée en elle, où tour à tour ses plus proches et ses plus chers eurent ai venir chercher un secours et un appui !
En dehors de tous ces devoirs et de toutes ces occupations, elle poursuivait avec persévé^ rance ses travaux littéraires, et ces années si ac« tives furent en même temps les plus studieuses de sa vie. Sans entrer dans de trop longs détails, si nous nommons seulement ici les principaux ou* vrages, qui, pendant > la durée des vingt années suivantes^ reçurent, en général, du publie on accueil favorable, dans combien de mémoires nous évoquerons le doux souvenir dlieures hea-