ÉTUDES HISTORIQUES ET RELIGIEUSES
gieuse qu'elle poursuivit assidûment, fort au delà de celles qui avaient été nécessaires pour la com* position de ce livre, et dont l'intérêt demeura pour elle intense jusqu'à la fin de sa vie. En re« cherchant ainsi dans leurs moindres détails tous les faits relatifs aux persécutions souffertes en Angleterre , par les catholiques pendant le seizième, le dix-septième et une partie du dix-huitième siècle, elle éprouv», en même temps qu'une ardente sympathie pour les fidèles défenseurs de la foi, ce ressentiment rétrospectif contre leurs oppresseurs, que l'on trouve d'ordinaire plus vif et plus implacable parmi les Anglais convertis que chez les anciens catholiques. Ceux-ci jouissent le plus souvent, tranquillement, de la paix et de la liberté si amplement recouvrées. Ceux-là, au contraire, ayant seulement réceminent compris la valeur des biens dont ils furent privés par la Réforme, ressentent aujourd'hui contre les destructeurs de l'unité une indignation qu'ils expriment avec plus de véhémence que les autres, et non sans raison peut-être ; car la foi catholique leur a été effectivement ravie pendant trois siècles ; tandis que ks descendants de ceux qui l'ont conservée à travers tous les obstacles peuvent oublier sans peine les persécutions qui n'ont pas réussi à enlever à leurs pères le don précieux qu'ils leur ont fidèlement transmis. Quoi qu'il en soit, les études de Lady Georgiana sur cette matière furent si sérieuses
et si approfondies, qu'en 1882, pendant les longs travaux qui précédèrent la Béatification des martyrs de la foi en Angleterre, au seizième et ail dixseptième siècles, Béatification qui vient seulement d'avoir eu lieu, elle fut appelée à en soumettre le résultat à ceux qui étaient chargés ex profosso de consulter les témoignages de l'histoire. > Aux ouvrages qui précèdent, nous en ajouterons un où, pour la seule fois de sa vie, elle fit intervenir la controverse proprement dite. Ce roman a pour litre : £a Nièce de M^^ Geratd ^ Le sujet est l'un des meilleurs que l'auteur ait jamais choisi; peut-être est-ce même de tous ses récits le mieux couduit. La controverse (qui avait ici en vue le ritualisme) n'y figure que d'une façon épisodique ; elle lui fut toutefois vivement reprochée^ et quoiqu'elle ait donné pour quelques-uns un intérêt spécial et durable à ce livre, il fut critiqué par un bon nombre des lecteurs et admirateurs habituels de Lady Georgiana qui, ayant prévu qu'il en serait ainsi, s'y était résignée d'avance, et disait qu'elle ne recommencerait pas ; « mais que, pour une fois, elle avait voulu dire sur ce sujet ce qu'elle avait sur le cœur ». A cette époquelà, du reste, le succès, pour lui-même, lui était devenu plus qu'indifférent.
Son dernier roman : Vouloir c* est pouvoir^ y tiré