‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 154 sur 196 · A SUZANNE PITT · texte numérisé non relu

A SUZANNE PITT

lesquels vous comptiez pour appuyer votre vie ^ ! Oh ! qu'il semble étrange, qu'en si peu de mois nous voyions ainsi, après tant d'antres, disparaître ces deux âmes pleines d'énergie et de courage, ces deux esprits actifs, ces deux vies qui semblaient si remplies de promesses au moment même où elles allaient s'éteindre !

Les passages suivants, qui rappellent la sym* pathie littéraire et poétique qui existait entre Lady Georgiana et sa nièce, se trouvent dans les lettres échangées entre elles pendant leurs nouvelles séparations.

Le 2 février (cette lettre est datée de Menton), nous avons été visiter un monastère, qui est situé à huit milles d'ici, et est un lieu célèbre de pèlerinage.

La vallée dans laquelle il se trouve est étroite, fermée de trois côtés ; — du quatrième, elle s'ouvre sur une vue étendue qui embrasse à l'horizon une vaste chaîne de montagnes...

Les jours de grandes fêtes, il s'y rassemble souvent, nous a-t-on dit, au delà de 10,000 personnes, qui y arrivent à pied, à cheval ou en chariots, et campent de tous côtés en plein air.

Tandis que j'étais à genoux dans l'église, une pauvre paysanne y vint aussi pour prier. Elle avait perdu la raison, et il lui en restait assez pourtant pour le savoir, et pour demander d'être guérie... Elle se levait à chaque instant, se rapprochait de moi, et me disait : « Je, suis mère de quatre enfants, et je suis folle!... Priez la Madone d'avoir pitié de moi I...» Puis elle retournait devant l'autel et recommençait à prier tout haut, et à pleurer... Sa prière troublait la mienne, mais elle m'attendrissait

Page 1