Catherine, la seconde fille du comte de Montalembert
MARHOUTIERS 497
•seulement ralenti sa marche. Jamais une plainte, jamais môme une réflexion sur sa santé ne sortait de ses lèvres. Quelquefois seiilement elle parlait de sa vue aflaiblie et de la difficulté croissante qu'elle éprouvait à lire et à écrire, mais sans s'appesantir sur la redoutable crainte que ces symptômes pouvaient faire naitre.
Ceux qui connaissent M"® de Montalembert (aujourd'hui Supérieure de la maison du Sacré- Cœur à Nantes) ne me démentiront pas, si je dis qu'on trouve en elle une personnification radieuse de la vie religieuse. Loin de moi, assurément, la pensée, même lointaine, de contrister son humilité par des éloges déplacés, mais si l^joie est, comme cela nous est enseigné, un des fruits de l'Esprit saint, promis aux cœurs qu'il remplit, il est bon, utile et consolant de voir rayonner cette joie dans les traits, dans le langage, dans l'enveloppe tout entière d'une àme qui a choisi de n'en point connaître d'autre ici-bas. Il est bon, je le repète, pour ceux qui sont incapables de faire pour eux-mêmes ce choix austère, de comparer de temps en temps les joies qu'ils ont recueillies dans les sentiers de ce monde, avec celles dont ils voient ici l'expression et dont ils entendent les accents !...
Lady Georgiana, plus que personne, devait les reconnaître, ces accents d'une âme vaillante et joyeuse, et moins que personne en être surprise.
On comprendra donc sans peine qu'elles se trouvèrent vite à l'aise ensemble, et que leur entretien devait être bon et bienfaisant à écouter, lors même qu'on se sentait indigne d'y prendre part !
En revenant de Marmoutiers , nous allâmes faire une prière au tombeau de saint Martin, où M. FuUerton nous rejoignît. Ensuite, à l'heure de la bénédiction, nous nous rendîmes dans un autre lieu, tout imprégné de prières, et qu'embaume la mémoire récente d'un homme, qu'on ne nomme point un saint, uniquement par respect pour la seule autorité à laquelle il appartient de décerner ce titre.
Tous ceux qui connaissent Tours ont visité le lieu, transformé en chapelle, où habita le vénérable M. Dupont et ont prié devant cette image de la Face adorable du Sauveur, objet pour lui d'une tendre dévotion, devant laquelle il adressa à Dieu des prières si ardentes, et tant de fois exaucées !
Ces prières, le peuple fidèle et confiant continue aujourd'hui à venir les lui demander, comme lorsqu'il était sur terre, et des faits quotidiens et nombreux attestent que Dieu continue de les entendre.
Pendant toute la durée de leur séjour à Tours, Lady Georgiana et son mari se rendirent chaque jour dans ce sanctuaire, édifiant les assistants par leur exactitude, aussi bien que par leur pieux et