‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 183 sur 196 · SANCTUAIRE DE LA SAINTE-FACE · texte numérisé non relu

SANCTUAIRE DE LA SAINTE-FACE

profond recueillement. Lady Georgiana, qui ne songeait point à sa propre santé, se préoccupait parfois avec excès de celle de son mari, alors souvent chancelante. Elle lui prodiguait des soins qui ne se ralentissaient jamais, et devant lesquels elle faisait plier sans effort ses désirs et ses goûts, et elle eût sacrifié jusqu'aux occupations de sa charité et de sa piété, si lui-même eût jamais pu consentir à accepter un tel sacrifice. Une dévotion particulière des habitués du sanctuaire dont je parle était de demander qu'on leur fit un signe de croix .sur le front, avec l'huile de la laïnpe qui brûlait devant la sainte image. Georgiana, sûre du pieux respect avec lequel son mari recevrait cette onction, demanda qu'elle lui fût appliquée, et à genoux près de lui, elle la reçut en même temps que lui, sur le front et sur les yeux. Elle songeait assurément plus à lui qu'à elle-même dans cet acte de foi et de piété, et qui sait, en effet, si elle n'obtint pas pour lui le courage et la force, qu'on lui vit déployer plus tard, et la santé raffermie qui lui permet aujourd'hui d'agir pour elle, et de compléter avec tant de suite et de persévérance celles de ses œuvres qu'elle a laissées inachevées ? En tous cas, elle reçut pour ellemême, en ce lieu, une sorte de gage sensible de Teflicacité de ses prières : ses propres yeux, que l'huile bénie avait touchés, furent guéris» Elle était arrivée à Tours préparée et résignée à ne

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pouvoir bientôt plus s'en servir, pour lire ni pour écrire. Elle en partit délivrée de cette crainte, qui aggravait toutes les autres, et jusqu'à la fin de sa vie cette appréhension ne se fit plus jamais sentir. Les miracles naissent des prières. Les prières puissantes naissent de la foi, et la foi elle-même grandit et se fortifie par l'aspect des lieux, où la grâce de Dieu est apparue un jour d'une façon visible et tangible. C'est ainsi que se fondent les pèlerinages, et il faut avouer que le sentiment qui y conduit en si grand nombre ceux qui souffrent, désirent ou espèrent, est aussi naturel au cœur tourmenté des hommes, que celui de la reconnaissance passionnée, qui ramène aux mêmes lieux ceux qui y ont obtenu l'apaisement de l'un ou l'autre des maux de la vie. Gela pourrait et devrait frapper tout le monde. 11 n'en est rien cependant. Tandis qu'il est une foule qui prie, implore, adore et rend grâce, il en est une autre qui sourit, se détourne, raille et méprise. Tandis que les uns s'informent gravement et religieusement des faits, les autres les récusent sans les examiner, et refusent, en cette seule occasion, de se servir "des moyens d'observation, dont ils sont pourvus et qu'ils appliquent à toutes les autres choses de ce monde!... Mais ce n'est pas à ceux-là que nous pensons en ce moment, c'est à ceux qu'animent encore tous les jours les sentiments qui avaient conduit Lady Georgiana et son mari dans l'hum-

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