‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 184 sur 196 · RETOUR A PAR]S SOI · texte numérisé non relu

RETOUR A PAR]S SOI

ble el pieux sanctuaire de la Sainte-Face et qui allaient les acheminer avec plus de dévotion encore vers celui de Lourdes.

Ce pèlerinage de Lourdes était, on le sait, depuis de longues années pour Georgiana Tobjet d'un ardent désir. Peut-être (comme naguère, de celui de Rome, auquel elle avait dû renoncer à la dernière heure) aurait-elle dit : « que ce désir était trop passionné. » — Quoi qu'il en soit, comme du premier, le sacrifice lui en fut imposé, à Theure même où il allait se réaliser !

Dans la nuit qui précédait le jour de leur départ, M. FuUerton tomba malade, et il fut jugé plus prudent de ne pas poursuivre le voyage. J'étais revenue à Tours pour prendre congé d'eux. J'eus alors lieu d'observer la promptitude, la douceur et la sérénité avec laquelle elle accepta ce sensible mécompte. Elle avait^ malgré elle, les larmes aux yeux, mais il ne lui échappait pas une parole de plainte ou de regret. « Tout était pour le mieux. Elle voyait bien maintenant que le voyage eût été imprudent... S'ils eussent été plus loin, ils auraient certainement eu à s'en repentir... Elle était convaincue que le mieux était de retourner sur ses pas. » En un mot, sa seule pensée semblait être d'éviter à son mari jusqu'au regret de lui imposer un sacrifice...

Ils repartirent en effet pour Paris. Là, ce fut elle-même qui tomba malade et ils durent y de-

meurer quelques semaines. Pendant ce séjour, elle écrivit la lettre suivante à Miss Langdale, plus d'une fois nommée déjà dans ces pages parmi les fidèles amies et compagnes de sa vie religieuse et charitable :

A MIS8 LANGDALB Paris, hôtel Wagram, rue de RiToli. 6 novembre 1882.

Ma chère Fanny,

J'aurais du vous remercier avant ce jour de votre bonne lettre; mais voilà quinze jours que je suis souffrante et absolument hors d*état de m'occuper. Je vais mieux enfin, grâce à Dieu! Je puis commencer à circuler depuis quelques jours, et à moins qu'il ne souffle un vent de tempête, nous comptons, mercredi, repartir pour Boulogne et profiter du premier beau jour pour faire la traversée. Je pense donc qu'avant la fin de la semaine nous serons à Londres, nous rendant à Ayrfîeld.

Le petit accès de souffrance que je viens d'avoir me confirme dans la pensée que le climat de Bournemouth n'est en rien la cause de mes maux, et j'espère que mes excellents amis voudront bien s'en convaincre, et cesseront à cet égard de se désoler, comme quelques-uns le font sans motif.

L'hôtel où nous sommes ici est si tranquille, si excellent, si bien exposé au soleil, et la vue [sur le jardin des Tuileries) est si riante, que nous le quittons à regret. Mais il aut nous mettre en route avant que la saison ne devienne trop mauvaise.

Malgré de nombreux jours de pluie, le temps a été doux et favorable pendant tout ce voyage. La santé de mon mari est aussi, grâce à Dieu, à peu près rétablie maintenant. J'ai donc de grandes actions de grâces à rendre. Toutefois, je

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