BOULOGNE
et fut ensuite, on le pense bien, empressée de la seconder et de lui obéir. La fête eut lieu et fut brillante ; elle fut suivie, à la fin du mois, d'un arbre de Noël, auquel Lady Georgiana présida, et que, de fait, elle institua^ car à dater de ce jour l'exemple donné par elle fut suivi, et sa présence de quelques jours au milieu de ces pauvres enfants leur assura un jour de fête qui, depuis, se renouvelle pour eux chaque année.
Mais plus encore que les enfants, les pauvres eurent lieu de bénir ce dernier séjour de Lady Georgiana à Boulogne, pendant lequel ses aumônes furent si considérables qu'on s'en souvient encore. A Noël surtout, elle leur fit faire une abondante distribution de charbon et de viande. Elle paya leurs loyers, et le jour de la fête elle voulut porter elle-même à chacun ce qu'il leur fallait pour faire un bon repas. Toutes ses forces semblaient lui être revenues dans ses courses charitables, pendant lesquelles elle disait à la sœur qui l'accompagnait : « Oh ! quelle joie ! ma sœur! que celle de pouvoir aider un peu ces pauvres gens!... et comme tout ce que nous leur portons leur est indispensable ! »
Ce furent là ses derniers actes en France et ses adieux au pays qu'elle aimait depuis son enfance et qu'elle ne devait plus revoir!
M. FuUerton et Lady Georgiana ne revinrent en Angleterre que vers la fin de janvier 1883.
L'amélioration qui s'était manifestée dans sa santé se maintint, avec quelques fluctuations, jusqu'à la fin de l'année, qu'elle passa, en partie dans sa maison de Londres et en partie chez ses frères, à Walmer Castle et à Holmbury. Enfin, vers la fin d'octobre, elle retourna à Bournemouth, et cette fois ce fut pour ne plus jamais le quitter.
On devine qu'elle profita du retour passager de ses forces pour reprendre toutes ses occupations accoutumées, et pas plus que les autres, elle ne négligea son travail littéraire, si on peut donner ce nom à une œuvre telle que la Vie de Lady Lothian^ qui intéressait son cœur et son âme plus encore que son esprit :
J'aurais voulu, écrivait-elle vers ce temps, faire paraître successivement la vie de Lady Falkland ', celle de la marquise de Buckingham ^ et enfin celle de notre bien-aimée Lady Lothian. Quoique ne se ressemblant pas et vivant à des époques très différentes l'une de l'autre, il y a un rapport entre leurs situations qui me semble ajouter à l'intérêt de l'histoire de chacune d'elle...
De ces trois histoires, celle de Lady Falkland^ mère de Lord Falkland , le fidèle serviteur de Charles P**, fut la seule qu'elle acheva et qui parut dans le courant de 1883. Elle interrompit la Biographie de la marquise de Buckingham^ commencée avant la mort de Lady Lothian, pour con-