DÉCISION
fois, et plas que jamais je l'aîme; et maintenant, je le crois, la décision approche ; }t l'ai rencontré deux fois à Aliaack's ' , trois fois k TOpéra, et hier au soir chez la duchesse de Dino; il m*a parlé tout à fait clairement, et par le fait, c'était pour la première fois, car l'année dernière c'était mon oncle qui me transmettait ses paroles. . . Il m*a dit que rien dans ses sentiments n'était changé, qu'il m'était plus dévoué que jamais. Nous ayons causé ensemble près de deux heures. ..
Ici la lettre est interrompue, elle la reprend trois jours plus tard.
J'en étais là, très chère Ëda, vendredi dernier, lorsque mon oncle est arrivé tout d'un coup et m'a donné à peine le temps de quitter la chambre, où il voulait, me dit-il, amener sur-le-champ M. Fullerton, afin qu'il pût causer avec maman. Dans ma précipitation, je n'avais pas songé k emporter ma lettre commencée, et comme il est resté avec maman plus d'une heure et demie, il n'était pins temps ensuite de la faire partir. « .
Maman a été tout à fait satisfaite de sa conversation avec lui. •. Je n'ose pas encore me laisser aller à une complète espérance. Mais lui est maintenant convaincu que tout va s'arranger selon nos désirs, et il estd'une joie, d'une gaieté qu'il ne peut maîtriser !« . .
Jamais je n'ai passé une plus délicieuse matinée que celle d'hier à Chiswickl Le temps était magnifique, et ce lieu toujours si charmant ne m'avait jamais paru l'être autant I Nous avons causée perte de vue, en nous promenant pen-
1. Bal de eotiscriptioii , tout particnlièremeiit soumis aux décisions des arbitres , dont bous avons parlé plus haut , et où le droit de payer sa carte d'admission était considéré oomm^ un tr^s graad privilège.
dant un temps indéfiaîi sous les arbres. . • Chère £da ! jamais personne autant que lui ne m'a fait TefTet de devoir plaire et être aimé. Sa physionomie est charmante. On trouve ici qu'il ressemble beaucoup au portrait de la du* chesse de Devonshire, ma grand'mère S et on dit que c'est pour cette raison que mon oncle l'a pris en si grande amitié. . . Eda I il me plaît I et je crois pouvoir te dire en toute assurance qu'il m'aime beaucoup ! . . .
Au milieu de tant de choses plus intéressantes à te raconter, j'oubliais de te dire que le roi* vient de créer papa comte, il est donc maintenant : Earl Granville. Mon frère Granville portera le titre de Lord Leveson, et moi me voilà Lady Georgiana Leveson, ce qui, je le sais, te fera un plaisir tout particulier. Le roi a fait cela de la manière la plus gracieuse et la plus aimable pour mon père. Adieu, ma bien chère Eda.
Dix jours plus tard, elle écrit de Londres, le 22 mai 1833 :
Chère Eda. Enfin, je crois pouvoir t'écrire que mon mariage est décidé. . . Lundi soir, ma mère a donné son consentement : puis elle est partie pour Brighton, où elle est allée voir mon frère William ; à son retour, on s'occupera de tous les arrangements nécessaires, et la chose sera alors annoncée à tout le monde. Je n'ai pas besoin de te
1. La belle et célèbre duchesse de Devonshire, dont le portrait, par sir J. Reynolds (de grandeur naturelle), fut mysté* rieusement volé il y a peu d'années, chez un marchand de tableaux qui en était dépositaire. Aucune recherche u'a pu faire retrouver une œuvre d'art si connue cependant par la gravure, que celui qui s'en est emparé ne peut ni la suspendre pour en jouir, ni la vendre pour en profiter.