‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 35 sur 196 · EDUCATION DE SON FFLS · texte numérisé non relu

EDUCATION DE SON FFLS

Eda. Ce n*est pas par mauvaise volonté, je t'assnre. Mais mes journées sont occupées du matin au soir. Je me lève à huit heures ; je lis et je m'occupe pour mon compte jusqu'à dix heures. A dix heures, je m'habille et je déjeune ; ensuite, jusqu'à une heure, je donne des leçons aux enfants ^ Puis, je fais lecture à ma mère, ou bien, depuis que le carême est commencé, je vais à Saint-Roch entendre un excellent prédicateur, l'abbé Cœur. A trois heures, je monte à cheval avec mon père, et le reste de la journée se passe avec mon mari et les enfants. Le soir, il vient presque toujours du monde.

. . . Mon fils est a great darlingAlesl d'une gaieté, d'une bonne humeur à toute épreuve^ d'une soumission parfaite avec moi, d'une tendresse extrême pour son père, et il s'applique bien à ses petites leçons.... Il retient étonnamment ce que je lui lis dans l'histoire de France et d'Angleterre, et se rappelle d'une façon surprenante tous les noms et tous les détails. Il aime beaucoup Suzanne^ qui est très enfant pour son âge et |qui aimerait à passer des heures à jouer ^vec lui. Elle n'a pas d'application, mais beaucoup de facilité. Elle est douce, affectueuse, sensible. Avec des caresses, on pourrait lui faire faire tout ce qu'on voudrait Mais je trouve qu'il ne faut pas abuser de ce moyen-là, surtout pour des choses qui ne sont pas de première importance. Ses défauts sont d'être un peu cachée, et d'aimer à se servir de détours pour parvenir à son but, et puis aussi de pleurer souvent et pour les moindres choses. Elle m'aime beaucoup, et j'espère influencer heureusement son caractère. Le dimanche est un jour bien doux avec ces chers enfants. Ils s'intéressent vivement aux histoires

1. Elle avait auprès d'elle en ce moment la fille d'une de ses parentes, dont elle s'était chargée pendant quelques mois.

2. La petite fille qui était alors sa compagne, quoiqu'elle fût plus âgée que lui.

^avec estampes) de la Bible et trouvent toujours le dimanche trop court. Mon petit garçon m'a reproché sérieusement de ne pas lire les prières du soir en famille, aussi bien que celles du matin. Dieu fasse qae ce cher enfant soit véritablement chrétien 1 C'est le plus cher de tous mes désirs....

Paris, le 7 août 1840.

On parle tant de guerre que nous aimons mieux,

pour le moment, ne pas nous éloigner de Paris, quoique j'espère bien qu'il n'en sera rien et que tout ce bruit s'évanouira en paroles, comme cela est déjà souvent arrivé

J'ai reçu ce matin une lettre de Leveson, la plus affectueuse du monde, nous pressant de venir à Londres, chez eux [ils viennent de prendre une maison dans Grosvenor square), et ensuite à aller chez ma belle-sœur, à Aldenham'. Mais je lui ai écrit les raisons qui nous retiennent îci.

J'ai été hier voir le sacre de l'archevêque de Paris ^.

Je n'ai jamais vu une plus belle cérémonie. Cette superbe cathédrale de Notre-Dame remplie de monde, galeries, nefs et tribunes ; le milieu de l'église occupé par tout le clergé de Paris et des environs, revêtus de lei^rs vêtements sacerdotaux; les cérémonies les plus intéressantes, la musique la plus belle que l'on pût entendre : tu vois qu'il y avait là de quoi m'enchanter, moi qui aime avec passion les formes du culte catholique !

La JoAchère, 19 juillet.

. • . Nous nous plaisons de plus en plus à la Jonchère ; c'est un séjour enchanteur réunissant tous les charmes de la campagne avec la jouissance d'une société peu nombreuse, mais intime et agréable. Oh ! si je pouvais te mon-

1. Cette demeure était la propriété de son premier mari, Sir Richard Acton. Elle appartient maintenant à leur fils, Lord Acton.

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