‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 36 sur 196 · Celui de Ms' Affre · texte numérisé non relu

Celui de Ms' Affre

COaRESPONDA.NGB 121-

trer les délicieuses promenades que nous faisons en voiture, à cheval, à pied, par des bois, des vignes, des vil-^ lages charmants t Hier, nous avons eu, le matin, un orage épouvantable et un ouragan qui a duré jusque vers quatre heures. Alors le temps s'est levé et nous avons fait à pied la plus délicieuse promenade que Ton puisse imaginer. Mon Granville (son fils] est bon marcheur et fait des courses de plusieurs milles. Il a un joli poney et apprend à monter à cheval, ce qui est aussi pour lui un grand plaisir. Le soir, nous faisons de la musique ou une lecture à haute voix, et. lorsque les messieurs de l'ambassade sont ici (quatre fois par semaine], nous faisons de grandes parties de billard, et quelquefois nous jouons la comédie. La semaine passée, nous avons représenté les principales scènes de Much ado ahout nothing de Shakespeare, ce qui a beaucoup amusé

papa et maman

Les Tories triomphent en Angleterre. Sir Robert.

aura nne grande majorité, mais beaucoup de difficulté, diton, à gouverner, à cause de grandes divergences dans son propre parti ; mais ce qui est sûr, c'est que, dans six semaines ou deux mois, les ministres actuels ne le seront plus, et par conséquent nous ne serons plus ambassadeurs. On dit que la Reine est montée contre les Tories et reprendra les Whigs dès qu'elle le pourra

Paris, 14 octobre 1840.

Comme tu t'intéresses à la politique, tu as dû. bien comprendre à quel point nous en avons été occupés dernièrement. Quant à moi qui, pour mille et une raisons, serais si désolée qu'il y eût la guerre, je n'y ai jamais cru. Peutêtre n'avais-je aucun bon motif pour être rassurée, car aucun de ceux qui s'y entendent n'osaient hasarder une opinion à ce sujet, et maintenant, par le fait, il se trouve que j'avais raison. Il est pourtant certain qu'il règne en France une excitation guerrière très effrayante. Mais je

me soaTiens qoe la même chose eat lîeo i l'époque de la rëToladon polonaise, et cependant tont s*est calmé. Ce terrible fléaa nous a été épargné. Diea veuille qu'il en soit encore ainsi !

Jeudi madn [même lettre].

Qael affreux attentat que celui d'hier au soir ^ contre la Tie du Roi! Quelle reconnaissance nous devons à Dieu d'avoir sauvé sa vie et épargné ainsi à ce pays, et peut-être à l'Europe entière, des malheurs incalculables ! La guerre, la révolution, tous les maux imaginables pouvaient s'en suivre. Que je plains cette pauvre Reine, si excellente et si continuellement en proie aux plus cruelles anxiétés ! On dit aussi que le petit comte de Paris est très malade.

Paris, l«rjaBTierlS41.

... Je t'écrirai un autre jour plus au long pour te parler politique et te raconter les funérailles de Napoléon.... Si tu lis la Presse^ tu as dû lire le récit d'un mélodrame qui a été joué ici, à l'ambassade, avec un plein succès. Je n'en étais pas, mais je l'ai organisé, et cela m'a fort amusée. Nos acteurs étaient : miss Raikes, une de mes amies qui a beaucoup de talent ; les deux jolies miss Ellices que tu connais. Nos acteurs étaient : Freddy et tous les messieui*s de l'ambassade, Henry GreviUe, Henry Howard, lord Howden et le jeune Plunkett. J'aurais voulu que tu pusses voir Freddy en amoureux passionné, et jouant fort bien, je t'assure. Tu aurais tremblé comme maman quand on lui a tiré un coup de pistolet qui l'a fait tomber à terre^

A m"* bward

S5 février 1841.

11 faut que je te raconte que j'ai mené mon Granville, pour la première fois, à un bal de cour, la semaine dernière. Tâche donc de te le représenter en blouse de velours

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