‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 37 sur 196 · CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE

bleu foncé, col de guîpnre, pantalons et gants blancs, cheveux coupés à la Van Dyck, comme il les porte toujours maintenant. On Ta beaucoup admiré, mais il ne s'est guère

amusé, et nous ne sommes pas restés longtemps

Nous voici revenus au temps de Tannée où la stabilité des ministres est bien douteuse ; ils peuvent tomber d'un moment à Vautre, et cela nous tient dans un continuel état d'incertitude. J'espère, à présent, que tout va mieux avec la France, que nous n'allons pas avoir la guerre avec l'Amérique. Mais il est bien heureux que la question d'Orient soit arrangée avant que celle-ci se soit soulevée. Je m'amuse plus qu'à l'ordinaire dans le monde, cette année. Nous avons autour de nous une société très agréable. Je suis contente pourtant que le carnaval soit fini. Le carême est toujours pour moi un grand plaisir, à cause des excellents et élo* quents prédicateurs que je puis aller entendre pendant la semaine. L'abbé Olivier et l'abbé de Ravignan sont ceux que je préfère à tous.

Les passages que nous avons cités jusqu'ici sont principalement extraits des lettres de Lady Georgiana à M"' Eward, parce que, relativement aux incidents de sa vie journalière, elle entre dans plus de détails avec son ancienne gouvernante, qu'avec sa sœur qui naturellement en était instruite d'ailleurs. Sa correspondance avec celleci était cependant très active, et toutes ses lettres témoignent de la tendresse et de l'étroite intimité qui régnait entre elles.

Toutefois il n'est pas plus facile, par les unes que par les autres, de préciser ce qui se passait dans son esprit sur les sujets religieux; on voit

seulement que jamais ces questions ne la laissaient indifférente, et que, depuis quelque temps, elle allait avec plaisir, et sans scrupule, écouter des prédicateurs catholiques, ce qu'elle n^eiit point fait deux ou trois ans auparavant. Mais, à ce moment, et pendant les années qui suivirent, la chaire française étant occupée par de grands orateurs, la seule curiosité pouvait lui donner le désir de les entendre. Aucun des noms qu'elle cite ne sont des noms médiocres. Mais quoiqu'elle eût causé une fois avec l'abbé Dupanloup, à l'occasion du mariage de son frère, rien n'indique qu'elle ait laissé entrevoir à ce grand guide spirituel les pensées qui dès lors troublaient son àme. Elle entendit aussi prêcher l'abbé Cœur, l'abbé Olivier et Vabbé de Ravignan (comme elle l'appelle), mais jamais, avant d'être catholique, elle n'eut de rapports personnels avec aucun d'eux.

Et cependant ce n'était pas une simple et vaine curiosité qui la conduisait si souvent dans les églises où elle pouvait les entendre. Elle écoutait attentivement leurs enseignements et en prenait note; ceci amena même, un jour, un incident qui ne prouve pas que le prédicateur, l'abbé Olivier, se soit montré, ce jour-là, aussi judicieux et aussi charitable qu'il aurait dû l'être. Il prêchait dans la chaire de Saint-Roch dont il était alors curé, et Lady Georgiana, assise sous la chaire afin

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