ÉDUCATION DE SON FILS
différent de tout autre, et que les plaisirs qu'on s'accorde ce jour-là ne sont pas tout à fait ceux qu'on se permet tous les jours. C'est mon seul but, en substitu ant Tarche de Noé, ou un troupeau de moutons avec ses bergers, aux tambours, fusils et trompettes. Vous dites qu'il n'y a pas lieu de supprimer les plaisirs innocents, néanmoins vous vous interdisez le dimanche le bal et le théâtre, que vous ne considérez pas comme coupables ni dangereux dans la semaine. Je ne sais pas pourquoi cette différence ne serait pas rendue sensible à un enfant dès l'âge le plus tendre. Si je m'apercevais au reste que cela lui pèse ou Tennuie, je changerais de système, mais il n'en est rien, et je ne vous en ai dit si long que pour vous prouver que, tout comme vous, je désire, autant que cela est en mon pouvoir, que la religion soit pour mon enfant une source de bonheur et de joie. . .
Je crois que, après lui avoir donné une première idée de Dieu et lui avoir appris à articuler quelques prières, j'ai commencé trop tôt à lui raconter des histoires bibliques : cela a produit une certaine confusion dans son esprit, et lui a fait mêler l'image de Dieu avec celle des personnages de l'Histoire sainte. J'aurais mieux fait de lui parler plus longtemps de Dieu seul, en rattachant à ce nom et à cette idée tout ce qui lui semblait beau et bon autour de lui, et attendre que cette image fût gravée dans sa petite tête, avant d'en introduire d'autres, ou de lui faire d'autres récits.
Malgré ce que quelques-unes de ces idées peuvent avoir d'inusité pour nous, tout le monde sera d'accord, je le pense, pour admirer la tendresse et la profondeur de cette sollicitude maternelle et religieuse.
On lira avec intérêt, dans une autre lettre^ à
ISt CHAPITRE y — (i88l-i841)
sa sœur, le portrait de Lady Powerscourt, mariée en secondes noces au marquis de Londonderry, telle qu'elle lui apparut dans le premier éclat do sa rare beauté. Elle devait plus tard devenir Tune de ses plus intimes amies, rivaliser avec elle de zèle pour l'Eglise et de charité pour les pauvres; comme elle, être un exemple de perfection, consommée, et comme elle aussi, laisser en mourant un vide irréparable et d'inconsolables regrets !
• . . Nous avons ici, en passant, Lady Powerscourt. Ses traits et son teint ont cette perfection idéale que Ton êve quelquefois, mais qu'on ne rencontre jamais. Chez M"* Paul de Ségur, Tautre jour, elle a été entourée à un point extraordinaire, et elle devait entendre autour d'elle le murmure d'admiration qui s'élevait de tous côtés
La lettre suivante, qui n'est pas datée, a dû être écrite soit avant le petit incident qui s'était passé à Saint-Roch, soit lorsque, après en avoir surmonté l'impression, Lady Georgiana s'était décidée à retourner entendre les prédications de l'abbé Olivier.
Je suis retournée deux fois cette semaine à Saint- Roch pour entendre Tabbé Ollivier et l'abbé de Ravignan. Rien ne peut être plus différent que le talent de ces deux prédicateurs. Le premier est pratique, persuasif; il entre dans tous les détails de la vie chrétienne «dans un langage familier, qui est presque celui de la conversation, sans jamais l'êtrQ trop. Il me semble être la personnification de mon saint favori, saint François de Sales. J'aime h