‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 45 sur 196 · NICE U · texte numérisé non relu

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point retourner en Angleterre^ et de passer tout le temps que durerait leur absence avec Lord et Lady Gran ville.

Ils s'établirent donc tous ensemble pour le reste de l'hiver à Nice, où se trouvait réunie, cette année-là, une société nombreuse et brillante. Ceux que Lady Georgiana nomme le plus souvent, ce sont la grande-duchesse Stéphanie de Bade et sa fille, la princesse Marie, qui l'année suivante devint duchesse d'Hamilton; la duchesse de Talleyrand, le marquis et la marquise de Castellane, enfin et surtout son oncle le duc de Devonshire , dont la présence suffisait pour animer le cercle au milieu duquel il se trouvait. Ce serait en vain qu'on chercherait dans la correspondance de Georgiana pendant ce séjour un seul mot relatif au travail dont elle était occupée, et encore moins un indice quelconque des questions dès lors soulevées dans son esprit. Pendant toute la durée de cette année, sa vie extérieure fut, plus peut-être qu'elle ne l'avait jamais été, en désaccord avec le mouvement intérieur de sa pensée. Probablement il en fut ainsi sans effort de sa part et même sans qu'elle s'en rendit compte. Elle n'était pas prompte, on le sait, à parler d'ellemême, et ce qu'elle aurait eu à dire était encore trop confus pour qu'il lui en coûtât de se taire. Nous la trouverons donc, en apparence, très occupée de devoirs et de plaisirs de société, et, parmi ces derniers, nous n'omettrons pas de mentionner

plusieurs représenUtions d'amateurs auxquelles elle assista et où figurèrent la duchesse de Talleyrand, sa fille, la jeune marquise de Castellane, le marquis de Castellane, son gendre, et même sa petite-fille âgée alors à peine de trois ans, qui parut un jour dans le costume d'une vieille marquise du temps de Louis XV, et portée dans une chaise à porteurs.

Je me figurais, dit Lady Georgiana, que la pauvre enfant allait être fort effrayée, maïs il n'en fut rien : elle s'acquitta de son rôle avec un aplomb parfait, et sembla se divertir beaucoup des applaudissements dont elle fut couverte.

Elle parle ensuite du a talent remarquable » de la duchesse de Talleyrand et aussi de celui de sa fille :

Toutes les fois, dit-elle, que le rôle de M"' de Castellane exige de la simplicité, de la finesse et de la grâce, elle y est parfaite. Mais dans les parties tragiques du rôle de Marie de Rohan dans le Duel sous Richelieu^ ou de Marguerite de Valois dans les Jours gras sous Charles IX, elle ne me semble pas exceller. La tragédie n'est pas son fort...

Quand la pensée se transporte à dix ans au delà de ces jours de fêle, et que Ton se rappelle ce que Dieu réservait à celle qui portait ce jugement aussi bien qu'à celle qui en était l'objet; quand on songe à la hauteur chrétienne à laquelle devaient être élevées ces deux vies, ainsi qu'au deuil profond qui devait les envelopper l'une et l'autre, On a peine à se les représenter telles que ces sou*

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