MOUVEMENT D'OXFORD
en Angleterre avec une inoubliable hospitalité, qui contribuèrent à la faire naître.
Quoi qu'il en soit, son premier effet fut un regard rétrospectif vers les origines de l'Église anglicane et la découverte d'une foule d'observances complè* tement oubliées, mais subsistant toutefois, ou du moins non abrogées et qu'il sembla d'autant plus désirable de faire revivre, qu'on y aperçut bientôt un moyen d'offrir, à ceux que leur piété renaissante attirait vers l'Église catholique, la satisfaction de cette piété, sans difficultés et sans luttes, et tout en conservant les avantages et les bénéfices de la leur.
Que ce procédé ait été appliqué souvent avec succès, et que la ferveur en ait profité, autant que la logique en a souffert, c'est ce que savent tous ceux qui connaissent cette page de l'histoire religieuse de notre temps , et qui l'étudient encore- Mais ce qu'ils ont pu constater aussi, c'est que la plupart de ceux qui composaient, au début, Télite de ce parti tirèrent vite les conséquences des principes évoqués par leurs chefs, et vinrent achever, et plus d'une fois avec eux, dans l'Eglise catholique, les études et les travaux commencés ensemble à l'Université d'Oxford.
Lady Georgiana, longtemps avant d'entrer ellemême d ans ce courant puissant, avait suivi d'un œil attentif et parfois d'un œil d'envie, ceux qu'il entraînait loin de la rive où elle demeui'ait encore
attachée. Toutes ses pensées, toutes les dispositions de son esprit et de son âme, subissaient déjà l'influence de cette commotion générale, et des opinions dont l'air était comme imprégné. Il n'est donc nullement surprenant que la trace s'en soit retrouvée dans plusieurs des passages d'un livre écrit à l'heure où tout les réveillait autour d'elle, aussi bien qu'en elle-même.
Ce qui prouve à quel point ces préoccupations étaient générales, c'est l'eflet difi'érent, mais également sensible que les passages en question produisirent sur ses deux critiques. On les jugera tous deux par leurs sentiments à cet égard. Mais, ce qu'il est permis de conjecturer, c'est que vingt ans auparavant ils ne s'en fussent émus probablement, ni l'un ni l'autre, comme il est vrai d'ajouter aussi, que vingt ans auparavant aucun auteur anglican n'eut songé à les écrire.
Pour qu'on en puisse juger, rappelons en deux mots que l'héroïne du livre de Lady Georgiana est la victime d'un inapaisable remords produit par la mort d'un enfant, dont, à l'insu de tous^ elle est la cause involontaire. Ce trouble de conscience, qui fait le malheur de sa vie, est rendu intolérable par l'impossibilité de le révéler, et par l'absence de tout tribunal devant lequel elle puisse porter l'aveu de sa faute, et entendre un arrêt miséricordieux, en même temps qu'équitable.
Il est évident que, dans cette donnée, il y avait
MOUVEMENT D'OXFORD i69
place pour beaucoup d'idées qui n'étaient plus celles du vieux monde protestant, et dans lesquelles se découvraient des tendances très catholiques ou tout au moins très puseyisteSy ainsi qu'on nommait alors les partisans de cet anglicanisme nouveau, qui élaguait tout ce que le protestantisme continental avait apporté dans TÉglise anglicane, et remettait en vigueur tout ce que le catholicisme y avait laissé. Cette controverse avait vite franchi le seuil des Universités. Tous les salons en retentissaient, et lorsque de tels sujets se traitent ainsi, beaucoup de paroles vaines et inutiles, on le pense bien, étaient échangées dans cette lutte, à laquelle les catholiques assistaient presque sans y prendre part.
On ne pouvait classer ni Lord Brougham, ni M. Charles Greville parmi les hommes religieux, mais ils étaient tous deux essentiellement intelligents, et l'importance d'un pareil mouvement ne pouvait leur échapper. Ils l'observaient donc l'un et l'autre avec un intérêt égal, quoique avec des sentiments très différents, et cette différence se manifesta vite et vivement à propos d'une des scènes du roman qu'ils s'étaient chargés d'examiner : celle où Théroïne, conduite par ses longues angoisses jusqu'au bord du tombeau, est exhortée par un ministre anglican, à lui faire la confession de ses fautes et à recevoir de lui l'absolution quHl a le pouvoir de lui donner.
470 CHAPITRE Vil — (1843-1846)
Ce passage fit bondir Lord Brougham. 11 adressa à l'instant à l'auteur une vive protestation et dé- <;Iara que ses paroles et toute la scène où elles se trouvent étaient à ses yeux àa papisme tout pur {rank popery).
Lady Georgiana ne se hâta pas d'entrer en dis- <;ussion avec son fougueux critique. Elle transmit la lettre qu'elle venait de recevoir à Charles Greville, et elle reçut bientôt de celui-ci la réponse suivante. On jugera par cette réponse de la nature des objections qu'elle réfute.
M. CHARLES GRBVILLB A LADT GEORGIANA FULLERTON
Londres, lundi 18 août 1844.
J'ai été absent depuis que je vous ai vue. Je n'avais pas avec moi à la campagne le texte à'Ellen Middleton, et depuis mon retour je n'ai pas eu le temps de le comparer avec les critiques de Brougham, comme il le faudrait pour les comprendre. En attendant, je vous écris ces quelques lignes pour vous dire qu'il me semble très facile pour vous de combattre ce qu'il vous dit sur l'absolution. Quelle autorit(f, dit-il, un prêtre peut^il avoir pour absoudre du péché ? Absolument aucune. Le prétendre est du papisme tout pur, La liturgie (anglicane) ne hasarde rien de semblable, si ce n^est dans V Office de la Visitation des malades...
Vous êtes beaucoup plus compétente que moi pour discuter cette question, et il est vraiment superflu que je vous suggère à cet égard quoi que ce soit ; mais cette critique de Brougham est à mes yeux un tissu d'erreurs et d'impertinences. 11 peut, si cela lui convient, rejeter la doctrine •de l'Eglise anglicane et adopter celle qui lui plaira, mais
très certainement la doctrine de l'absolution est celle de notre Église. Suivant elle, un prêtre est investi de l'autorité nécessaire pour absoudre du péché. Si donc dire cela est dnpur quelque chose, c'est du pur anglicanisme*. — Il se trompe aussi lorsqu'il dit que cette parole ne se trouve que dans la Visitation des malades; quoique, lors même qu'il en serait ainsi, cela serait suffisant pour établir que c'est là la doctrine de TËglise anglicane, pourvu qu'elle ne fût démentie par aucune autre de ses rubriques. Or, sur ce point, il n'y a pas de doute : les paroles employées pour ordonner les prêtres expriment dans les termes les plus explicites que cette autorité leur est conférée ; Recevez le Saint-Esprit pour exercer le ministère et les devoirs d'un prêtre, dans V Église de Dieu, qui vous est conféré en ce moment par V impositon de nos mains, A ceux à qui vous remettrez leurs péchés y ils seront remis; à ceux à qui vous les retiendrez, ils seront retenus, etc., etc. Il n'y a par le fait, sur ce point, aucune différence entre l'Église d'Angleterre et l'Église de Rome, excepté que la dernière exige la confession avant l'absolution, ce que ne fait pas l'autre.
Quelle autorité, dit Brougham, a la liturgie pour nous enseigner une doctrine païenne ?.,, et comment un être raisonnable peut-il, . ., etc., etc.
Vous pouvez lui dire de s'arranger à cet égard avec la liturgie comme cela lui conviendra. Ce qui vous regarde uniquement c'est le fait que ce que la liturgie enseigne peut et doit être considéré comme appartenant à la doctrine de l'Église anglicane. . . Je ne comprends pas du tout ce qu'il veut dire par paga/iisme à ce propos... Quanta ses sarcasmes au sujet de l'absolution et de la présence réelle,
1. On ne peut s'empêcher de se demander s'il en eût été aussi sûr en 1824, et si son affirmation actuelle n'était pas le résultat des études récentes qu'avec tant d'autres il venait de faire ?. • .
il s*agit là, à mes yeux, relativement surtout à la dernière de ces deux doctrines, d'une question de fait« Laquelle, de l'interprétation de l'Église catholique ou de celle de rÉglise protestante, est la vraie ? C'est là ce dont il s'agit. Ces paroles de Notre-Seigneur pouvaient être, si cela lui avait plu, absolument claires sur ce point. Ce n'est pas à nous à décider pourquoi il n'a pas voulu qu'il en fut ainsi. Peut-être est-ce pour éprouver notre foi. Ceux qui croient à ce mystère le font sur une autorité et par \ine injonction divines, en dépit du témoignage de leurs sens. C'est une épreuve proposée à la foi. Si les espèces étaient changées Kfisiblementy la foi n'en subirait aucune. Si Notre-Seigneur Jésus-Christ avait promulgué cette doctrine en termes si clairs qu'il eût été impossible de douter de leur sens ou de le discuter en aucune façon; s'il l'avait exprimé enfin en termes aussi exprès que le fait l'Église de Rome, tous les chrétiens l'auraient acceptée avec une foi unanime, comme ils ont accepté les miracles du passé, et les autres mystères, tels que ceux de la Trinité et de l'Incarnation, auxquels les deux Églises croient également.
Ensuite, quant à l'absolution, quel est l'individu qui peut supposer qu'un homme peut, par lui-même, avoir le pouvoir de sauver l'âme d'un autre homme ? Nul ne peut pardonner, nul ne peut sauver une âme que le Dieu Tout- Puissant, lui-même et lui seul. Mais le prêtre est consacré à son service et reçoit de lui une mission, une mission divine. Dieu (dans les paroles employées dans la liturgie) lui confère a le pouvoir et le commandement de déclarer au peuple y lorsqu' il est pénitent^ l'absolution et la remission de ses péchés ». Voilà quelle est, à mes yeux, la dignité du prêtre, son devoir et sa puissance, et voilà la doctrine de l'Église d'Angleterre, à laquelle je suppose que Brougham prétend appartenir.
Étant arrivé au bout de mon papier, je vous épargne le
reste de ma théologie. Écrivez-moi bientôt, et croyez-moi affectueusement à vous.
Lorsque Pon songe que cette lettre fut écrite par un protestant (qui eut l'inconséquence de le demeurer toujours), et adressée à Lady Georgiana avant qu'elle fût devenue catholique, on conviendra qu'elle offre un intérêt particulier, et on nous pardonnera de l'avoir citée intégralement. Les deux seules erreurs qu'elle contient semblent se réfuter d'elles-mêmes. Qui, en effet, ne se dira pas que celui qui trouve le mystère de la Sainte- Trinité plus facile à croire et plus clairement affirmé par Notre-Seigneur que celui de l'Eucharistie, établit des distinctions si subtiles, que l'esprit humain ne peut les saisir? et que ce seul exemple suffirait pour démontrer que la foi ne pouvant reposer sur l'intelligence humaine, il est conforme à la miséricorde de Dieu, autant qu'à sa sagesse, de lui avoir donné pour base et pour guide ici-bas, une autorité infaillible et divine ?
Quant à ce que l'absolution soit validement reçue sans confession préalable, les nouveaux anglicans eux-mêmes le mirent en doute bientôt, et instituèrent la confession indivi4uelle qui se pratique aujourd'hui parmi eux, comme parmi nous. Confession défectueuse à n^a yeux assurément, et ressemblant à la médecine exercée sans
174 CHAPITRE Vf! — (1843-1846)
diplôme, maiâ grand témoignage apporté cependant par des adversaires, au dogme aussi bien qu'à la coutume antique de l'Église universelle !
Ce que Lady Georgiana répondit à la lettre que Ton vient de lire, nous l'ignorons. Sa réponse n'est point malheureusement entre nos mains. Mais nous pourrons juger de ce qu'elle fut, par ce que son correspondant lui répliqua. Nous allons citer cette seconde lettre en totalité comme la première, car cette digression nous semble plus intéressante encore que la discussion littéraire du livre qui avait soulevé ces graves et profondes questions.
M. CHARLES GRBVILLE A LADT GRORGIANA
Je ne puis pas regretter ce que je vous ai écrit, puisque ma lettre m'en a valu en retour une de vous si admirable!... Je coupais et je révère vos sentiments sur certains sujets de l'ordre le plus élevé, et il ne m'arrivera plus jamais (si je puis m'en empêcher) de les discuter avec vous. Il y a toutefois certaines questions de théologie et de religion dont je ne peux pas vous promettre de ne jamais vous parler, soit en conversation ou par écrit, parce que je ne saurais m'imaginer que vous pussiez avoir aucune objection ou aucun scrupule à échanger des idées ou des opinions . sur ces sujets en général, lorsqu'elles ne touchent pas absolument à leur côté profondément sacré.. . . Il est vrai que ces deux parties du même tout sont parfois séparées par une barrière très mince et très étroite, qu'il est assez facile de franchir. Si donc ceci m'arrivait, en dépit de l'engagement que je prends en ce moment, vous n'auriez qu*i vous abstenir de me répondre. J'espère que vous ne
me trouyerez pas trop inconséquent maintenant, et je me permets une petite remarque au sujet d*une parole que vous à dites sur la doctrine de Rome relativement aux sacrements, parce qu'elle me semble indiquer une légère inexactituded'expression ou une confusion d'idées. La doctrine catholique n'est pas une « théorie » ; ce n'est pas non plus « une explication ou une définition». On n'est pas appelé par elle à définir la manière spéciale dont la chose a lieu ; la question est beaucoup plus simple que tout cela : c'est uniquement une question de fait y non pas une définition de la manière dont ce fait s'accomplit. Vous pourriez, par exemple, croire fermement et sans l'ombre d'un doute, que Lazare a été ressuscité, sans avoir à expliquer ou à comprendre comment l'étincelle vitale s'est rallumée dans son corps. Lors donc que vous me dites que uous croyez quedantt la sainte Eucharistie Jésus^Chriat est SPàctkLEumsT présent, vous me semblez éluder la question, comme si vous ne saviez pas tout à fait ce que vous voulez dire, ni tout à fait jusqu'où va véritablement votre croyance. Or, il ne peut jamais être nécessaire, même pour la dévotion la plus, timorée, de penser d'une façon obscure et sans être tout à fait assuré de la signification des choses que l'on croit. Comprenez-vous ce que je veux dire en ce moment ? C'est que la doctrine en question est si simple, repose tellement sur un simple fait (quelque sublime et incompréhensibleque soit le mystère auquel il se rapporte) , qu'il faut forcément ou l'affirmer positivement ou le nier positivement. Je n'en dis pas plus long et vous laisse réfléchir sur ce peu de mots'.
Quant aux autres points, je n'y répondrai pas et ne ferai sur eux aucun commentaire. Vos opinions et vos sentiments
1. M. Greville arait raison et rectifiait ici. comme aurait pu le faire un catholique» l'expression : spécialement^ dont Lady Georgiana (qui ne l'était pas encore) s'était servie.
religieux ont droit au respect de tous, et le mien vous est assuré avec la plus parfaite sincérité. Ils vous rendent bonne comme vous Tètes, de plus, ils vous rendent heureuse, et même, si je pensais qu'il s'y glisse quelque erreur ou quelque inconséquence, je serais pourtant désolé de voir altérée ou troublée la source de tant de vertu et de tant de bonheur.
Pour l'amour de Dieu, ne me parlez plus jamais de «mon esprit et de mon intelligence supérieurs», ni de rétendue de mes études sur ces sujets... Sans l'ombre d'affectation, j'ai besoin de reconnaître devant vous l'extrême superficialité de mes connaissances et de confesser à ma lionte la vérité, qui est, au contraire, que j'ai fort peu lu, et encore moins étudié. Si je puis rendre mes propres pensées un peu intelligibles, c'est bien là absolument tout ce que je puis faire, et je ne puis pas souffrir que vous me croyiez assez vain et assez sot pour ne pas me rendre compte du peu de raison que j'ai pour oser prétendre raisonner sur de semblables sujets, ou même sur tout autre... Je le dis en rougissant, car j'aurais pu valoir davantage, si je n'avais pas négligé les moyens que j'aurais pu avoir à ma disposition. . .
Je voulais vous répondre aujourd'hui sur la simplicité, mais ce sera pour un autre jour. . .
Après cette digression religieuse, il en revient à la question littéraire. La lettre que nous venons de citer se termine par une parole qu'il reprend dans celle qui suit, et sur laquelle il ne semble pas ici non plus être parfaitement d'accord avec Lord Brougham, Sur ce point les lecteurs entendront Pun et l'autre.
M. CHARLES GRBYILLB A LADY GBORGIANA'
Loodres, lundi 1844.
Je V0U8 écris ces quelques lignes, comme je vous l'ai promis, au sujet de la simplicité y quoique je ne sache pas trop que vous en dire, ne comprenant pas ce que Brougham veut dire lui-même en adressant à votre style le reproche de ne pas être assez simple. Il n'y a pas l'ombre de doute que les choses simplement dites ne soient généralement les plus touchantes, et que la simplicité ne. soit en elle-même une qualité très grande, comme l'amplification et l'exagération sont de grands défauts. Mais,. d'un autre côté, des pensées fort simples peuvent être exprimées dans un langage élevé ; la sublimité et la simplicité s'allient très bien ensemble, on en trouve de nombreux exemples chez des auteurs dont le style ne peut pas être désigné comme simple. Burke n'est pas simple, Bolingbroke non plus; encore moins Gibbon ou Addison. Il est évident qu'une phrase redondante^ ou une description ampoulée, suffisent pour détruire totalement le charme de la simplicité et rendre absolument mauvaise la page où ils se trouvent. D'autre part, une description très colorée peut être aussi très émouvante, et le langage le plus élevé peut être employé sans la moindre exagération. On en pourrait citer des exemples sans nombre où le langage est grandiose au plus haut point, et cependant exempt d'aucune enflure. Il m'en revient un à la mémoire en ce moment : c'est le début du célèbre passage de Burke où il fait le récit de l'irruption d'Hyder Ali dans le Carnatik «...
1 . Voici le passage, cité au long par Charles Greville, pour ceux qui sek'aient curieux de le lire. Il se trouve dans l'un des discours prononcés par Burke à la Chambre des Communes, lors du fameux débat sur le gouyernement des Indes, en 1772 :
c Lorsque enfin Hyder .Ali reconnut qu'il avait affaire à des hommes qui. ne vuulaieiit signer aucune convention, ni se
Rîen ne peut être plus grandiose, et cependant en examinant les paroles et ce qu'elles expriment, on trouve qu'elles sont simples ; c'est-à-dire qu'il n'y en a pas une de trop et que pas une seule ëpithète n'est superflue... Il y a assurément un grand charme dans la simplicité, mais il ne faut pas appeler l'emploi des images son contraire, car cela aussi peut être très à-propos. . .
Celte lettre suffît pour faire apprécier la valeur des remarques littéraires de Charles Greville. On nous saura donc gré de n'omettre aucune de celles auxquelles Mien Middieton donna lieu. Le temps, n'en a affaibli ni la justesse ni la portée.
M. CHARLJBS GREVILLE A LADY GBORGIANA
Londres, 19 mars 1844.
J'ai fait lire votre manuscrit à mon intelligente et excellente amie Adélaïde Sartoris^ J'ai la plus absolue confiance dans son goût et dans son jugement, d'abord parce qu'elle a un esprit supérieur, ensuite parce qu'elle a beaucoup lu et qu'elle a une immense expérience littéraire pour des
regarder comme engagés par aucun traité, à des hommes qui étaient les ennemis déterminés de tout ce qui régit et maintient les relations des hommes entre eux, il résolut de faire du pays possédé par ces criminels incorrigibles, et condamnés d'avance, un mémorable exemple pour l'humanité tout entière. Il décréta, dans les sombres profondeurs de sa pensée, vaste pour de tels desseins, qu'il élèverait une barrière de perpétuelle désolation entre lui et ceux contre lesquels cette foi, qui unit entre eux tous les éléments du monde, était impuissante à le défendre. »
Cette citation semble, en effet, bien choisie comme exemple de ce que veut dire Charles Greville.