Ces vers se trouvent dans le Parais Perdu
enragé, et le mouvement qui pousse Ëllen à appliquer sep lèvres à la blessure, déplaisent à beaucoup de monde. On aimerait mieux tout autre, manière d'amener la manifestation de ses sentiments ; une émotion ou une surprise quelconque aurait suffi pour cela, et il ne fallait rien de plus. Je n'ai pas trouvé cela assez important pour vous conseiller un changement, quoique, en réalité, cela me paraisse sentir un peu le mélodrame et que j'euçse préféré un moyen plus simple, mais je ne suis pas tout à fait sûr qu'il n'y aura pas des lecteurs, en assez grand nombre, qui seront d'un tout autre avis et auxquels cette scène fera beaucoup d'effet.
Il n'y a plus maintenant de secret à garder^ car vous allez bientôt voir annoncer dans tous les journaux :
PAR LADY GBORGIANA FULLSRTON
Moxon, Dover Street.
Et, de plus, Moxon lui-même en a déjà informé Rogers et Moore *.
II ne nous reste plus qu'un seul de ses conseils à ajouter à ce qui précède. Malheureusement nous n'avons entre les mains qu'un fragment de la lettre ^ui le contient, mais ce fragment sur Macaulay vaut la peine d'être cité :
. . . Malgré votre refus d'accepter Macaulay, je vous assure qu'à peu d'exceptions près vous le trouveriez un guide très sage et très sûr ; malheureusement la croyance religieuse à laquelle vous êtes attachée est, de toutes les nuances d'opinion, celle qui est le moins d'accord avec les
1. Les noms de ces deux grands poètes anglais ne sont étraitgers, je le pense, à aucun de mes lectencs.
tendances de Tesprît de Macaulay. Mais ce qui me fait aimer ses écrits, c'est le soufBe élevé d'honneur, de vérité et de liberté qu'on y respire. Il déteste l'oppression, la bassesse et le mensonge sous toutes les formes où il croit les apercevoir, et il inculque de tout son pouvoir les plus nobles principes de liberté raisonnable, de tolérance chrétienne, d'intégrité politique, de désintéressement et de courage...
Ce jugement fait assurément honneur à Macaulay, mais il en fait aussi beaucoup à celui qui appuie son suffrage sur de telles raisons.
On pourra s'étonner peut-être de ne trouver dans tout ce qui précède que les lettres d'un seul depes deux critiques. A dire le vrai, la confiance de Lady Georgiana en celui-ci semble avoir été plus grande que celle qu'elle avait en l'autre. C'est à Charles Greville qu'elle transmet les lettres de Lord Brougham, pour y répondre à sa place, ou du moins pour lui dicter ses réponses. Ces lettres pour la plupart ont disparu, mais les billets suivants, qui seuls sont entre nos mains, sont trop caractéristiques pour ne pas être cités. Ils accompagnaient évidemment quelques-unes des notes volumineuses transmises à Ch. Greville.