LETTRE A SON FRÈRE
prendre « pourquoi on ne rappellerait pas la loi qui interdit aux ëvèques catholiques de porter les mimes titres que les évêques protestants. Si telle était son opinion lorsqu'il était dans Topposition, comment le Pape pouvait-il prévoir qu'en faisant non pas cela, mais quelque chose d'analogue sans sortir des limites de la loi. Lord John jugerait cet acte insolent et insidieux !
Je viens de lire un roman chartiste de Kingley, intitulé Alton Locke, On devient très démocrate en lisant cela.
Nous citerons ici une lettre qui lui fut adressée peu après par le R. P. Faber, son confesseur, l'illustre oratorien (converti d'Oxford), dont les écrits spirituels sont connus de tous en France. Lady Georgiana venait d'être un peu malade lorsqu'il lui écrivit ce qui suit :
Oratoire de Ix>iidre8, 16 février 1849.
Ma chère Lady Georgiana,
J'ai été très fâché d'apprendre par M. Fullerton, combien vous aviez été souffrante, et j'ai presqu.e eu peur que vous ne soyez coupable d'avoir augmenté vos maux par un peu d'indocilité spirituelle, en continuant plusieurs pratiques que vous auriez évidemment dû interrompre.
Je désire beaucoup savoir par quelques lignes comment vous êtes maintenant, et en attendant je me souviens de vous chaque jour au mémento de ma messe.
Pendant votre convalescence, vous ne devez pas vous agiter, parce que vous ne pourrez pas observer votre règlement ou tenir votre esprit occupé de Dieu comme vous le voudriez. La dévotion, c'est l'accomplissement de la volonté de Dieu. S'il veut que vous souffriez au lieu d'agir, il faut acquiescer à cette volonté, et si vous découvrez combien vos pratiques et votre règlement vous serv^ent d'appui.
et quelle peine vous avez à vous en passer, cette découverte servira à augmenter votre humilité. La souffrance et la gloire sont indubitablement Tune et l'autre la volonté de Dieu, et Tune est sur terre ce que l'autre sera au Ciel. Vous voyez donc que la souffrance est, ici-bas, d'avance, une sorte de béatitude. Admirez, je vous prie, comment je vous parle, moi, qui ne sais pas supporter un mal de tète, avec le quart de la patience d'un âne battu.
Croyez- moi, ma chère Lady Georgiana, votre très dévoué, J, Fabeb.
Dans le courant de l'année suivante (1851), M. Fullerton et Lady Georgiana allèrent à Paris, pour la première fois depuis qu'ils l'avaient quitté, en 1841. Au premier moment, ils n'éprouvèrent que des sentiments de tristesse, que devaient naturellement faire naître les souvenirs que tout réveillait autour d'eux. Mais bientôt Georgiana trouva mille raisons pour s'y plaire plus que jamais, et ce fut, en réalité, seulement alors qu'elle commença à aimer la France de prédilection.
Elle écrit de Paris à son frère :
THE HON^'« FBEDEBICK LEVESON GOWBR.
Paris, hôtel Bristol, 27 octobre 1851.
Mon cher Freddy.
J'aurais dû vous écrire plus tôt, et quoique cela semble absurde de vous dire que je n'en ai pas eu le temps, je crois, néanmoins, que c'est bien là la seule et vraie raison de mon silence... Il faut que je vous avoue que je trouve Paris délicieux, et que, si ce n'était à cause de celle dont je ne puis jamais être séparée longtemps, sans douleur i,