‹ Lady Georgiana FullertonChapitre 95 sur 196 · PARIS REVD · texte numérisé non relu

PARIS REVD

j'aurais peur de trouver la vie abroad * trop agréable. Tout nous réussit jusqu'à présent. Mon cher mari jouit du voyage autant que moi, Granville (son fils) se porte à merveille, et notre docteur est très agréable, très instruit et san» aucune prétention.

Les premiers jours n*ont pas été les meilleurs ; j'étais hantée de toutes parts par des souvenirs que j'étais loin de vouloir bannir, et qui remplissaient mon cœur d'une tristesse dont je ne sentais d'abord que l'amertume... Maintenant je trouve une sorte de douceur à m'y livrer, et je ne voudrais pas me soustraire à l'émotion que me cause la vue des lieux et des personnes que je revois. Je sens que, non seulement Paris me plaît, mais que je Vaime !

Je dois dire au surplus que, sous beaucoup de rapports, j'y vis dans un monde nouveau tout différent de celui d'autrefois. J'ai trouvé ici Lady ArundeP et M" Craven, et j'ai fait connaissance avec plusieurs de leurs amis. Je vais voir avec elles ce qu'il y a d'intéressant à voir dans le monde religieux et dans le monde charitable, ou du moins, une faible partie de ce qu'il renferme. Parmi mes connaissances nouvelles, celles qui me plaisent le plus, c'est M"* de Gontaut (belle-sœur de la duchesse), M"^* Thayer (née Bertrand), et le marquis de Valdegamas, ambassadeur d'Espagne. Dimanche soir, j'ai été chez M"* de Lieven, accompagnée de Granville. Je crois pouvoir me permettre de vous dire que ses manières sont réellement charmantes. Sans se mettre en avant, il n'est pas trop timide, et il a un tact qui l'avertit de ce qu'il a à faire ^. J'ai revu là une foule d'anciennes connaissances, et j'y ai trouvé Marion en grande beauté, et plus aimable que jamais. Granville va la

1. Intraduisible expression qui signifie : au loin, hors du pays.

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