Il avait alors seize ans
voir très souvent. Elle Tentretient de la politique française. HiePi nous avons dtné chez M** de Garaman, avec M"* Craven, le Nonce, Albert de Broglie et ma nouvelle connaissance le marquis de Valdegamas. Lui et Albert de Broglie étaient d'avis assez différents sur la politique pour animer la discussion, pas assez pour la rendre trop vive. Cela a été fort intéressant et amusant. Âpres cela nous avons été achever la soirée à Thôtel de Gontaut.
Maintenant, pour en venir à la politique, je n'ai guère de faits nouveaux à vous apprendre. L*aspect de toutes choses ici est fort curieux. On ne rencontre pas trois personnes qui soient du même avis, mais tout le monde est plus ou mois eff^rayé. Quelques-uns même le sont au point de ne pas sortir de chez eux, sans avoir de Tor. cousu dans leurs vêtements, s'attendant à chaque instant à être surpris par la République rouge. Le nouveau ministère est insignifiant, et n'a aucune couleur quelconque, mais il est composé d*honnêtes gens, amis de l'ordre. Ils apporteront à la Chambre le message du Président, proposeront le rappel de la loi électorale, ce qui sera rejeté, après quoi ils se retireront, et alors le Président, ayant ainsi gagné comme il s'en flatte, une certaine popularité, se réconciliera avec le parti de Tordre, et tout continuera comme auparavant. Il me semble que Topinion générale est que, d'une manière ou de l'autre, ses pouvoirs seront prolongés. Quelques personnes l'accusent d'avoir amené tout ce grabuge pour jouer sur les fonds, et refaire sa fortune privée. Les absolutistes sont divisés en deux camps. Les légitimistes et ceux qui désirent un dictateur (cette ressource dernière de la démocratie), un despotisme militaire qui les gouvernerait avec une main de fer. Les constitutionnels me paraissent être là minorité. L'impression générale étant, à leur égard, que leur système a été éprouvé et reconnu défectueux, et que le règne des classes moyennes par un gouvernement