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CHAPITRE III Laennec étudiant

La Faculté en 1800. Les deux écoles régnantes . Pinel ei Corvisart. Elève de Corvisart. Son entourageysa vie à Paris. Ses premiers travaux. Ses deux prix de médecine et de chirurgie. Sa thèse inaugurale en i8o4-

Lia Révolution, renversant toutes les institutions de l'ancien régime, ne devait pas laisser debout les vieilles Facultés de Médecine avec leurs privilèges cl leurs vieux usages. La Convention les supprima purement et simplement. 'Mais comme les armées de la Patrie en Danger vont nécessiter des officiers de santé, il faudra ouvrirdes écoles etorganiser renseignement. Aussi la Convention institue-t-elle trois écoles de santé à Paris, à Montpellier et à Strasbourg; pour recruter des élèves, elle décrète que chaque district devra envoyer un citoyen âgé de 17 à 26 aos, réputé pour son civisme et ayant des connaissances premières en Tart de guérir. Ces élèves prennent le nom A' Élèves de la Patrie et sont envoyés aux Ecoles pour une période de trois ans ; ils sont enrégimentés, montent la garde, jouissent d'un traitement» subissent des interrogations et sont envoyés

aux armées au fur et à mesure des besoins. Maisces études, trop hâtives, ne conféraient pas ledroitd'exercer la médecine et comme le pays tout entier était, à cette époque agitée, la proie d'innombrables charlatans, il fallut, pour y mettre un terme, assurer aux Elèves de la Patrie la possibilité d'exercer la médecine. En thermidor an VI (août 1798), on établit des examens provisoires de réception dont les certificats . seraient échangés par la suite contre des diplômes. Ce n'est qu'en ventôse an XI (février 1803) que l'organisation de l'enseignement Jes examens de Doctorat et l'exercice de la médecine furent définitivement réglés. Les étudiants devaient justifier de quatre années d'études, avoir acquitté les frais d'inscriptions et d'examens, et subi 5 examens et une thèse; après quoi ils recevaient undiplômedeDocteur en médecine ou de Docteur en chirurgie (suivant qu'ils avaient passé la Clinique interne ou la Clinique externe) et avaient le droit d'exercer sur tout le territoire de îa Ucpublique.

L'Ecole de santé de Paris acquit vite une grande réputation, et, outre les Elèves de la Patrie envoyés des districts, il ne tarda pas à venir des élèves libres suivre les cours et les hôpitaux. C'est comme élève libre que vint Laennoc en 1800. Il avait, en effet, satisfait au service militaire comme officier de santé et c'est pour terminer ses études et acquérir le diplôme de docteur qu'il vint à Paris. A cette époque de transition, il régnait le plus grand désordre dans les épreuves qu'il fallait subir, comme dans les registres administratifs. J'ai compulsé ces différents registres

qui sont conservés aux Archives de la Faculté et qui sont ou incomplets, ou délabrés, ou manquants ; c'est grâce à ces recherches que je vais pouvoir, autant qu'il estpossible, suivre Laennec pendant sa vie d'étudiant.

Le nom de Laennec ne iigure pas dans les registres d'inscriptions de l'an VIIl, ce n'est qu'avec l'an IX qu'on le verra apparaître. Je pense donc qu'il dut venir à Paris au début de l'an IX, soit au mois de septembre-octobre 1800. L'année scolaire médicale allaitcomraencer et Laennec, âgé de 19 ans 1/2, vient s'asseoir sur les bancs de l'Ecole d'oii, après quatre ans de brillantes études, il sortira docteur.

A cette époque, les professeurs étaient au nombre de deux dans chaque chaire, un titulaire et un adjoint. Les cours 'avaient lieu soit dans les deux semestres, c'étaient les cours permanents, soit dans lin des semestres hiver ou été. Les cours permanents étaient les cours de clinique et avaient lieu à l'Hospice de l'Humanité (Hôtel-Dieu), à l'Hospice de l'Unité (Charité), à l'Hospice de Perfectionnement (ou Hospice de l'Ecole, plus tard Hôpital des Cliniques) qu était destiné à ne recevoir que des maladies rares aDn d'y prendre des observations intéressantes et d'y expérimenter des remèdes nouveaux; il était installé dans les locaux des Cordeliers, maintenant occupés par le musée Dupuytren. Les cours des semestres d'hiver et ceux d'été avaient lieu tous les jours à différentes heures à partir de 10 heures du matin. On était alors un peu plus matinal qu'aujourd'hui ; à cette heure, les visites dans les hôpitaux étaient terminées

et les élèves pouvaient recevoir à TEcole des leçons ih^'oriques sur les diverses branches de la médecine. Voici quels étaient les professeurs composant TEcole :

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