CHAPITRE V
Parti orléaniste. — M. Laffitte est à sa tête. — Ses efforts depuis treize ans pour mettre le duc d'Orléans sur le trône. — Ses communications secrètes avec Neuilly, dans l;i nuit du mardi, et jours suivans. — Le duc d'Oiléans passe la nuit dans un kiosque , au milieu de son parc, pour éviter les filets de Saint-Cloud. — Arrivée des envoyés de Charles X à l'Hôtel-de- Ville et à la réunion Laffitte. — Comme ils y sont reçus. — Piéunion du vendredi chez M. Laffitte. — Présence de quelques pairs. — Les députés se réunissent au Palais- Bourbon. — Ils appellent le duc d'Orléans à la Lieutenancegénérale. — Il n'accepte qu'après avoir secrètement consulté le prince de Talleyraad. — Anecdote.
A l'Hôtel-de-Ville était le seul gouvernement réel, le seul levier qui soulevât les masses, le seul qui eût la confiance du peuple, et put rasseoir la société, ébranlée jusque dans ses fondemens. Le combat était fini ; il ne s'agissait plus que de consolider la victoire j fut-elle pillée? c'est ce que mes lecteurs décideront : je ne juge point, je raconte. Mais, pour l'intelligence des faits ultérieurs, il est indispensable de revenir un instant sur les journées précédentes. Dès l'apparition des ordonnances, quelques hommes dévoués, depuis plusieurs années, aux intérêts de la maison d'Orléans, avaient conçu le projet de renverser la branche ainée par la branche cadette, et toutes leurs démarches, pendant les trois jours de la lutte, ji'avaient tendu que vers ce résultat.
Ce dénouement était surtout la pensée dominante
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de M. Laftilte(i). Leduc d'Orléans était à Neuilly, entre la Cour, qui fit la faute de ne point le sommer de se rendre à Saint-Cloud, et Paris, à l'insurrection duquel il était resté complètement étranger. Dès le mercredi, àhuitheures du matin,M.Laffilte, qui n'était arrivé que depuis quelques heures, envoya chercher le secrétaire de la duchesse d'Orléans, M . Oudart, qu'il chargea d'aller àNeuilly prévenir le prince <ie la réunion de députés qui devait avoir lieu, à midi, chez M. Audry dePu\ raveau, et supplier son altesse royale de bie/i prendre garde aux filets de Saint-Cloud. Cette ouverture, qui sans doute ne se bornait point à un simple avis de prudence, fut faite le mercredi matin, époque à laquelle tout était encore en question : aussi son Altesse Royale pensa tout bas, et dit peu de choses. Cependant le duc d'Orléans fut sensible à la tendre sollicitude de M. Laffîtte, et, par pure condescendance pour son banquier, il se condamna à passer une nuit tout entière dans un kiosque perdu au milieu de son parc^ et autour duquel veillaient des amis vigi-
(i) Celte pensée remontait à plusieurs années. On se rappelle encore le discours que le députe de la Seine prononça le lo février 1817, à propos du projet de loi relatif aux finances , et dans lequel il établit que les Anglais sont redevables de leur liberté à la révolution qui déféra la couronne à Guillaume III. Non-seulement cette opinion bardie servit, alors, de texte aux attaques les plus violentes contre M. Laffitte , de la part des journaux de la Restauration , mais elle donna lieu aussi au premier ministre, le duc de Richelieu, de demandera l'honorable député si son intention avait été, oui ou non, de piovoqner im mouvement eu faveur du duc d'Orléans.
lans et fidèles. Le jeudi matin, M. La ffît le envoya de nouveau M. Oudart à Neuilly ; ses instances étaient plus pressantes 5 il instruisait le prince de ce qui s'é! ait passé dans les réunions de la veille, de l'exaspération des esprits contre la branche aînée, du développement des événemens, de la gravité de la situation et de la nécessité, pour le duc d' O/'/fV/;?^, de choisir, dansles vingt-quatre heures, entre une couronne et un passeport. On dit que le choix n'était déjà plus douteux, et que son Altesse Royale s'expliqua, cette fois, de manière à rassurer ses partisans sur le bien cruel sacrifice qu'ils exigeaient de son patriotisme ; enfin, le sort en fut jeté, elle duc d'Orléans se condamna à placer, sur sa tête citoyenne, cette couronne d'épines jusqu'à laquelle , comme chacun sait , il n'avait jamais élevé son ambition. Ainsi donc, M. Laffitte , qui avait échangé plusieurs messages avec le duc d'Orléans, dans la journée du mercredi et dans la matinée du jeudi, avait déjà préparé adroitement l'esprit des députés et de quelques membres du gouvernement provisoire, en faveur de la lieutenance-générale du duc d'Orléans, lorsque Lafayette et la commission municipale s'installèrent à l'Hôtel-de-Ville.
Tandis que les chefs militaires prenaient des mesures pour consolider la victoire remportée par le peuple tout seul, et que la commission municipale et les commissaires chargés des divers départemens réorganisaient le service général, une fraction de la Chambre des députés , réunie chez M. Laffitte , s'occupait de régler le nouvel ordre de cho-
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ses. Une députation , composée de MVI. d'Argoul , Sémonville et Vitrolles, s'était présentée à l'Hôtcl-de-Ville , pour traiter au nom de Charles X, et annoncer à la commission le retrait des ordonnances et la nomination d'un nouveau ministère , dont MM. Casimir Périer et Gérard faisaient partie. Ces envoyés furent introduits à la commission municipale au sein de laquelle Lafav ette fut prié de se rendre . Là réponse ne se fit point attendre : le peuple avait combattu au cri de : A bas les Bourbons ; il était trop tard ; ces Bourbons avaient cessé de régner. C'est ce que MM. Lafayette, Audry de Puyraveau et Mauguin déclarèrent formellement aux ambassadeurs de St-Cloud , en présence de M. Périer, qui garda le silence. Les commissaires royaux allaient se retirer lorsque, M. de Sémonville s'éiant adressé à Lafayette, celui-ci lui demanda si les Bourbons avaient pris la cocarde tricolore j et , sur sa réponse que c'était une grande affaire , le général répliqua que pour peu que cela leur coulât, ils pouvaient s'en dispenser; car, il était déjà trop lard : tout était fini.
Le lendemain, M. de Sussy, porteur d'une lettre de M. de Mortemart, nouveau premier ministre de Charles X, et d'un pli renfermant le rappel des ordonnances , trouva Lafayette entouré de ses officiers et d'une foule de citoyens. « Nous n'avons pas à nous gêner, dit-il à M. de Sussy, je suis ici avec mes amis, pour qui je n'ai point de secrets ; «et, ouvrant le paquet dont il lut le contenu à haute voix : (( Eh bien ! dit-il au peuple, que répondrons-nous? Plus delrans-.
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actions, s'écria-t-on de toutes paris! Vous l'entendez, reprit Lafaj elle ;.. . // est trop tard.n
Quelque lemps après, un parlementaire patriote, envoyé auprès des régimens qui couvraient la Cour, étant revenu dire que le commandant des troupes royales au pont de Saint-Cloud se plaignait de ce qu'on ne s'était point expliqué depuis le rappel des ordonnances , et demandait une réponse catégorique, Lafajette le renvoya sur-le-champ avec un billet conçu en ces termes :
« On me demande une réponse explicite sur la si- » tuation de la famille royale depuis sa dernière » agi'ession contre les libertés publiques et la vie- » toire de la population parisienne ; je la donnerai )) franchement : c'est que toute conciliation est imn possible ei; que la famille royale a cessé de régner.
« Lafayette. )) Voyantleurs propositions opiniâtrement rejelées par les hommes de l'Hôlel-de-Ville, les commissaires de Charles X avaient espéré trouver un meilleur accueil chez M. Laffîlte. Dès le 9, à dix heures du soir, M. d'Argout s'était présenté aux membres de la Chambre qui se trouvaient réunis chez ce député, et leur avait déclaré qu'il venait, au nom du Roi, son maître, leur annoncer le retrait des ordonnances et la formation d'un ministère, composé de notabilités agréables au pays 3 que les choses étaient donc rétablies dans l'état d'où la violation de la Charte les avait fait «orlir, et que Charles X ne doutait point que la représentation nationale n'interposât sa médiation pour
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ramener le peuple sous son autorité. La réponse de M. Laffitte fut aussi pérempt^ire que l'avait été celle de M. Lafajettc , à rH<)tel-de-Vilie. « La guerre a prononcé, dit-il à M. d'Argout ; Charles X n'est plus roi de France. » M. d'Argout se retira après avoirvainement insisté surles garanties d'inviolabilité dont, selon lui, l'ordre consiilutionnel environnait encore la personne du Roi. Quelques instans après, M. Forbin-Janson vint annoncer que son beau-frère, M. le duc de Mortemart, réclamait un sauf-conduit pour se rendre à la réunion des députés. Celle demande fut accueillie el M. Laffitte resta seul chargé de répondre aux ouvertures du nouveau président du conseil des ministres de Charles X; mais M. de Mortemart ne parut point.
Dès ce moment;, la cause de la branche aînée des Bourbons était irrévocablement perdue, non-seule- * ment dans la volonté du peuple, mais encore dans la pensée des deux centres d'action qui s'étaient emparés de la direction du mouvement. L'Hôtel-de-Ville etla réunion-Laflitte étaient d'accord quant à l'expulsion définitive de la famille régnante , mais il n'en était point de même relativement à la forme ultérieure du gouvernement, et à la nouvelle dynaslie h élire. Ces questions capitales étaient vivement controversées à l'Hotel-de-Ville, tandis que, chez M. Laffitte, il } avait presque unanimité sur le choix du duc d'Orléans, ou plutôt sur la proclamation de ce choix déjà préparé par les efforts et les secrèles manœuvres de l'honorable banquier.
Avant de revenir à Lafayette et à la commission municipale^, je dois rapporter tout ce qui s'était passé chez M. Laffitte, dans l'intérêt de Louis-Philippe. Dès le vendredi , de très-bonne heure , quelques intimes j tels que MM. Thiers, Lareguy et Mignet, s'étaient rendus chez lui , pour s'y concerter sur les mo} ens d'assurer le succès de cette grande intrigue. C'est là , qu'avant même d'avoir interrogé la volonté des députés, on rédigea une proclamation qui appelait le duc d'Orléans à la Lieutenance-générale ; là aussi furent arrêtés les moyens les plus propres à faire entrer les journaux influens dans cette combinaison. Cette petite Camarilla d'une espèce nouvelle ne quitta les salons de M. Laffitte que pour d^^x travailler une réunion de patriotes qui se tenait chez le restaurateur Lointier, et dans laquelle on pensait généralement que, le peuple ayant seul vaincu, le peuple devait, avant tout, être consulté.
Vers dix heures , presque tous les députés présens à Paris se réunirent chez M. Laffitte; quelques pairs s'y rendirent aussi de leur côté; de ce nombre était M. le duc de Broglie, qui parla longuement de l'exaspération des esprits et des dangers d'une république. Ces dangers, exagérés à dessein par M. Dupin, produisirent une anxiété assez générale, dont M. Laffitte profita habilement pour proposer l'élection du duc d'Orléans, comme le seul moyen de fixer toutes les incertitudes et d'arrêter le torrent. Cette opinion , exprimée officiellement pour la première fois , produisit quelqu'étonnement et trouva des contradicteurs; mais
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M. Diipin la soutint avec tant d'éloquence et d'énergie que dès-lors il était évident que la mesure qu'on avait l'air de mettre simplement en délibération , n'était autre chose qu'un projet déjà arrêté entre le prince et un parti à la tète duquel s'était placé M. Laflitte. Cependant les indécisions étaient encore' nombreuses, et la discussion s'animait, lorsque l'adroit champion de la maison d'Orléans fit observer, avec solennité , que la place des dépulés de la France, reconstituant le gouvernement d'un grand empire, était au Palais- Bourbon et non pas dans le cabinet d'un particulier. Cet avis prévalut ; on arrêta que dans deux heures on se réunirait dans la salle des séances de la Chambre , et les Orléanistes profitèrent de cet intervalle pour redoubler d'efforts et de séductions.
Cependant, à l'ouverture de cette mémorable séance, les avis paraissaient encore plus partagés que jamais ,tous les S} stèmes, moins la république, y retrouvèrent des partisans; on y parla tour à tour du duc d'Orléans, du duc de Bordeaux, du duc d'Angoulême, et même de Charles X qui, chose incroyable! v réunissait encore l'évidente majorité des volontés. C'est dans ce moment décisif qu'on entendit M. Sébastiani s'écrier, en pariant du drapeau tricolore arboré à l'Hôtel-de-Ville : « // nj a de national aujourd'hui que le drapeau blanc! » C'est aussi dans cette circonstance que M. de Sussy,repoussé de l'Hôtel-de-Ville, vint présenter à la Chambre le relrail des ordonnances et la formation du nouveau ministère, insistant, mais fort inutilement comme on l'i-
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magine, auprès de M. Laffitte pour que celui-ci transmît ces nominations aux titulaires auxquels elles étaient destinées.
L'objet principal de cette réunion était d'arrêter la déclaration qui devait appeler le duc d'Orléans à la lieutenance-générale du royaume. Une commission avait été chargée de présenter un rapport à la Chambre sur cette importante mesure, et elle s'était adjoint quelques membres de la Chambre des pairs; M. le duc de Broglie en faisait partie. Une vive discussion s'éleva dans cette commission mixte sur le principe d'après lequel le trône devait être déclaré vacant i les pairs et quelques députés insistaient sur la nécessité absolue de prendre pour base exclusive l'abdication de Charles X et celle du duc d'Angoulème.
Cependant une vive agitaîion se manifestait au dehors et au dedans de la législature. On parlait de nouvelles machinations ourdies dans l'ombre , pour faire ajourner la décision de la Chambre ; on affirmait qu'un personnage considérable , récemment élevé par Charles X à la présidence du conseil des ministres , avait été rencontré sur la route de Saint-Cloud , et , en effet, ce rapport avait été confirmé, à l'Hoîelde-Ville , par divers patriotes , sur la déposition desquels un mandat d'arrêt fut décerné contre M. Casimir Périer. Quoi qu'il en soit de la vérité de ce fait, l'inquiélude était générale , lorsque le président de la Chambre, M. Laffitte, instruit de ce qui se passait «lans la commission, et cédant à l'impatience qui éclatait de tous cotés, envoya un secrétaire, pour
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l'inviter à se rendre sur-le-champ au sein de la réunion , et la prévenir que si elle différait plus longtemps, les députés allaient délibérer sans l'entendre, Cetle mesure, habile et hardie, mil un terme aux insistances des légitimistes et à l'incertitude des peureux. La proclamation fut arrêtée telle qu'elle parut dans le Moniteur du lendemain.
M. de Morlemart, auquel on avait donné rendez-vous à la Chambre, ne s y rendit point. Cependant, les esprits parlementaires étaient encore si enclins au carlisme qu'il est permis de croire que la présence de ce diplomate eût pu encore entraîner la majorité dans une détermination qui alors eût perdu sans retour la Chambre ou la révolution. Quoi qu'il en soit, l'adresse des députés appelant le duc d'Orléans à la lieutenancegénérale du ro} aume fut signée, et la victoire resta à ce prince.
Une commission fut chargée d'aller présenter ce message au duc d'Orléans. File se rendit au Palais- Ro} al vers les huit heures du soir : le prince élail encore à Neuilly. La commission lui écrivit, pour Tinstruire de la mission qu'elle avait à remplir près de sa personne et lui transmettre la délibération que les députés venaient de prendre. Son Altesse Royale s'empressa de se rendre à Paris, où elle arriva, à pied, à onze heures, accompagnée du colonel Berthoix, aujourd'hui aide-de-camp de S. M. A huit heures, le lendemain matin, la dépulalion fut avertie que le prince élaitprét à la recevoir. A neuf heures, elle fut admise en sa présence : elle se composait de MM. Gallot, Bérard,
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Sébastian! , Benjamin Delessert , Duchaflau et Maihieu Dumas.
J'appelle l'attention de mes lecteurs sur toutes les circonstances de cette entrevue , parce qu'elles sont d'une irrécusable authenticité, et de nature à jeter une vive lumière sur quelques événemens ultérieurs.
M.Bérard prit la parole, et développa longuement les motifs d'intérêt général, pour la nation, et d'intérêt privé, pour le prince, qui, selon Toraleur, faisaient une loi au duc d'Orléans d'acquiescer à la proposition des députés, en acceptant les rênes du gouvernement, sous le titre provisoire de lieutenant -général du royaume.
M. Sébastian! ouvrit l'avis contraire, et, par des motifs puisés dans le respect dû à la légitimité ^ dans l'état précaire des choses , et dans la possibilité du retour de la famille royale, il soutint que le duc d'Orléans devait décliner, sans hésiter, l'offre ciuilui était faite. M. Benjamin Delessert, adoptant l'opinion de M. Bérard, dont il reproduisit les argumens avec plus d'insistance et de supplications, adjura le prince de sauver la France de l'anarchie et de la guerre civile qui la menaçaient, et sa propre maison de la ruine imminente dont son refus ne manquerait point de donner le signal. Jamais M. Delessert n'avait parlé avec autant de conviction et d'entraînement.
hidécis et manifestement tyrannisé par la crainte et l'espérance , le duc d'Orléans parla longuement de ses liens de famille avec Charles "X ; il se résuma en
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disant qu'il ne pouvait prendre de détermination qu'après avoir consulté une personne qui n'était point là, et Son Altesse Ro} aie passa dans son cabinet, où se trouvait déjà M. Dupin, et où M. Sébastiani ne tarda pas à être appelé. Quel était ce personnage à la haute sagesse duquel étaient subordonnées les destinées de la France? C'était M. de Tallejrand.En efiet, M. Sébastiani se rendit secrètement chez l'ex-grand chambellan de Charles X, devenu, comme on le voit, l'arbitre souverain de la révolution de juillet. Là, se trouvait un brave amiral dont les sentimens royalistes n'étaient point douteux, mais dont le cœur saignait aussi des maux de la patrie. M. Sébastiani présenta la déclaration des députés à M. de Talle\ rand, qui répondit : C^est bien; il faut accepter; et le duc d'Orléans accepta... Ces faits sont, je le répète, d'une rigoureuse exactitude.
Maintenant, qu'on rapproche ces intelligences primitives des motifs qui ont déterminé plus tard la retraite de M. Laffitte, et on aura, peut-être, la clé de bien des choses sur lesquelles plane encore un effrayant mystère (i). Quoi qu'il en soit, après trois quarts d'heure d'intervalle, le duc d'Orléans, accompagné de MM. Sébastiani etDupin, rejoignit la commission, et déclaraqu'il acceptait la lieutenance-genérale.
(i) On sait que la cause déterruinantc de la retraite de M. Laffitte fut la découverte , faite par lui , que des dépêches diplomatiques étaient soustraites à la connaissance du conseil des ministres dont il était président. (Voir le chapitre VIII.)
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