CHAPITRE VI
Répugnance de l'Hôtel-de-VilIe pour la nomination du duc d'Orléans à la Lieutenance-générale. — Conseils de Lafayette dans cette circonstance. — Ses vœux pour la convocation des assemblées primaires. — Pourquoi il ne proclame point la république.— Idem, Henri V avec une régence qui lui était offerte. — Idem, Napoléon II. — Lettre de Joseph Bonaparte à Lafayette. — Réponse de Lafayette.
Cependant, que se passait-il à l'Hôtel-de-Ville? Là, les hommes qui venaient de faire la révolution , et surtout les jeunes gens qui avaient encore les armes à la main, demandaient hautement la république et Lafayette pour président. De nombreuses réunions de patriotes le pressaient de saisir le pouvoir, avant que l'intrigue, qu'ils voyaient s'agiter, ne s'en fût emparée. Mais, quoiqu'ému de reconnaissance, Lafayette n'en persista pas moins dans les principes de désintéressement qui avaient été la règle de toute sa vie politique ; il repoussa avec affection mais avec fermeté les sollicitations dont il était assailli de tous côtés. Je me rappelle même qu'au milieu des flots qui se succédaient autour de lui et des offres contradictoires qui lui étaient faites, des hommes moins républicains que Tho-
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norable général, vinrent lui dire : «Eh bien! si l'on veut un Roi, pourquoi pas vous? Je vous répondrai, leur dit Lafa}'ette, comme le maréchal de Saxe lorsqu'on lui proposa d'être de l'Académie française : Cela m irait comme une bague a un cJiat. »
Le vœu formel de Lafayette, celui qu'il exprima à plusieurs reprises , était qu'on nommât un gouvernement provisoire, en attendant que les assemblées primaires eussent été convoquées dans la forme indiquée par l'Assemblée Constituante, et que la nation eût exprimé sa volonté sur la forme de gouvernement qui lui convenait , et sur la dynastie à fonder, dans le cas, bien entendu, où elle se serait prononcée en faveur du système monarchique. Mais telle n'était pas la pensée des députés j et c'est ici le lieu de rappeler qu'ils représentaient quatre-vingt mille des plus notables citoyens du pays, et que les principes invariables de Lafayette lui faisaient une loi de s'incliner devant cette représentation nationale, quelqu'incomplète et vicieuse qu'elle fût d'ailleurs à ses yeux. Il ne faut point oublier non plus les circonstances électorales qui avaient précédé de si peu de jours la révolution de juillet. La presse, les sociétés patriotiques, tous les libéraux enfin, avaient réuni et dirigé leurs efforts vers un but unique : la réélection des 221 votans de l'adresse. Le sort de la France semblait dépendre de ce résultat; et, pour Tobtenir, on avait en quelque sorte, divinisé ces hommes-principes, sans néanmoins s'abuser sur le civisme intrinsèque d'un grand nombre d'entre eux: c'était une nécessité de la
situation. Mais cette nécessité avait acquis aux réélus une confiance absolue, dont le sentiment dominait (lespotiquement les esprits, au moment où parurent les ordonnances. Alors la France entière était, pour ainsi dire, sous le charme de l'enthousiasme créé par le travail des élections. Or, les 221, objet même de cet enthousiasme encore tout palpitant , ne voulaient ni du provisoire , ni des assemblées primaires, qu'appelait le vœu deLafajette. Que fallail-il donc faire? méconnaître l'autorilé^, au moins morale, de la Chambre, et roirpre avec elle? Mais, dans la disposition générale des esprits , n'eût-ce pas été s'exposer à rompre avec le plus grand nombre des départemens , et à voir peut-être la révolution isolée dans Paris ? Repousser, aujourd'hui, comme indignes, ces mômes hommes qu^on promenait, hier, sur le pavois de la liberté, comme ses plus fermes soutiens? Mais, en agissant de la sorte qui n'eût pas craint de paraître insulter à l'intelligence nationale, de séparer la cause des provinces de celle de la capitale, et de provoquer une guerre civile qui , alors , eût pu étouffer la révolution dans son berceau?
Ce sont là des considérations primordiales que perdent trop souvent de vue les patriotes qui, jugeant d'après les événemens et sans remonter au point de départ, blâment Lafayette d'être resté fidèle à sa religion politique, en ne brisant point la résistance d'une Chambre dans laquelle , en l'absence de toute autre représentation nationale, il voyait les élus du peuple. Un minisire de Charles X avait demandé un cinq sep-
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tembre monarchique. Eh bien ! fouler aux pieds la volonté de la Chambre des députés, dans la crise où l'on avait été si inopinément jeté, eût été considéré, par la France, comme un 9.5 juillet républicain. Et qui, alors, n'eût pas reculé devant les conséquences possibles d'une réaction nationale? Sans doute, la victoire du peuple a été pillée par l'intrigue, mais cette intrigue était revêtue de la toge sénatoriale, et il n'appartenait point à l'épée de Laf'ayette de l'aller attaquer jusque dans le sanctuaire de la représentation nationale.
Au reste, en ne considérant la lieutenance-générale du duc d'Orléans que comme une forme essentiellement provisoire de gouvernement, il est vrai que ce choix convenait mieux que tout autre à Lafajelte. En effet, interrogé, dès le vendredi matin, parles amis de Son Altesse Royale, il leur avait répondu que, sans beaucoup connaître ce prince, il estimait son caractère personnel et la simplicité de ses mœurs ; qu'il l'avait vu ardent patriote dans sa jeunesse ; qu'il n'avait combattu (jue sous le drapeau tricolore, et que ces considérations suffisaient pour qu'il ne s'opposât point à ce que la lieutenance-générale lui fût confiée (i).
Trois partis restaient à prendre en dehors de cette
(i) Le Duc de Chartres, revenant de son régiment, pour joindre sa famille à Neuilly, avait été arrêté par le maire de Mont-Rouge , qui fit demander à Lafayetle' ce qu'il fallait faire de ce prisonnier. Le général répondit que le Duc de Chartres était un citoyen comme un autre , et qu'on n'avait point le droit de le retenir : le Prince fut mis on liberté.
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combinaison : la République , Henri V, avec une régence, et Napoléon II, ou une régence en son nom. Ces trois systèmes avaient des partisans, et c'est ici le cas de répondre avec franchise aux récriminations que les uns et les autres ont dirigées contre Lafayette.
Sans doute, et Louis-Philippe lui-même en convenait alors , la République , qui a toutes les affections deLafayette, était, au fond, la meilleure forme de gouvernement à adopter. Mais, dans les circonstances où se trouvait le pays, était-il possible de méconnaître la puissance de l'impression douloureuse que le mot République avait laissée en France , et l'effroi que ce nom inspirait encore aux contemporains de la Terreur et aux fils des nombreuses victimes qui avaient péri sous son règne."* D'affreux souvenirs assiégeaient toutes les imaginalions. On voyait, à tort, sans doute, mais enfin on voyait déjà renaître ces tribunaux révolutionnaires où la défense était interdite aux avocats , et où un jury, soi-disant républicain, composé de trente, quarante et puis de soixante assassins judiciaires , faisait ruisseler la guillotine aux cris de vive la liberté] et envo} ait indistinctement à l'échafaud tout ce qui s'élevait par le mérite, les talens, les services rendus, ou même par la beauté; car, la beauté aussi était alors un titre de proscription. On se rappelait les mariages républicains de Nantes (i); les horreurs de la fa-
(i) C'est ainsi qu'on appelait les noyades de Nantes, qui con-
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mine, la banqueroute, le maximum, les dénonciations mutuelles, les confiscations, et ces jours affreux où le terrorisme en délire avait érigé en principe de gouvernement, que l'arbre de la liberté devait ctre arrosé de sang, et qu'il fallait battre monnaie sur la place delà Révolution. Ces souvenirs, d'une époque trop récente, épouvantaient bien des esprits qui ne songeaient point que presque toutes ces horreurs avaient été commises par les contre-révolutionnaires, et à l'instigation de l'étranger, pour souiller les noms sacrés de liberté, d'égalité et de république. On se rappelait aussi que, même sous la république ramenée à de meilleurs principes par la constitution de l'an 3, et jusque sous le Directoire, la France avait eu encore à gémir de beaucoup de violences, de dilapidations et de corruptions; et, enfin, que le pays avait été réduit à considérer le 1 8 brumaire comme le seul moyen d'empêcher le retour du terrorisme jacobin. Voilà, il faut en convenir avec douleur, ce qui, par une prévention aussi ridicule qu'injuste, et par une confusion déplorable de la république avec les excès auxquels elle servit de prétexte, avait laissé dans les cœurs une aversion prononcée pour cette dénomination gouvernementale. On ne voulait point se convaincre que si, dans ranti([uité, et puis en France, à Venise, à Gênes, le mot république avait signifié des idées de terreur et même d'esclavage, il en était tout
sistaieiit à attacher ensemble un homme et une femme, et à les précipiter dans les Hots, au moyen de bateaux ù soupape.
autrement quand on l'appliquait aux sociétés américaines où , au contraire , il exprime des principes et constate des faits diamétralement opposés aux faits et aux principes qu'on déplorait. Mais le préjugé n'en existait pas moins; et il est incontestable que, à l'exception de quelques vieux et bien rares républicains, et d'un plus grand nombre déjeunes gens qui, tout en chérissant cette forme de gouvernement, n'ont peutêtre pas encore des idées bien arrêtées sur les conditions démocratiques qui leur conviendraient , il est , dis-je, incontestable qu'à ces exceptions près, la proclamation de la république eût soulevé en France des craintes et une opposition presqu'universelles. Et , de plus, les dispositions de l'armée eussent -elles été les mêmes pour la république que pour un prince élevé sur le trône par le vœu de la Chambre des députés? Je ne le crois point.
Venait ensuite Henri V, avec une régence. Placé heureusement auprès de Lafayette, et honoré de sa confiance dans ces momens d'épreuve, je puis affirmer que jusqu'au dernier instant, et alors même que les députés délibéraient sur lalieutenance-générale, des propositions lui furent faites dans ce sens , et que la régence lui fut offerte à plusieurs reprises. Mais il était évident que le parti carliste , sacerdotal et nobiliaire ne cherchait, dans cette combinaison, qu'une trêve et un moyen transitoire pour revenir à un autre état de choses. D'ailleurs le principe de la légitimité s'alliait mal avec les institutions républicaines : la réponse de Lafayette fut ce qu'elle devait être.
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Enfin , un troisième parti était possible. Il consistait à appeler au trône Napoléon II, ou à instituer une régence au nom de ce jeune prince autrichien (i).
Ici , je ne saurais mieux exposer les considérations qui déterminèrent Lafav ette , qu'en reproduisant la lettre qu'il écrivit au comte de Survilliers, Joseph Bonaparte, en réponse à une ouverture que ce Prince lui avait faite dans l'intérêt de son neveu. Je demande pardon au noble général d'avoir profité de ma position auprès de sa personne , pour prendre copie de ces importans documens, que je m'abstiendrais cependant de publier , si la lettre à laquelle la sienne sert de réponse n'avait été insérée dans un journal américain, par les soins même du prince Joseph. Quoi qu'il en soit, je présente ces pièces aux partisans de la dj naslie napoléonienne, comme l'apologie de la conduite que Lafayelte a tenue à leur égard, et comme l'expression de ses sentimens personnels pour cette famille impériale, entre laquelle et lui il a toujours existé
(i) Je dis autrichien, parce qu'il est constant que le principe fondamental de la Cour de Vienne est d'élever les princes de la maison d'Augsbourg , et particulièrement les princesses destinées à s'alliera des Cours étrangères, dans la religion exclusive des intérêts autrichiens. Marie-Antoinette et la reine de Naples (quoique je sois loin de comparer les deux sœurs )^ l'archiduchesse gouvernante des Pays-Bas, et plus récemment, l'impératnce Marie-Louise, ont, à cet égard, rempli les mêmes devoirs qu'Anne d'Autriche, du temps de la Régence. C'est le catéchisme inculqué à tout ce qui est élevé à la Cour de Vienne.
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et il existe encore des rapports d'une bienveillance rautuelle. Mais comment espérer que celui qui, dans le cours de sa longue vie , avait sacrifié ses plus profondes affections à ses devoirs politiques , pourrait , dans cette circonstance, subordonnera des considérations particulières ce qu'il considérait comme les conditions nécessaires de la liberté et du bonheur de la France ! Du reste , voici cette correspondance : mes lecteurs jugeront.
LETTRE DU COMTE DE SURVILLIERS (jOSEPH BONApARTe), AU GÉNÉRAL LAFAYETTE.
(( Mon cher général , (( M. le général Lallemand , qui vous remettra
)) cette lettre, me rappellera à votre souvenir; il vous
» dira avec quel enthousiasme la population de ce
» pajs (Américains et Français) a accueilli les nou-
» velles des glorieux événemens dont Paris a été le
» théâtre; les Américains ont aussi voulu voir flotter
)) le drapeau tricolore sur leurs théâtres. Si je n'avais
)) vu à la tête des affaires un nom avec lequel le
)) mien ne concordera jamais^ je serais avec vous, en
» tout et pour tout, aussitôt que M. le général Char-
» les Lallemand. Vous vous rappelez nos entretiens
» sur cette terre hospitalière et libre , mes sentimens
» et mes opinions sont aussi invariables que les vô-
» très; et ceux de ma famille sont : Tout pour le peu-
)) pie français. Sans doute ;, je ne puis pas oublier
» que mon neveu, Napoléon II a été proclamé par la
» Chambre qui , en i8i5, fut dissoute par les baïou-
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» nettes étrangères , et par l'armée dispersée sur les » bords de la Loire , d'après la volonté de cette fa- » mille que les étritogers imposèrent à la France , et » dont la France vient enfin de faire justice ; comme » en i8i5, elle s'était fait justice elle-même, en » quittant le sol de la patrie pour se réfugier sous le » canon de la coalition. Je n'aurai jamais la lâcheté » d'abandonner ce que je dois aimer ; mais, lidèle à )) la devise de ma famille : Tout par La France et pour » la France j je veux remplir mes devoirs envers elle, » et je ne vois dans les trois millions de voles qui » se fixèrent sur nous que des obligations envers la )) patrie, plus grandes encore pour moi que pour tout )) autre Français. Vous connaissez mes opinions de- » puis long-temps proclamées ; les individus et les )) familles ne peuvent avoir que des devoirs à remplir » dans leurs rapports avec les nations ; celles-ci seules » ont des droits à exercer ; elles doivent la justice » à tous.
j) Si la nation française appelait à la tête des af- » faires la famille la plus inconnue , je pense que » nous devrions nous soumettre à sa volonté, en tout » et pour tout 5 mais la nation seule a le droit de » détruire son ouvrage. Les gouvernemens étant un » besoin des peuples, nul doute que les individus qui » les composent ne soient subordonnés aux besoins » des peuples clairement exprimés par la majorité. » Je serais donc venu moi-même exprimer ces sen- » timens , si je cro} ais ma présence utile ; si le de- » voir m'appelait en France 3 si la loi arbitraire ([ui,
» dictée par l'étranger, et appréciée par la famille » qu'il avait imposée à notre patrie , pour neutraliser » sa juste influence sur les affairés de l'Europe, avait » été abolie par les autorités que la nécessité a don- » nées à la France , après les derniers événemens » des derniers jours de juillet.
» Je demande donc l'abolition de cette loi tyran- » nique qui a fermé la France à ma famille, qui l'avait » ouverte à tous les Français que la révolution en » avait expulsés. Je proteste contre toute élection » faite par des corporations particulières , et des )) corps n'ayant pas obtenu de la nation des pou- » voirs qu'elle seule a le droit de donner j et je dé- » clare, dans toutes ces circonstances, être prêt à me » conformer à la volonté nationale légalement ex- » primée quelle qu'elle puisse être , regardant tous » les sacrifices que le bien de la patrie impose , 1) comme un tribut qu'elle a droit d'exiger de ses » enfans , et uh bonheur pour eux de pouvoir les » faire.
» Le vaisseau qui porte M. le général Charles )) Lallemand étant au moment de partir , j'ai à peine » le temps de vous tracer ces lignes ; je vous les » adresse;, parce que vous êtes le seul Français, parmi » ceux qui ont pris part à la lutte secrète qui exis- )) tait par la force des choses entre la nation et le » gouvernement des étrangers,- qui m'ait vu ici, » qui m'ait entendu, qui ait lu dans le fond de » ma pensée ; et que l'homogénéité de nos opinions » politiques , moins les devoirs de famille et de posi-
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» tien, m'a donné dans votre caractère une pleine
» et entière confiance. J'ai prié M d'être
» l'interprète de ma volonté auprès de vous , et je » vous prie vous-même , mon général , d'être , au- » près des illustres citoyens qui , avec vous , ont » coopéré à relever les couleurs nationales , l'organe » de mes sentimens que vous avez connus ici , et » qui, dans toutes les hypothèses possibles , sont » inaltérables; Tout pour le peuple français.
» L^Empereur, mon frère, mourant sur le rocher » de Sainte-Hélène, a dicté pour moi au général Ber- » trand une dernière lettre, par laquelle il me re- » commande son fils en me disant un éternel adieu ; » il finit ainsi : (( Dites surtout sans cesse a monjils » qu'il est, avant tout, Français ^ qu il prenne ma de- » vise : Tout pour le peuple français. » J'ai rempli, » tant que je l'ai pu, ce devoir de sentiment ; je sais » que son fils est aussi Français que vous et moi, » en dépit de la fortune^ et j'espère que le moment » n'est pas éloigné où il pourra m'aider à rendre » à la France une parcelle de tout ce que nous lui » devons.
)) Adieu , mon cher général ; ma lettre prouve as- )) sez combien je rends justice aux sentimens que » vous m'avez témoignés pendant le voyage triom- » })hal que vous avez fait parmi ce peuple au milieu » duquel je vis depuis quinze ans ; (|ue la liberté » n'est point une chimère ; qu^elle est un bien dont )) une nation modérée et sage peut jouir quand » elle le veut. Par plus grande précaution, j'envoie
268 I.AFAYETTE
» cette lettre par duplicata j le primata a été expé- » dié le lo du courant.
» Veuillez agréer, mon cher général , l'expression » de mon ancien attachement.
» Joseph BONAPARTE. ;>