INTRODUCTION. XV
aussi vain que les deux autres ; moins encore parce que la Restauration déniait à la France la liberté de fait dont jouissait la Grande-Bretagne , que parce que l'esprit de la France exigeait un système très-supérieur à celui qui fut imposé , par la conquête , à un peuple isolé de tous les autres^, et qui n'est guère, en réalité, qu'une habile modification du système théologique et féodal, ayant pour but de faire dominer la royauté par l'aristocratie. Or, cela était contraire aux précédens de la civilisation française , contraire à l'essor qu'avait pris, depuis quarante ans, l'intelligence politique du peuple, et au sentiment d'égalité qui domine et tend incessamment à diminuer, nonseulement les pouvoirs virtuels de toute aristocratie, mais aussi les privilèges de toutes les dénominations.
On le voit : depuis l'origine de la monarchie jusqu'à la révolution de juillet, nous avons ébauché toutes les formes connues de gouvernement, sans pouvoir nous arrêter à aucune d'elles, parce que toutes ont été, pour nous, des faits exotiques, des imitations sans analogie de mœurs, de besoins ni d'époque.
Tout-à-coup les ordonnances de Charles X produisent une émeute ; Témeute produit une révolte ; la révolte, une révolution j et de cette révolution naît un nouveau principe, celui de la monarchie