‹ Lafontaine et son temps [microforme]Chapitre 7 sur 24 · Thompson fit situation qui n’était plus tenable · texte numérisé non relu

Thompson fit situation qui n’était plus tenable

le Bas-Canad rétablissant

as-Canada d’ leurs dépenses ”.

ffaires du Ca avant son départ de Londres, Sydenham s’aida beaucoup de leurs Suggestions.

Il se mit à l’œuvre Pour organiser le nouvel ordre de choses à un point de vue anti-libéral. Sa proclamation qui annonçait l’Union des provinces, promettait qu’ “ii gouvernerait en consultant les intérêts et les désirs du peuple.” Cette Promesse vague fit naître des espérances que l'événement ne réalisa point. Sa Conception du régime nouveau et de la responsabilité ministérielle, telle qu’il l’expose dans une lettre à un ami, nous paraît bien singulière et ne concordait Pas avec celle de LaFozitaine et de ses amis ; elle semblait plutôt empruntée aux notions Bouvernementales du Family Compact, des tories de 1a Gazette et du Herald de Montréal. “Je ne redoute pas du tout cette demande de gouve- :ment responsable, J’ai déjà réussi à en faire mettre de la prétention que le Conseil exécutif devrait être responsable à l’Assemblée législative et le gouverneur tenu d'écouter l’avis de ses ministres et de s’y conformer.

“ J’ai carrément dit au peuple que je ne peux pas me libé. rer de ma responsabilité au gouvernement impérial. te ne donnerai aucune responsabilité au Conseil exécutif , c’est un conseil que je Bouverneur peut consulter, mais rien de plus. ”

Déclarations nettes et bien précises, qui ne laissent planer aucune obscurité sur les idées du gouverneur. Citons encore un autre passage de sa lettre où la pensée s’accentue davantage.

“ Le fait est qu'aucune autre manière de comprendre la chose n’a de sens commun. Ou le gouverneur est le souverain, ou il est le ministre. Dans le premier cas, il peut s’entourer de ministres, mais cesse d’être responsable au gouvernement à Londres et tout gouvernement colonial devient impossible. Il doit être le ministre et dans ce cas il ne peut être sous le contrôle de personne dans la colonie. ”

Tout autre était l’idée — et c’est celle qui a prévalu — que LaFontaine se formait d’un gouvernement appelé à administrer les affaires selon les vœux du pays. Pour at. teindre ce but, il fallait, selon le colonial dédaigné par Sydenham, “Ja sanction de la volonté populaire pour Padoption des lois, le consentement du peuple pour voter l'impôt et pour en régler la dépense, sa participation effcace à l’action du 8ouvernement, son contrôle effectif sur les individus préposés au fonctionnement de cette administration. ”

Est-il surprenant que les deux hommes qui professaient ces doctrines contradictoires soient venus en conflit pour se placer ensuite aux deux pôles de ia sphère politique ? Le refus de LaFontaine d’accepter en 1839, sous le régime du Conseil spécial, la charge de solliciteur-général, que Sydenham lui avait offerte lui valut dès lors la haine du gouverneur ; celle-ci s’exaspéra le jour où LaFontaine dévoila au peuple la correspondance échangée entre eux. Assurément, cette publicité violait l'étiquette parlementaire : elle exige que toute communication officielle, entre le représentant du souverain et un député, ne se publie qu'avec l’agrément du premier. LaFontaine, tout jeune alors, peu habitué aux convenances diplomatiques, adopta le principe . anglais — combien faux du reste — In love and in war everything is fair : “ À la guerre et dans les affaires de cœur tout est permis. ” |

On conçoit, à l'évidence de ses intentions, quel singulier ministère sortit des combinaisons de Sydenham. Comme, un jour, il apprécie la conduite de ses prédécesseurs à Québec et à Toronto, il leur reproche de s'être exclusivement attachés à un parti politique pour s’en faire les instruments.

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