I.AfilBASSK
— Le flambeau n'éclaire point sa base.
Maintenant, allègre, je peux sauter hors de mon ombre. J'y saule. ÉperJument, je danse, si vile que j'en demeure immobile. Ma face m'apparaît par le dedans.
Vj.'illt' liiuini' vieille, conte encore un conte «Ir fée^
11 \ a tiin* iui.> clmi, (jUi L'sl cela, et cela, qui i-sl
cecj.
Et le quatrième conte est fini.
Vieille, celui-ci est trop court.
Les Nombres ont éclaté de rire en disant :
— C'est le plus long-.
iSombres, n'éclatez pas de rire ainsi, ou je me vengerai de vous. Je sais qui est trois. Je sais qui est quatre. Je sais qui est sept. Je le crierai.
Trois est un, plus le reflet de m«, plus le un où convergent les rayons émanés de un et du reflet de un. C'est le delta formé par les points-sommets du triangle qu'ont dessiné toutes les révélations.
Un {(oint sur un autre plan, et voici engendrée la pyramide tétraèdre, symbole de la création sous la forme la plus embryonnaire. Cela est le quatre.
L'addition du trois et du quatre donne le chiffre du monde, qui est sept.
Les Nonïbres ont éclaté de rire en disant :
— Mais tu ne sais pas qui est le un. Nombres, n'éclatez pas de rire ainsi, ou je me
vengerai de vous. Je sais qui est le cinq. Je le crierai.
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Le ciiuj est riioiiiniL' on croix sur TX, ccarlelé à ses quatre membres, écartelé par quatre, puisque ijuatre est la création, mais faisant de la croix en X le pentagrammo de 1 étoile à cinq pointes, soit qu'il redresse sa tète quand l'étoile a la pointe en haut, soit qu'il regarde pendre son sexe quand l'étoile a la pointe en bas. Et ainsi, ce qu'il crucifie avec lui, cerehro tel inguine. c'est le un. Voilà pourquoi il est le cinq.
Les Nombres ont éclaté de rire en disant :
— Mais tu ne sais pas qui est le un. Je réponds :
— Le un est le Verbe du Silence.
Et les Nombres ont pleuré sur eux-mêmes et sur moi.
Vieille, bonne vieille, conte encore un conte de fées.
Il y a une fois ceci, qui est cela, et que tu as dit. Et je le dis aussi.
Et le cincjuième conte est fini.
Letties, Lettres, la bonne vieille est lasse de faire la layette du Silence. Le Silence a froid.. Il ne parle plus. Amusez-le de vos amusettes. S'il ne parle plus, qu'au moins il balbutie! Enseig"nez-lui à dire lod-Hé-Vau-Hé, en attendant mieux.
Constellation du ciel hébraïque, ton premier astre est le soleil Phallus au ciel latin, ton second astre est la lune Ctéis au ciel g"rec, ton troisième
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aslro est le soleil-lune Lingam au ciel indou, Ion quatrième astre n'a d'équivalent dans aucun ciel. Aussi lod-ilé-Vau-Hé s'est-il appauvri en Jeliova.
Lettres, Lettres, le Tlé qu'on n'ose pas traduire, celui de la fin, est-il donc le même que celui du milieu, mais en AUM?
Ua qui reste de Aïsh et de Aïslia superposés est-il un o accru d'un jambage qui lui est, non tang-ent, mais diamètre? Est-ce là une figure nou- \ elle de l'alpha qui est oméga? Le Tarot des bohémiens, celui que nul ne connaît plus, sauf moi, n'avait-il pas un peu raison de faire résorber le pilon par le mortier?
Lettres, Lettres, peut-être que Tô n'est pas le Neutre essentiel dont parlait la vieille au cerveau pourri. Lettres, Lettres, répondez!
Et les Lettres ont pleuré sur elles-mêmes et sur moi.
Mais la vieille à l'haleine ([ui pue le sépulcre, la vieille, en ricanant, dit :
— Que Tô soit le Neutre essentiel, il s'en faut d'une quantité infinitésimale.
Vieille, toi, la bonne vieille, conte encore un conte de fées.
Il y a une fois le sixième conte, qui est comme le cinquième, (|ui est comme le (juatrième.
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Vieille, bonne vieille, conle leseplièmc roule de fées.
Il y a une luis ceci, (jui esl cela, où \i\eiil le Prince Charmant et la Belle an bois dornianl. Ceci est par-ci. Cela est par-là. Ils vont ci et là. Ils vont là et ci. Et j'y vais aussi. Dans le palais des Apparences, sont les seules réalités. Les pèleiins pèlerinent vers eux-mêmes. La fleur est son papillon. Le tambour mange de la cymbale et la cymbale boit du tambour, Ilijîr et demain sont dans aujourd'liui. Aujourd'hui n'est pas, et c'est ce qui est. La Vieille des Vieilles porte autour du cou. en spirale sans bonis, un collier d'œufs, mis deux à deux. (Chacun est Rien, œuf de Tout. ,11 y a une fois, il y a une fois, ce qu'il y a pour toutes les fois. C est la ronde des... je ne dirai pas quoi. Elle va ci et là. Elle va là et ci. Et j'y vais aussi.
Le septième conte est l'ultime ainsi.
Mais voici voilà, et voilà voici ! Dernier ou premier, c'est (jueumi-queussi, cest queussiqueumi.
Et le conte ainsi n'est jamais fini.
Le soiniiieil do Valentiii fut extrêmement court. A peine s'il dura deux heures. Il s'acheva nel au lout petit jour, juste à première pointe daube.
C'était de quoi se réveiller le corps moulu, les membres endoloris, la tète pleine de vertiges, tout l'être en deliquium, surtout si l'on songe à rincroyabh' dépense nerveuse qu'il avait dû faire jjour suivre sans fatigue immédiate la vision de Tabbé, pour eu garder si vive l'empreinle dans sa mémoire, pour transcrire cette empreinte d'une
ule traite, cela succédant, d'ailleurs, à la lecture passionnée des onze petits cahiers de Bussins, aux tempêtes de cœur qu'avait déchaînées cette lecture, et enfin ces deux secousses bouleversantes et coup sur coup s'étant produites au bout d'une quinzaine entière pendant laquelle le régime ascétique, les jeûnes, les dictions de lAUM, les séances d'immobilité, la méditation solitaire, les hîçons exténuantes, la nourriture spéciale, tous les moyens d'exaltation préparatoires *à l'extase, avaient engendré, entretenu et exaspéré le plus épuisant surmenage physique et cérébral.
Valentin cependant, de son sommeil si court,
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s'éveilla tout ù fait reposé. Sa chair étail en allégresse. Son esprit avait les rep^anls grands onverts frais, limpides, ce qu'il appelait, selon une ('xj)i-ession de sa mère, lœil clair comme un basilic. S'il avait pu s'analyser en cet inslant, il se serait dit :
— C'est mon mo/ thiéracliicn qui (encore une expression de sa mère) reprend du poil de la bête.
Sans se le dire, d'instinct, sous les obscures poussées réflexes de cet instinct, il se mit à agir dans le sens de ce moi. Mais il ne s'aperçut pas (jue l'action et l'énergie de ce moi s'exerçaient d'<iprès des mobiles et des motifs fournis par l'aulre.
Sa présente lucidité, en etiet, s'appliquait à chercher les moyens pratiques (et sa volonté se tendaii à en faire usage) de s'approprier exclusivement la vision de l'abbé, et de soustraire Zénaïde aux probables et menaçantes convoitises scientiPiques de Broguet.
Tl venait de relire, à la hàle, le résumé (ju il avait écrit, de la vision. 11 avait été déçu de n'y plus entendre grand'chose, <1 y rencontrer des lignes de points remplaçant les révélations les plus lumineuses. Mais il s'en était tout de suite consolé par l'idée très naturelle qu'il nétait plus, momentanément, en état de grâce, et par l'espoir certain qu'il s'y remettrait un jour ou l'autre, puisqu'il possédait maintenant le don manifeste de V intuition et les iits- Iructiom pour le susciter.
— Quand et comme je le voudrai, pensa-t-il, avec ce résumé me servant de tremplin à rebondir dans l'extase, je reverrai ce que j'ai vu. Où je suis
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îillé uiio lois, je suis capablr de rotounier. Mais j'y veux désormais aller seul. Il faut inévader de l'emprise (ju a sur moi l'abbé.
Car, à cette heure, il ne doutait plus de celte emprise. Il en retrouvait mille lémoignages dans ses souvenirs. Il s'expliquait les thaumaturgies dé l'abbé par la télépathie, le magnétisme. Cela, très à la galopade, sommairement, de façon néanmoins à satisfaire les méfiances questionneuses de son thiérachisme, qui se contentait à peu de frais, mais n'en était que plus âpre à conclure :
— Oui, évadons-nous!
A quoi le finaud ajouta immédiatement :
— Avec Zénaïde., bien entendu, pour l'arracher à Broo-uet.
Et Yalentin, les deuxprojets posés en problèmes, tout de suite en conçut la pratique, dans un plan hardi, qu'il ne se donna même pas la peine de discuter, et à l'exécution duquel il passa aussitôt, sûr qu'elle n'aurait rien de hasardeux.
— Moi aussi, s'affîrmait-il avec foi et avec autorité, moi aussi je suis un thaumaturge. Zénaïdc et moi, j'en ai eu les preuves souvent, et cette nuit encore lorsqu'elle a jeté son cri aigu, nous sommes en communion télépathique. L'intensité, dont je charge mon vœu (ju'elle m'obéisse, est en train de la magnétiser, je le sens. Elle m'obéira. Elle m'obéit.
Ce disant, il avait plié, puis fourré dans sa poche les instructions de l'abbé, et le résumé de la vision. Il y avait joint quatre billets de cent francs qu'il
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iivait en réserve sur ses renies réccminenf loucliées. Il avait mis soncliapeau, son pardessus. Il descendait l'escalier, ses souliers à la main. Il se prémunissait ainsi, humainement ^ contre le danger d'éveiller l'abbé. La pensée ne lui vint pas que l'abbé pourrait le bvnlir descendre, télqMilhiquemcnt.
D'une façon ou d'une autre, l'abbé ne soupçonna rien. Ou, s'il sut qnebjue ciiose, ayant ses raisons pour laisser l'aire, il laissa faire.
La petite maison était vide de ses locataires, Broguet et Wronsky ayant découché par ordre, on s'en souvient, de l'abbé. La cour et le jardin dormaient, déserts et silencieux. On dormait pareillement dans la grande maison. Les deux fenêtres de ^I""" d'Amblezeuille avaient leurs persiennes closes.
Les horloges sonnèrent quatre heures trois quarts.
Juste au dernier tintement de la dernit're horloge, Valentiu était sous la fenêtre de Zénaïdc Impérieusement, mais à voix très basse, et avec une force toute concentrée à l'intérieur, il dit cii un souffle : *
— Zénaïde !
Les volets, puis la fenêtre, furent ouverts sans bruit. Zénaïde parut. Elle était tout habillée, prèle à sortir. On eût cru qu'elle l'attendait. Il n'en fut pas surpris. Le contraire seul l'eût étonné.
Il lui lendit les bras. Elle enjamba l'appui du balcon, dégringola par les ferrures jusqu'au rebord inférieur, s'y accrocha du bout des doigts,