TIONS
Hectares
Hectolitres
tlectolitres
Hectolitres
Pour permeltre de traduire en numéraire la valeur de la production nous donnons ci-après les vai'iations des cours des vins dans les dernières années.
Vins
lie coteaux
Vins
Années
(Saliel
ou assimilés)
le plaine
francs
francs
Totaux.
Moyenne décennale- 16 90 à 19 90 12 '.?0 a 14 20
Nous avons fait remarquer que certains vins de plaine étaient classés dans la catégorie des vins de coteaux et assimilés à eux au point de vue de la qualité et du prix.
La production des vins de 1'*^ et de catégorie était jusqu’à présent à peu près égale, mais cette égalité tend à se rompre en faveur de la plaine dont les jjlantations augmentent considérablement et dont la production s'accroît très rapidement.
Les prix ci-dessus sont établis pour le département d’Alger; pour les deux départements voisins ils doivent être respectivement diminués de 2 trancs par hectolitre.
Les vins de montagne (jui ne constituent cpi’une
faible part de la production sont vendus de 3 à4 francs de plus, en moyenne, que ceux du Sahel. Parmi les vins de montagne, ceux de Miliana et aussi ceux de Médéa obtiennent une plus value double.
La moyenne décennale des prix de vente pour le départemenf d’Alger est de 16 fr. 10
Pour les deux autres départements elle est de 14 10
Total.. 30 20
Moyenne générale 15 10
En appliquant la moyenne de 15 fr. 10 prix de
riiectolitre à la production moyenne des dernières années on arrive à un chiffre de 66 millions de francs.
Ajoutons pour terminer que les produits secondaires de la vigne (tartres, lies, etc...) sont évalués à environ 2 millions de francs.
On peut donc récapituler la production de la vigne en Algérie ainsi qu’il suit :
Production de raisins chez les indigènes 6 à 7.000.000
Raisins de primeur 360.000
Production du vin.. 66.000.000
Tartres et lies 2.000.000
Total général 75.360.000
En Algérie la culture de la vigne est conduite avec le plus grand soin : les meilleures méthodes d’exploitation y sont en usage ; les traitements préventifs contre les maladies sont appliqués en temps opportun ; la restitution au sol des principes fertilisants est pratiquée autant que les circonstances le permettent. Du reste la vigne se trouve dans l’Afrique du Nord, dans
un milieu bien approprié : de toutes les plantes cultivées c’est celle ({ui donne les rendements les |)lus abondants et les plus réguliers.
Si le problème de la culture de la vigne fut laciloment résolu, il n'eu lïit oas de même de celui de la
vinilicatiou. Quaud il s’agissait de transformer ces magnili([ues vendanges en vin, les insuccès étaient nombreux et décourageants, malgré la science et Tliabileté qu’apportaient dans les opérations de la viniticatiou des hommes souvent d'une grande compétence.
Dans une lettre adressée à la Société Nationale d’agriculture de France, M. le Président de la Société d'agriculture d’Alger, exprimait en 1895, dans les termes suivants les difficultés du problème [Bulletin de In Société Nalio'nule d’ agriculture de France. Séance du 1 1 janvier 1895) :
« En Algérie, et dans tous les pays où en dehors des « causes anormales, comme le siroco, la température « de l'automne atteint une moyenne de 35-26° centi- « grades, lorsque l’on fait cuver en grande masse du « raisin riche en sucre, la chaleur dégagée par la l‘er- « mentation élève la température du moût dès le « deuxième ou troisième jour à un degré qui dépasse « 40 et quelquefois atteint 44-45°.
« A cette température, dans un milieu déjà riche « en alcool, le ferment est paralysé et la réduction du « sucre s’arrête, lorsque le moût marque encore ([uel- (( ques degrés à l’aréomètre deBeaumé. Lafermenta- « tion secondaire est impuissante à achever la trans- « formation du glucose ; souvent même, le ferment « alcoolique fait place à d’autres terinents de mau- « vaise nature qui développent dans le vin les mala-
« (lies qui l’altèrent. Outre cela il y a une déperdition (( énorme d'alcool causé par la fermentation tumul- « tueuse du moût à haute température, déperdition (( qui peut abaisser de un à deux dégrés le titre alcoo- « lique du vin au-dessous du taux normal indiqué par (( le glucomètre.
« L'objectif du vigneron en pays chaud est d’arriver « du premier coup à une réduction complète du (( sucre contenu dans le moût du raisin, par une fer- (( mentation alcoolique régulière. Dans ces conditions, (( le vin toujours assez riche en alcool et ne conte- « liant plus de sucre fermentescible sera à l’abri des « altérations ultérieures.
(( Aussi, il convient de le rappeler, le danger des (( fermentations à température élevée et par suite « incomplètes avait frappé depuis longtemps les vi lice culteurs algériens, qui dès les premiers temps du (( développement de notre vignoble ont recherché les (( moyens de faire fermenter 'leurs moûts à tempéra- (( ture constante et relativement basse.
« Pour arriver à ce but, les vignerons ont essayé « les procédés les plus divers tels que l’addition de (( glace, l’emploi de cuves à double paroi, avec circu- (( lation d’eau entre les deux parois, etc... Les cuves (( munies à l’intérieur d’un serpentin réfrigérant, (( même à développement exagéré par rapport au (( récipient, ou les cuves rafraîchies à l’extérieur par (( évaporation d’eau, n’ont pas donné des résultats (( plus appréciables que les premiers procédés. Par (( aucun de ces moyens, coûteux du reste, ou néces- (( sitant des quantités d'eau considérables, hors de c proportion avec celles dont on dispose le plus com- (( munément, on n’a pu arriver à une réfrigéra-
- sire ^ération suftisante. C'esf ([ue le moùl de vendante, (( surtout quand il irest |)'as é»raj)|)é, constitue une (( masse très mauvaise conductrice de la chaleur et (( dont les diverses parties se mélangent peu.
« Dans les procédés mentionnés ci-dessus, le moût (( ne se refroidit (lu’au contact de la paroi froide ou (( du serpentin et en raison de son peu de conducli- « bilité les échanges de température ne se font j>as « dans la masse. Aussi le thermomètre y révèle- 1- il « des écarts énormes de température.
« Depuis plus de dix ans, la Société d’Agriculture (( d'Alger, par ses membres les plus distingués et les « plus compétents, a étudié le problème de la réfri- « gération des moûts de vin.
« Il est juste de rappeler les essais faits dans ce c( but par M. Bordet, ancien Président de la Société (( d'Agriculture d'Alger, et par plusieurs autres mem- « bres aussi compétents tels que MM. Arlès-Dufour, « Bertrand et surtout M. Leroux, ingénieur, qui avait « déjà pris des brevets d’a|)pareils réfrigérants « dès 1883.
« Dans toutes ces expériences ainsi que dans celles « dirigées au Jardin d’Essai par M. Bivière, dès 1874-, « on s’efforcait de refroidir la masse en fermentation (( dans la cuve elle-même. En raison du |)eu de con- (( ductibilité du moût, les résultats obtenus ne lurent « pas suffisants.
«.Le problème de la réfrigération ne fut praticjue- « ment résolu que quand on reconnut qu'il fallait « refroidir le moût en dehors de la cuve en fermen- « tation, en fractionnant la masse, de façon à vaincre « l’obstacle dû à la faible conductibilité du moût. Ce
« résultat fut obteuu par l’emploi du réfrigérant de (( brasserie que notre Secrétaire Général M. Lecq, « préconisa dès 1884 et que M. Brame, de Fouka, (( appliqua avec succès dès cette époque. Ces résultats « sont consignés dans le rapport ci-joint adressé à la « Société d’Agriculture.
« Depuis 1884, mais surtout depuis trois ans, l’em- « ploi des réfrigérants s’est généralisé en Algérie, « principalement dans le département d’Alger où ces « appareils ont été perfectionnés et adaptés à l’usage « auquel on les affectait. »
C’est donc sur la réfrigération des moûts qu'est basée la méthode de vinification spéciale à l’Algérie, méthode appropriée aux conditions particulières de milieu, applicable dans tous les pays chauds, et qui permet d’obtenir des vins ayant fermenté régulièrement et d’une conservation assurée.