‹ LagynosChapitre 13 sur 39 · Xen., Equ., 1, 8; Cyn · texte numérisé non relu

Xen., Equ., 1, 8; Cyn

bien plus que la profondeur de la panse, est caractéristique de nos vases. Si le mot Agyuvesc se rattache à l’adjectif Axyapés il convient tout spécialement à cette sorte de cruche. Si sa racine Axy n'avait d'autre sens que creux, cavilé, on ne voit guère pourquoi c’est à de tels vases qu'on aurait réservé cette appellation‘.

Sur la forme et l’usage du lagynos, ce ne sont pas les textes cités par Athénée, mais des épigrammes de l’Anthologie Palatine, qui nous donnent les plus précises indications. Trois de ces pièces ont pour auteur le poète . Marcus Argentarius, qui vivait au temps d’Auguste; elles célèbrent, non sans quelque monotonie, les louanges de ce vase cher aux buveurs, ancêtre de la dive bouteille.

Une épigramme assez plaisante? raconte la triste fin d'un lagynos. Elle nous montre la haute antiquité d’un rite dont, aujourd’hui encore, s'accompagne souvent le banquet champêtre : la lapidation des bouteilles vides. À la fin d’un pique-nique en plein air, des jeunes gens ont pris le vase pour cible, et d’un coup de pierre l’un d'eux l’a mis en morceaux. Marcus Argentarius lui dédie cette oraison funèbre :

«Tu as été brisé, lagynos, doux ami des buveurs, après que Bacchus se fut épanché de ton flanc. Une pierre lancée de loin t'est venue frapper et t'a fait rendre une plainte profonde, foudre que n’avait pas brandi la main de Zeus, mais celle de Dion. Quand tu fus atteint, il ÿ eut un éclat de rire et des plaisanteries sans fin et ce fut un grand tumulte parmi les convives. Mais je ne te plains pas, lagÿnos, qui venais de mettre au jour Bacchus, car Sémélé et toi, vous avez eu le même destin. »

1. On connaît trois dérivés du mot Xgyuvos : le nom "propre Axyuviwv (Athen., XIII, 584, f), les mots Axyovis (Plut., Moral., 82, E) et hayüvtoy qui désignent sans doute un petit modèle de lagynos.

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