LA TECHNIQUE
Les vases des deux premiers groupes, qui sont pour la technique sinon tout à fait identiques, du moins fort analogues, se prêtent aux observations suivantes.
La pâte est en général d’une teinte rouge brique, assez foncée. Médiocrement fine et homogène, elle est dure à rayer au couteau. Pour le grain et la pureté, elle ne peut être comparée à celle de la fabrique attique. L'opération du pétrissage semble surtout avoir été négligée.
Sur la provenance des argiles employées, il n’est guère possible de donner des précisions. Ces argiles sont d’apparences et de qualités très diverses. Dans les seuls exemplaires de Délos, on peut noter au moins cinq espèces de terres. Presque toujours des grains de mica s’aperçoivent à la cassure, comme c’est en général le cas pour les produits des fabriques insulaires.
Le lagynos à profil angulaire est façonné en trois pièces : la panse, le col, et l’anse. Il n’y a jamais de soudure à l'épaule. La soudure du col, par contre, est visible sur plus d’un vase. Dans le lagynos à panse sphérique, le goulot seul est façonné à part. L’anse, presque toujours trifide, semble fabriquée au moule. La qualité des argiles employées et les procédés de cuisson permettaient au potier d'obtenir des parois d’une minceur extrême et par suite des vases fort légers pour leur capacité. A l’épaule, la paroi de la panse n’a souvent que deux millimètres d'épaisseur.
L’enduit blanc n’est pas d’une qualité uniforme dans
tous les vases du premier groupe. Les lagynoi de Chypre et quelques-uns de ceux qui proviennent de la Russie méridionale ont une couverte jaunâtre et terne. Les fabriques de ces deux régions, qui s’appliquaient à contrefaire les produits importés, ignoraient la préparation du bel enduit lustré dont usaient les grands ateliers de la Grèce propre et des Iles. Sur quelques exemplaires de Délos' l’engobe blanc fait complètement défaut. La surface de la terre est seulement mais très soigneusement polie. L’argile étant très peu cuite, son aspect n’est pas beaucoup plus sombre que celui de l’engobe laiteux, et le décor brun se détache sur elle assez nettement. La préparation et la cuisson de l’enduit étaient à coup sûr les opérations les plus délicates. Il est naturel que dans les poteries à bon marché on ait tenté d’en faire l’économie.
Par contre, sur certains vases d’une peinture très soignée, cet enduit, d’une finesse rare et d’un bel éclat, a paru si précieux par lui-même qu’on n’a pas jugé nécessaire d’y joindre aucun autre ornement?.
C'est en général pour des causes accidentelles que la couverte s’est plus ou moins teintée de jaune ou de gris. Originairement, elle était partout d’un blanc nuancé d'ivoire, comme elle apparaît encore sur les vases les mieux conservés. Elle n’a jamais la consistance et les tons plâtreux de l’engobe employé pour certains lécythes funéraires ou pour les hydries alexandrines d’Hadra à décor polychrome. Elle est moins crue, mais plus lustrée, et l’on en pourrait comparer l'aspect à celui de nos faïences.
Le potier posait cet enduit au pinceau, tandis que le vase était en mouvement sur le tour. De là viennent les touches longues et parallèles qu’on peut observer à la
TN ONELETTO: