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Cf. Bulard, ibid., pl. I, Va

LE STYLE DÉCORATIF nt

les faut chercher. Ce sont surtout des vases de métal, tels que l’admirable skyphos de Boscoreale orné d’un rameau d'olivier:. La céramique peinte ou à reliefs n'a que bien rarement rendu la plante avec un tel bonheur. Les coupes mégariennes ne font au décor végétal qu'une place fort mince. Là se maintient l’ornement linéaire, l’ove, l’entrelac, l’astragale, la palmette. Les vases à fond noir font du pampre ou du rameau de lierre un motif si menu et si monotone qu’il n’'évoque même plus le souvenir d’un vrai feuillage. La branche de myrte y reparaît aussi, mais non moins rigide et stylisée que dans la peinture à fond blanc; ce qui est beaucoup dire, Enfin, c'est dans cette série que se manifeste le plus clairement ce retour au style géométrique dont il a été parlé plus haut.

= Du moins pour ce qui est de la plante, la tentative naturaliste n'obtient donc jamais qu’un demi-succès. Elle ne donne pas aux temps alexandrins tout ce qu’autrefois elle avait semblé promettre. Car déjà le v° siècle, auquel on devait l’acanthe, avait fait dans ce sens plus d’un heureux essai. D’une époque encore plus haute est cette guirlande de lierre ondoyante, que toutes les écoles : d’ornemanistes ont à l’envi répétée. Les décorateurs ioniens, qui eux-mêmes en avaient trouvé le modèle dans la céramique mycénienne?, l’employaient déjà couramment à l’époque archaïque. Rappelons aussi que ces loniens, dans certaines œuvres comme la coupe du Chasseur d'oiseaux 3, faisaient déjà preuve d’un sentiment très rare et très délicat des formes végétales.

Dans la lente et partielle évolution de l’art vers la

1. Cf. aussi les bijoux d’or trouvés dans les tombes de Crimée, qui imitent des feuillages. S. Reinach, Antiq. Bosph., IV, 2; Comptes rendus, 1861, VI, 4, 2145 ; : >. Furtw.-Lœschke, Myken. Vasen, pl. XXI, 152; XX VI, 206; XXVII, 208. 3. Pottier, Vases du Louvre, II, F, pl. 68.

nature, s’il y eut un moment décisif où il semble qu'on découvrit la fleur, ce n’est pas au rm‘ siècle, maïs au 1v° qu’il le faut placer. Le témoignage des textes est là-dessus tort explicite et celui des monuments n’y contredit pas. M. Helbig, à propos des peintures campaniennes, rappelle, et n’a pas tort de rappeler, le goût des Alexandrins pour les fleurs, le soin qu’on apportait à leur culture dans l'Égypte ptolémaïque'. Mais il n’est pas nécessaire de descendre jusqu’à cette date pour observer de tels faits. Ce que Pline rapporte au sujet du peintre Pausias, atteste une mode toute pareille en Grèce, vers le début du 1v° siècle. Pausias, nous dit Pline?, s'était spécialisé dans la peinture des fleurs. Sa maîtresse Glycéra composait pour lui des bouquets et des guirlandes, dont elle s’ingéniait à combiner les couleurs et qu'il reproduisait dans ses tableaux. Cette Glyÿcéra passait pour avoir inventé l’art de tresser ensemble des fleurs et des feuillages. Il est de fait que les monuments d’une date plus haute ne nous montrent pas un seul exemple d’une guirlande tressée3. L'exactitude de cette tradition importe d’ailleurs assez peu. Ce qu'il faut surtout retenir des anecdotes concernant ces deux personnages, c’est qu'on plaçait communément à leur époque les débuts de la peinture de fleurs. Le genre auquel Pausias attacha son nom obtint alors un tel succès que beaucoup y trouvaient à redire. Le peintre Nicias y voyant un abaissement de l'art réclamait le retour aux grands sujets. Il disait que la peinture

1. Helbig, Camp. Wandmal., p. 281 et suiv. (et les textes principaux sur lesquels il appuie son opinion : Pline, Mat. Hist., XII, 21; Athen., V, 196, d, e (Callixène de Rhodes); 198, d; 200, c). Cf. aussi Breccia, Ghirlandomania alessandrina (Musée Égyptien, III, p. 13 et suiv.).

2. Plin, Nat. Hist., XXI, 3 et 4; cf. G. Leroux, dans Saglio-Pottier, Dict. des Antiquités, s. v. Serta. S

Sur l’époque de l’activité de Pausias, cf. Six, Arch. Jahrb.,1905, p. 155 etsuiv.

3. Le premier exemple d’une grosse guirlande tressée se voit sur un vase apulien, de style tardif. Cf. Lenormant et de Witte, Elite céram., t. IV, pl. LXX; Dict. des Antiquités, s. v. Serta, p. 1058, fig. 6370.

était faite pour représenter des hommes, des batailles, non pour amuser le public avec des fleurs et des oiseaux :.

Ce qu'étaient ces tableaux de fleurs du 1v° siècle nous avons quelque peine à l’imaginer. Le style floral fantaisiste que nous montrent les derniers vases grecs et italiotes à figures rouges, n’en peut donner qu’une idée fort incomplète. Ce style témoigne clairement d'une curiosité nouvelle pour la forme végétale, mais il porte déjà la marque de l’inévitable stylisation. On devine à son origine des études très poussées faites d’après nature. Mais les copistes qui reproduisent et se transmettent entre eux ces images, sans jamais se reporter au modèle vivant, les déforment chaque jour davantage au gré de leur propre goût et de leur trop féconde imagination. Rien n'autorise à penser que des peintres tels que Pausias ne mettaient pas plus de vie et d’exactitude dans le rendu des types végétaux. Çà et là dans les décorations, quelques feuillages, traités avec une vérité qui étonne, laissent entrevoir de quel réalisme l’art du 1v° siècle était déjà capable. Qu'on se rappelle surtout le rameau de vigne sculpté sur le sarcophage d’Alexandre?, rameau qu’on retrouve parfois au col des vases peints, et certains bijoux d’or du même temps, tels que la couronne d’Armentoÿ,.

Le décor floral n’est donc pas une innovation hellénistique. Les ateliers du 1v° siècle léguaient à leurs successeurs le double héritage du répertoire naturaliste et du répertoire linéaire. Le 11° siècle les accepta l’un et l’autre. Si l’on considère l’ensemble de ses œuvres, on peut dire qu'il n’eut pour le premier aucune préférence.

En fait d'ornement copié d’après nature et pris au monde végétal, le plus nouveau et le plus en faveur à

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