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Cf. Perdrizet, Cultes du Pangée, p. 65 et suiv

Un autre intérêt enfin s’attachait à ces représentations d'objets bachiques et put contribuer pour une part à leur diffusion. Nous allons voir lequel, en traitant de la tendance illusionniste.

D. L’illusionnisme.

Le procédé ornemental que nous appelons de ce nom est encore un de ceux qui distinguent les produits de l’art hellénistique. Il trouve son application dans la peinture de vases aussi bien que dans la peinture murale ou la décoration plastique. Il consiste à remplacer l’objet réel, en son lieu et place, par son image peinte ou sculptée, de manière à donner plus ou moins l'illusion de sa présence.

C’est ainsi que, dans la peinture à fresque du im° et du n° siècle, on imite par la couleur les reliefs d'une décoration profilée, des placages de marbre ou des motifs d'architecture. Ailleurs, on reproduit sur des murs des guirlandes de fleurs naturelles. Le procédé n’est sans doute pas une pure invention de l’âge hellénistique, mais il prend alors une importance et dénote une intention nouvelles. Il apparaît fréquemment à l’origine même de l’art. On imitait dans les premiers temples de pierre l'aspect de l'édifice en bois. De tout temps, les potiers ont reproduit dans l’argile les formes et les détails extérieurs des vases métalliques. Sur les grands pithoiï crétois, on figurait en relief les cordes qui servaient à les porter. Mais jamais ces ornements ne visent au trompel'œil. L'architecte du temple n’entendait pas qu’on prit son œuvre pour une antique bâtisse en planches. En sculptant dans le marbre les formes du bois, il obéissait simplement et inconsciemment à la force obscure de la tradition. Quand l'acanthe qui croît sur les tombes

apparaît dans le décor de la stèle funéraire, on ne cherche point à donner l'illusion parfaite de la plante.

Le propre de l’art hellénistique est d’avoir fait du trompe-l’œil un procédé de décoration habituel et réfléchi'. Disposant d’une technique plus savante, d’une palette autrement riche que celle des maîtres anciens, la peinture du 1v° siècle prenait déjà plaisir à cette sorte d’effet. Quelques anecdotes sont à cet égard caractéristiques.

Dans un célèbre tableau de Zeuxis, rapporte Pline, des raisins que tenait un enfant étaient si habilement rendus que les oiseaux, s'y trompant, accouraient pour les picorer?. On faisait un pareil éloge d’une œuvre de Protogène, où l’image peinte d'une perdrix attirait près d’elle les perdrix vivantesé. Devant un portrait équestre d'Alexandre, signé d’Apelle, le cheval du roi, reconnaissant son semblable, hennissait de plaisir. Dans une autre œuvre du même peintre, les doigts d’un personnage étaient si habilement rendus qu'ils paraissaient, disaiton, saillir hors du tableau“. Donner, par la couleur et le jeu des ombres, l'illusion parfaite du relief et de la réalité, tel était, semble-t-il, le comble de l'art et le but que le peintre se devait proposer.

Les décorateurs, comme les grands maîtres, firent

1. Quelques archéologues allemands se servent parfois du mot « illusionnisme » pour désigner des effets d’un autre genre; par exemple ces effets de transparence que cherchent à obtenir certains sculpteurs dans le rendu des draperies (cf. Watzinger, Magnesia am Maeander, p. 186; G. Leroux, Bull. Corr. hellén., 1907, p. 414 et suiv.); ou encore ce modelé délicat des chairs qui donne si exactement l’impression de la vie dans certaines œuvres praxitéliennes (cf. Pfuhl, Neue Jahrb. f. KL. Altert., 1909, p. 613 et suiv.). A ce style, dont l'intention est de rivaliser par le seul moyen du ciseau avec la peinture, conviendraient mieux les épithètes de pictural ou d’impressionniste. Le mot illusionnisme, qui évoque l’idée du trompe-l’œil, s'applique mal à de tels effets, mais fort exactement au procédé décoratif dont nous traitons.

2. Overbeck, Schriftquellen, 1649 (Plin., Nat. Hist., XXXV, 65).

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