CHAPITRE KVI
Passion malheorense de Lais. — Ses chagrina et sa mort.
Depuis déjà de longues années Laïs vivait heureuse et honorée dans Corinthe; la médisance ne lui avait fait aucune morsure ; les matrones mêmes ne la poursuivaient point de leurs langues redoutables, lorsque, vers l'âge de quarante-cinq ans, elle s'é prit d'un rapsode nommé Eubatès. Cet amour fut le commencement de ses malheurs et des chagrins qui devaient la conduire au tombeau. Elle, qui avait toujours été maîtresse de sa tête et de son cœur, se sentit subitement embrasée; elle eut beau appeler la raison à son secours et demander un remède à la philosophie, tout fut inutile ; sa passion grandissait de jour en jour; elle négligeait ses amis et oubliait tout pour l'obscur Eubatès.
Nous suspendons ici le récit d'Aristophane de
Byzance pour mettre sous les yeux du lecteur la version qui nous a été transmise par Athénée. Ce philosophe grammairien prétend que Laïs, après avoir été abandonnée d'Eubatès, s'éprit d'un nouvel amour pour le Thessalien Pausanias, qui visitait Corinthe ; et il brode tout un roman sur ce thème. Athénée fait mourir Laïs en Thessalie, à la manière d'Orphée, c'est-à-dire déchirée par des femmes furibondes. Nous ferons observer que les fragments qui nous restent de quelques philosophes et historiens grecs, ainsi que le manuscrit d'Aristophane de Byzance, gardent un silence complet sur cette circonstance , ce qui nous porte à croire qu'elle est une pure invention d'Athénée. En eiîet, est-il naturel qu'une femme de quarante-cinq ans, désespérée de se voir trahie par celui qu'elle adore, s'éprenne, au milieu de son désespoir, d'une belle passion pour un autre homme? Une femme trahie, abandonnée, peut bien, dans un premier mouvement de colère ou d'amourpropre blessé, donner un remplaçant à l'ingrat qui la fuit; mais aimer ce nouveau-venu comme elle aimait celui qu'elle pleure, celui qu'elle regrettera toujours, cela ne saurait être ; il fallait qu'Athénéa connût fort peu le cœur des femmes pour avancer un fait semblable. Tout porte à croire que ce grammairien a reporté sur le nom de Pausanias l'aventure propre à Eubatès. On sait, du reste, que Laïs fit plusieurs voyages dans le but de se distraire du
— 2G0 — profond chagrin que lui causait l'infidélité de son amant. On sait aussi qu'elle passa plusieurs années en ThessaliC; où elle ouvrit une école de galanterie et de belles manières. L'on assure même que les Théssaliens. qui étaient des hommes rudes et grossiers, se policèrent au contact de l'élégante Corinthienne.
Reprenons notre récit où nous l'avons laissé. Laïs, qui, jusqu'au jour où elle vit Euhatès, n'avait été que l'élève du plaisir et jamais celui de l'amour, se sentit tout-à-coup dévorée de tous les feux de la passion. Euhatès était son idole , elle ne voyait que lui, ne pensait qua lui, et ne pouvait désormais vivre sans lui. Elle passait des heures entières près de lui, s'enivrant du honheur de le voir, de l'entendre, et, loin de s'épuiser, l'ivresse augmentait toujours !...
Un soir, Diogène, se trouvant derrière une touffe d'arbres, entendit la voix hypocrite d'Eubatès faire des serments d'amour à Lais. Le regard pénétrant du philosophe lui fit découvrir que cet homme n'aimait point Laïs, mais qu'il avait besoin de ses richesses et de son influence. Sortant avec précipitation de l'endroit où il était caché, le cynique dit en riant à la Corinthienne.
— Tu veux donc te remarier, Laïs.
Stupéfaite de cette rencontre et de ces paroles, Laïs s'emporte contre Diogène et lui ordonne de se retirer.
— Quoi! lui répond le philosophe, tu voudrais me défendre de respirer l'air embaumé de tes jardins n moi, ton ami? Crois-tu qu'un homme de la trempe de Diogène. qui méprise et pourchasse les adulateurs, se prive de la promenade pour un hypocrite qui te trompe?
L'amour aveuglait Laïs ; l'ardente passion qui la dévorait lui faisait oublier le courageux dévouement de Diogène à son égard; irritée de ce que le cynique maltraiuiit l'objet de son amour, elle lui réitéra trèsvivement l'ordre d'évacuer ses jardins. Alors, sans s'émouvoir, Diogène lui adressa ces mots en so retirant :
— Laïs, apprends dès aujourd'hui à modérer les élans de ton cœur et à user de modération. Ce jeune homme, pour qui tu méconnais tes amis, me vengera bientôt de tes injures.
Nous allons voir que la prédiction de Diogène se réalisa.
A quelques jours de là, poursuivie par la crainte qu"Eubatès pouvait la quitter, Laïs s'imagina qu'elle se l'attacherait pour toujours par le mariage. Ne pouvant plus résister à la fièvre dont elle était dévorée, cette femme, qui avait refusé la main de plusieurs Eupatrides de Corinthe et d'Athènes; cette philosophe, qui avait préféré la liberté d'une Hétère à une couronne de reine, proposa à l'obscur
Eubatès de l'épouser et de partager avec \vï ses richesses.
Le rapsode reçut hypocritement la p ^ ^position, et lui promit de l'emmener avec lui daiis sa patrie si elle lui faisait remporter le prix aux Jeux Isthmiques (1), qui devaient se célébrer sous peu. Elle y consentit. Quoique Eubatès fût un très-médiocre poète, les amis de Laïs, et surtout l'or qu'elle prodigua, lui firent remporter la victoire. Ce rapsode
(1) Jeux isthmiques. Ces jeux, institués quatorze cents ans avant notre ère, en l'honneur de ÏNIélicerte, fils d'Athamas, roi de Thèbes en Béotie, se célébraient tous les trois ans à l'istlime de Corintlie, prés du temple de Neptune. Ils étaient un des quatre grands Jeux qui se tenaient en Grèce : les Olympiques, les Pythiques, les Néméens et les Isthmiques. La course à pied, en char, le jet du disque, la lutte, le saut, figuraient au nombre des exercices qui s'y pratiquaient. Les musiciens et les poëtes s'y rendaient aussi pour se disputer une couronne. La réputation des Grecs, comme peuple le plus avancé dans la civilisation, attirait chez eux les hommes intelligents des nations voisines. L'affluence des étrangers, la présence des Archontes et des principaux citoyens des villes du Péloponèse donniient à ces Jeux un aspect solennel. Le prix accordé au vainqueur fut d'abord une àimple couronne de chêne ; dans la suite on ajouta cent drachmes, représentant quatre-vingts francs de notre monnaie : mais la véritable émulation des concurrents se trouvait dans la gloire qui accompagnait le vainqueur dans ses foyers et lui valait l'admiration de ses concitoyens. Les Jeux Isthmiques ne furent pas même interrompus après la destruction de Corinthe par le consul Mummius; los Scycionien.° voulurent les célébrer malgré le deuil nublic, et le nombre des personnes qui s'y rendirent fut presque aussi grand que celui des années précédentes. Le consul romain avait reçu l'ordre de ne point les troubler. Ce ne fut qu'après l'irruption des barbares fci: Grèce, que les Jeux Isthmiques furent abolis pour jamais^
adorait unejenne fille dont la main lui était promise s'il revenait vainqueur dés Jeux. Le jour même de sa victoire, il quitta furtivement Corinllie et fit remettre à sa généreuse amante une lettre ainsi conçue : « Adieu, Laïs, je pars et remplis la promesse que je t'avais faite de t'emmener avec moi, puisque j'emporte ton portrait. > Le mot grec emporter signiflait aussi emmener.
Cette lettre moqueuse qui, en toute autre circonstance, eût blessé l'amour-propre de la fière Corinthienne et soulevé son indignation, ne produisit chez elle que larmes et désespoir. Toutes les facultés de son esprit étaient opprimées par ce fatal amour. Elle courut sur la trace du fugitif, et après plusieurs mois de fatigues et d'inutiles recherches, elle revint à Corinthe, plus affligée que jamais, et tomba gravement malade.
Aristippe, qui voyageait alors dans les Cyclades, ayant appris ces fâcheuses nouvelles, se hâta de venir auprès de son ancienne amie. Cléon, dépêché par Laïb à la recherche d'Eubatès, accourut auprès d'elle sans lui apporter de nouvelles satisfaisantes. Les soins que ces deux rares amis lui prodiguèrent, leurs sages entretiens, leurs conseils, apportèrent quelque soulagement aux souffrances de Laïs; mais sa santé avait éprouvé une atteinte dont elle ne devait plus se relever. A l'amour sans espoir qui minait incessamment son cœur, se joignirent la mé-
lancoîie et une muette langueur. Sons le souffle dévorant de ces tristes affections, ses charmes se fanèrent, des rides vinrent ternir la pureté de son front, et sa beauté s'éclipsa saiis retour.
A partir de cette époçue, Laïs disparut complètement de la scène du monde; elle congédia toutes les jeunes filles qui composaient sa maison, et donna la liberté à ses esclaves, à l'exception des trois plus âgées, qu'elle garda pour la servir ; elle restreignit aussi le nombre de ses amis, et ne conserva que les plus intimes. Toujours triste et pensive au milieu de ceux qui l'entouraient, elle rejetait tout moyen de distraction; le moral, profondément affecté, réagissait sur le physique, la tombe se creusait sous ses pas... Ses amis lui conseillèrent de tenter le saut de Leucade, afin d'éteindre le feu qui la consumait; elle répondit avec un sourire d'incrédulité qu'elle était beaucoup trop faible pour faire le voyage, et que, d'ailleurs, elle mourrait plus doucement sous les myrtes de son jardin que dans les abîmes de la mer.
Pendant les dernières années de sa vie, elle se fit construire un magnifique tombeau en marbre pentélique, dans le Cranium, où s'élevait un petit bosquet consacré à Bellérophon. A côté de ce tombeau, et à peu de distance du temple de Vénus Mélanis (brune), elle dépensa des sommes énormes pour la construction d'un autre temple, qu'elle consacra à Venus toujours belle. Ce fut dans ce monument, un des plus
élégants de Corinthe, qu'elle suspendit son fameux miroir, n'osant plus s'y regarder. Un de nos poètes en a traduit la consécration dans les vers suivants :
Je le donne à Vénus, puisqu'elle est toujours belle.
Il redouble trop mes ennuis.
Je ne saurais me voir, dans ce miroir fidèle, Ni telle que je fus, ni telle que je suis.
Laïs, sentant sa fin approcher, assembla ses amis pour leur faire ses derniers adieux, et chargea Aristippe do ses dernières volontés. Elle partagea sa fortune^ encore très-considérable, en quatre parts : l'une, destinée à secourir les Hétères de Corinthe que l'âge ou l'adversité avait réduites à la misère; l'autre, à l'entretien d'un temple qu'elle avait fait construire, et aux trois prêtresses instituées par elle pour le desservir. Elle donna la troisième part à sa Qdèle Bacchis, citée partout comme un modèle d'attachement. La quatrième part, comprenant ses jardins, fut léguée à la ville de Corinthe, en reconnaissance des honneurs et de la protection que les Corinthiens lui avaient accordés.
Ces dispositions terminées, elle dit à sa fidèle Bacchis de lui poser une couronne de myrte sur la tête ; ensuite elle donna ordre à toutes les femmes de sa maison de se réunir sous le grand berceau du jardin, devant la statue d'Aphrodite; les musiciennes, avec leurs lyres, les autres avec des bouquets de roses à la
main, et toutes couronnées de fleurs. « Qu'on allume les cassolettes, ajouta-t-elle, et qu'on y jettelecinamome à pleines mains.» Lorsque ses ordres eurent été exécutés, elle se fit descendre au milieu des jeunes femmes; ses amis se rangèrent de chaque côté de son lit ; les musiciennes vinrent se placer en face d'elle, et en s'accompagnant de la lyre , chantèrent l'ode intitulée : la fin d'un beau jour ^ que Laïs affectionnait depuis quelque temps comme se rapportant à elle.
En ce moment, un pâle rayon de soleil couchant vint éclairer le lit de la mourante, glissa rapidement de la tête aux pieds et s'évanouit. Ce rayon sembla ranimer le visage de Laïs ; ses yeux presque éteints se rallumèrent, et promenant ses regards sar ceux qui l'entouraient :
— Mes bons amis, dit-elle, pour ceux qui doivent revoir le soleil de demain, ce doux rayon n'est que la fin d'un beau jour... Pour moi... c'est la fin du beau rêve de la vie... Puis se tournant vers Aristippe :
— Adieu, mon vieil ami...
S'apercevant que Cléon la contemplait en versant des larmes, elle lui tendit la main, et dit :
— Toi, Cléon, cœur loyal et fidèle, calme ta douleur, console-toi, car il te reste encore d'heureux jours à passer sur la terre.
Cléon, en lui baisant la niain, ne put retenir ses sanglots.
La voix de Laïs devenait de plus en pins faible... La mort l'étreiguait... Après un violent effort, elle prononça ces dernières paroles :
— Adieu, mes bons amis ; pensez quelquefois à
moi Je n'emporte qu'un seul regret dans la
tombe, celui de vous quitter... Cette fois... hélas ! adieu pour longtemps... pour toujours !...
Elle voulut, encore une fois, tendre la main à Aristippe et à Cléon, mais elle n'en eut plus la force.... et, sur ses lèvres glacées, la mxort arrêta son dernier sourire.
Telle fut la fin de cette beauté célèbre pour qui, au rapport de Démosthènes, les deux ineis de Visthme se battirent; qui vit à ses pieds des rois, des princes, des philosophes, des artistes, et qui reçut l'encens de ^a Grèce entière. Les Corinthiens firent de pompeuses funérailles à celle qui jeta tant d'éclat sur leur ville, et frappèrent une médaille en son honneur (l).
(l) Au temps du voyageur Pausanias, on voyait encore, à la base occidentale de l'Acro-Gorinthe, le Lcsquet du Cranium, au milieu duquel s'élevait le tombeau do Lais, surmonté d'une lionne debout, tenant dans ses pattes un bélier couché sur un chapiteau d'ordre dorique.
Le voyageur Pouqueville, qui, dans ces dernières années, visita les ruines de Co.'iathe, put découvrir les vestiges de ce monument, et acheta, sur les lieux mêmes, à un vieux pâtre, une médaille trèsbien frappée, représentant d'un côté le tombeau de L,aïs. ici que l'a décrit Pausanias, et, de l'autre coté, une tête de femme avec ces motâ à l'exergue : Laïs de Corinthe.
KOTES CHRONOLOGIQUES
La chronologie de l'époque de Laïs est fort embrouillée ; sur vingt biographies que nous avons consultées, il n'y en a pas deux qui s'accordent, et les erreurs de temps sont des plus graves. Les écrivains modernes ont copié les dates fournies par les auteurs anciens, sans prendre garde aux anachronismes énormes qui existent, sans s'inquiéter des erreurs qu'ont pu faire certains scholastiques, avec ou sans intention. Nous citerons un exemple comme preuve : D'aprèsl'Encyclopédie de l'antiquité, l'Art desdates et plusieurs dictionnaires historiques des plus estimés, la naissance du sculpteur Scopas correspond à l'an 450 avant notre ère. Ces mômes ouvrages rapportent que Scopas fut un des quatre grands sculpteurs qui travaillèrent au tombeau de Mausole, en Tan 352 avant l'ère chrétienne. Scopas aurait donc eu, à cette dernière époque, quatre-vingt-dit-huit ans! C'était un peu vieux \)our monter à l'échelle. Plus loin, toujours ces mêmes ouvrages nous apprennent que Scopas estmort à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Que penser de ceux qui écrivent ou copient ainsi les dates?
Et cette autre ereur : Apelles, ce grand peintre de l'an-
tiquité, naquit 300 ans avant notre ère ; sa réputation commença 340 ans avant notre ère, (c'est-à-dire 40 ans avant qu'il hif né !) A d'aussi graves erreurs, il n'y a d'autre excuse que celle-ci : c'estune faute d'impression. Malheureusement, ces fautes sont trop nombreuses. Kcanmoins, ces volumineux ouvrages sont adoptés par l'enseignement; ils sont consultés et font règle ; tandis que les brochures sont regardées comme trop peu de chose pour qu'on s'y arrête. Nous ajouterons que notre désappointement a été tel, devant les erreurs de date relatives à quelques contemporains de Laïs, qu'il nous à pris fantaisie d'entrer dans co labyrinthe chronologique, afin d'essayer si nous pourrions en saisir le fil. Voici les dates que nous avons cherché à r3ctiûer :
PéricîèSf né en 491, avant l'ère chrétienn", —
mort en 429.
Phidias f
Alcibiade,
Polyjnoic,
Zeuxis,
Parrliasius,
Apelles,
Myron,
PobjcVde,
Scopas,
Sacrale ,
Euripide,
Platon,
Xénocrate,
Arislippe,
Diogène,
De'mosthènes,
Laïs,
née en
morte en 354,
AspasiCf épousa Périclès en 434 ; morte dans un âge
avancé.
Phryné, née en 350 (1).
(1) Les lignes et les contours de son corps étaient si purs, les proportions si bien observées, qu'elle fut citée par tous les artistes, ses contemporains, comme la femme qui réunissait toutes les qualités de la beauté plastique, hormis la couleur : Phryné avait la peau jaunâtre. — Le peintre Appelles se trouvant un jour sur les bords de la mer, oii se baignait Phryné, la vit, admira la perfection de ses formes et lui proposa de l'immortaliser en la peignant telle qu'elle s'était offerte à ses regards. — Phryné se rendit dans l'atelier du grand peintre, lui servit de modèle, et la fameuse Vénus anadyomène (naissant du sein de l'onde) anima cette toile qui, dans l'antiquité, passa pour un des plus beaux chefs-d'œuvre de la peinture.
Plus tard, de même que Laïs, elle faillit être victime de ia haine de l'hiérophante, et fut sauvée par les mêmes moyens. Accusée par le grand-prêtre d'Eleusis d'avoir injurié les dieux pendant les fêtes de Gérés, la courtisane Phryné se vit condamnée à mort. Plusieurs historiens prétendent que cette condamnation fut une vengeance personnelle de l'accusateur à qui elle avait résisté. Quoiqu'il en soit, Phryné dut la vie autant à la beauté de son corps qu'à l'éloquence d'Hypéride, son défenseur, qui, après avoir épuisé inutilement tous les moyens oratoires, s'écria, en désespoir de cause : « 0 vous ! les sages de la nation, vénérables Aréopagites, vous êtes trop pieux pour détruire de -sang-froid ce que les dieux ont formé de si beau ! » A ces mots, Hypéride ayant arraché le voile sous lequel était cachée la courtisane Phryné, la laissa entièrement nue, exposée à tous les regards. Ce moyen produisit un effet magnétique sur les spectateurs, et l'Aréopage, profondément ému, répondit par cette sentence : « Oui, l'Aréopage respecte les dieux et ne saurait détruh-e un de leurs plus beaux ouvrages ; ç[ue Phryné vive pour leur rendre grâce ! »