ROLE DU LAIT AGENT DE TRANSMISSION DE LA FIEVRE ONDULANTE
A. — Rôle du lait de chèvre.
Le rôle du lait de chèvre comme agent de transmisison de la fièvre ondulante a été découvert pour la première fois par ZAMMIT dans des circonstances que nous avons précisées antérieurement. Il fut vérifié expérimentalement par KENNEDY et HONNOCKS en 1905, qui provoquèrent chez des singes une fièvre ondulante en leur faisant absorber du lait de chèvre infecté naturellement.
La fameuse épidémie du « Joshua Nicholsou », vapeur qui transportait un troupeau de chèvres en Amérique, « a la valeur d’une véritable expérience de laboratoire ». Sur douze membres de l’équipage, huit qui consommaient du lait de chèvre furent atteints de fièvre de Malte. Parmi les quatre qui restèrent indemnes, deux faisaient bouillir le lait, et les deux autres n’en buvaient pas. A leur arrivée les animaux furent examinés; on trouva dans le lait de plusieurs d’entre elles le Micrococcus Meliteasis.
De nombreuses observations, tant en France qu’à l'étranger, allaient rapidement confirmer la virulence du lait cru de chèvres infectées par ce microbe.
NicoLLE signale plusieurs cas en Tunisie, notamment celui d’une famille où tous les membres qui consommaient du lait de chèvres contaminées ‘ombèrent malades; seul un jeune enfant qui ne buvait que du lait de vache resta indemne.
En 1908, DauLoz-WurTz et TANoON rapportent le premier cas contrôlé scientifiquement de fièvre ondulante dans la région parisienne dû à l’usage du lait de chèvre.
De nombreuses épidémies inexplicables auparavant se comprennent fort bien du jour où l'on se mit à la recherche du lait vecteur de Brucella Melitensis.
A côté de ces observations dues à sa consommation à l’état frais il y a lieu d’envisager les cas inverses où par mesure de prophylaxie le lait cru fut remplacé par du lait stérilisé. Ainsi à Malte on put préserver la garnison qui de 1901 à 1905 comptait une moyenne annuelle de 300 cas de fièvre ondulante tomba à 12 cas en 1907 et à 3 en 1910 pour la marine et pour l’armée à 9 cas en 1907 et 1 en 1910, tandis que la population civile, continuant à
consommer du lait cru: était frappée comme auparavant.
Les exemples depuis se sont multipliés, ne laissant
place à aucun doute sur les dangers du lait cru de chèvre infectée.
B. — Rôle du lait de brebis.
En 1906, ZAMMIT avait trouvé une brebis infectée par le Micrococcus Melitensis et un peu plus tard Coxor découvrit ce même microbe dans le lai! de brebis. Mais jusqu'alors on n’avait pas signalé de fièvre ondulante chez l’homme, due au lait de cet animal contaminé. Les épidémies de Saint-Martial où Dusoïrs signale que la presque totalité des maiades buvait du lait de brebis, de FRAUQUEVAUX où sur 14 sujets 7 se sont contaminés par l’ingestion a’un même lait, ainsi que les cas observés par DarBois et VERGNES dans un domaine des environs de Cancéres où l’origine ovine n’était pas douteuse permirent à ces auteurs et à CANTALOUBE, LAGRIFFOUL-ARNAL et xoc£r de signaler le rôle du lait de brebis agent de transmission de la maladie.
Dès lors la relation de la fièvre ondulante avec l'ingestion de lait cru de chèvre et de brebis contaminées par le Micrococcus Melitensis ne tarda pas à être universellement admise.