DISCUSSION
À la suite de la découverte de la virulence du lait de chèvre et de brebis la transmission de la fièvre ondulante de l’animal à l’homme se limitait à la consommation du lait ou de ses dérivés frais. Dans chaque cas lPunique préoccupation de l’hygiéniste en quête de mesures prophylactiques se résumait dans la recherche du lait ou du fromage coupable.
Cependant, en 1911, CANTALOUBE avait observé, au cours d’une épidémie de fièvre ondulante, que sur 144 malades, 53 ne buvaient pas de lait ou le consommaient après l’avoir fait bouillir. Il attribuait alors la contagion au fait que les sujets avaient été en contact avec un troupeau de chèvres frappées d'avortement. Ainsi se révélait déjà l’existence possible d’autres moyens de transmission. Toutefois, la plupart des auteurs décrivaient encore cette infection comme une maladie réservée exclusivement aux amateurs de lait ou de fromage de chèvre et de brebis. En 1925, M. BurNET écrivait : « Le lait cause 90 %, des cas de fièvre ondulante ».
Au Congrès d'Hygiène de la même année, MM. Au- BLANT, DUBOIS LAFENÊTRE et LISBONKNE, à l’aide d’une circulaire envoyée aux Préfets de tous les départe-
ments, ont établi, d’après un grand nombre d’observations, que la contagion « directe » aurait un rôle aussi important que la contamination « indirecte » par le lait. Ces auteurs soulignent d’autre part que ce mode d'infection se rencontrerait surtout « chez les populations campagnardes, qui vivent en étroite promiseuité avec les troupeaux, manipulent journellement le fumier souillé des étables, s’occupent continuellement de leurs animaux ».
Cette manière de voir est confirmée rapidement, c’est ainsi que MM. IMBERT, LAFENÊTRE, d’une part; Dugois et SOLLIER, d’autre part, signalent le taux d'incidence élevé chez les individus tels que : houchers, tripiers, équarisseurs, qui manipulent viande, sang des animaux malades, bergers, garçons ou filles de fermes, vétérinaires, donnant leurs soins aux bêtes contaminées.
Aussi il apparaissait qu'à côté de la propagation de la fièvre ondulante par le lait il fallait désormais faire une place de plus en plus importante à la contamination « par contact » avec les animaux mélitococciques principalement chèvres, brebis. Cette contamination se comprend d’ailleurs facilement du fait que les bacilles se trouvent répandus dans tout l'organisme de l’animal infecté. Il faut s’attendre à les rencontrer aussi bien dans les urines, les matières fécales ou les produits d’avortements, lochies, fœtus, que dans le lait. L'introduction des germes se ferait alors par la voie cutanée, par des excoriations souvent même infimes de la peau. De là la plus grande