CHEVALIER
démiologiques révèlent que les infections par « contact » seraient de beaucoup supérieures à celles dues à la consommation du lait. C’est ainsi que MM. TayLor et Vipai, sur 28 cas de Brucellose d’origine bovine, la contamination s'établit comme suit :
Consommation de re nn 2 Consommation et contact ......... 22 Contacts v RENOM RES 4
Dans les cas recueillis par MM. PARISOT et LÉvY, en Lorraine; par M. LEpoux, en Franche-Comté, la propagation de la maladie par le lait a été rarement mise en cause.
On peut être surpris des résultats si différents obtenus d’après les recherches françaises, c'est que dans les pays scandinaves notamment la population préfère le lait cru au lait bouilli ou pasteurisé, tandis que dans notre pays on a l’habitude de le faire bouilir avant de le consommer. Si bien que dans les villes françaises où l’on aurait dû avoir comme en Suède, au Danemark, en Suisse de nombreux cas de fièvre ondulante transmis par le lait, les enquêtes ne signalent que quelques cas isolés.
Il faut d’ailleurs noter, à propos du lait de vache, comme le fait remarquer M. VIOLLE, qu’on a longtemps consommé le lait de chèvre cru, tandis que par crainte de la tuberculose on fait, du moins en France, bouillir le lait de vache.
Aussi, dernièrement, surtout en France, s’accordait-on pour admettre que la transmission de la fiè-
TO
vre ondulante humaine, qu’elle fut d’origine caprine, ovine ou bovine, par le lait et ses dérivés, était bien moins importante que la contagion par « voie directe ».
Pour DuBois, d’après une enquête récente sur la Brucellose observée dans le département du Gard, 7/8* des cas signalés sont dus à des infections de « contact »; 1/8° seulement peut être attribué au lait.
C’est également l’opinion de MM. TAYLOR, LISBONNE et VIDAL qui estiment qu’en France « plus de 8 fois sur 10 le malade aura été en contact direct avec des chèvres, des brebis ou des vaches ».
Devant l’importance toujours plus grande attribuée à ce mode de contamination, on en vint même récemment à négliger le rôle du lait après avoir considéré pendant très longtemps comme la source presque exclusive de la contamination humaine. Mais cette manière de voir ne saurait être acceptée. Si en France on a l'habitude de considérer le lait comme véhicule essentiel de l’infection que dans les cas isolés des villes, il n’en reste pas moins que lingestion de lait ou fromage frais peut encore être rapporté à l’origine de bien des cas de Brucellose observés dans le milieu campagnard. En outre nous avons vu que dans les pays nordiques la moitié des infections sont dues uniquement au lait ou à ses dérivés contaminés.
De plus l’extension progressive aux régions d’élevage de la fièvre ondulante d’origine bovine à Bru-
cella Melitensis et la virulence de ce microbe constituent une grave menace du fait de son élimination prolongée dans le lait de vaches malades, alors que la sécrétion bacillaire paraît s'arrêter ou tout au moins se ralentir au point d'échapper à l’analyse au bout de quelques mois après l’avortement chez les chèvres et les brebis.
Il faut également tenir compte de la quantité de lait que peut fournir une vache dont le rendement est 10 à 15 fois supérieur à celui d’une chèvre ou d'une brebis. De là un nombre plus considérable: de personnes contaminées.
En outre l’importante clientèle de ces régions où le lait peut être consommé très loin de son origine, à la différence de ceux de chèvre et de brebis, ingéré sur place, risque de favoriser de tous côtés la dissémination de la fièvre ondulante.