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FRUITIÈRES A VENTE DE LAIT

acheteur qui exploite à son compte. Dès lors toute hésitation disparaît et voilà une commune pourvue d'un débouché pour les produits de son troupeau.

Jetons les yeux en dehors de la Comté.

La Haute-Savoie a vu, depuis quelques années, son industrie fromagère prendre un merveilleux essor, grâce au système des ventes de lait. Les cultivaleurs d'un même village, se constituent en association, établissent un chalet suivant les dernières données, habituellement avec une porcherie pour annexe. Puis le lait est mis en adjudication : les paiements ont lieu chaque mois, on réserve un demi ou un centime par litre pour l'amortissement et Fentretien. Résultat : augmentation considérable de la production laitière sous Faction d'un débouché lémunérateur, assuré et connu d'avance.

Ce mode d'exploitation n'a pas été étranger à la perfection des chalets savoisiens. On n'épargne pas les dépenses nécessaires quand on sait que les prix du lait atteindront un taux d'autant plus élevé que les locaux seront mieux aménagés.

Ainsi en est-il de même en Suisse, où cette mode, répandue surtout dans les cantons allemands, a amené une rapide transformation de l'outillage.

Nous ne pouvons donc suivre ceux qui systématiquement combattent les ventes de lait en fruitière. Ce mode d'exploitation a fait ses preuves, parfois il est un véritable stimulant du progrès, dans certains cas, seul, il permet la création de fruitières nouvelles ; c'est par lui sans doute que se développera en France l'industrie de Femmenthal qu'il faut absolument vulgaiiser.

Concluons donc que ce système a sa place légitimement et utilement marquée à coté de nos associations les plus parfaites.

L'industriel, a-t-on dit, prélève inutilement un bénéfice sur le producteur. Dans la pratique, les choses ne se passent pas habituellement ainsi.

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Le plus généralement un entrepreneur indépendant fabriquera mieux, \endi*a mieux. Il pourra payer aux fournisseurs un prix du lait sensiblement égal à celui que leur aurait procuré un travail en commun moins bien exécuté.

Au reste, qu'on soit pour, qu'on soit contre, nul ne peut nier la tendance généralisée de plus en plus des ventes de lait dans les fromageries. Il faut donc absolument tenir compte de ce phénomène économique.

Aux sociétés qui désirent absolument renoncer à Texploitatation directe nous conseillons instamment de conserver intacte leur unité en face de Facheteur, Comme elles seront plus fortes alors pour débattre leurs intérêts !

Les producteurs réunis, sachant bien ce qu'ils veulent, pourront toujours par le fait du groupement obtenir les conditions les plus favorables. Le lien social est maintenu, la finiitière subsiste et avec elle tous ses avantages.

A moins d'un prix notablement supérieur, il faut exiger la fabrication sur place, dans le chalet.

Les sociétaires peuvent ainsi disposer du beurre et des résidus pour leur usage.

D'autre part le chalet reste en activité, le matériel étant entretenu ne se détériore pas et si à l'expiration du marché, les producteurs, éclairés sur les avantages du travail perfectionné, veulent de nouveau fabriquer en commun, rien ne s'y opposera.

Il est utile, en général, d'exiger un cautionnement. Dans certains cas, on réserve que les fromages en cave ne seront pas enlevés avant que le lait correspondant à cette fabrication ne soit payé.

Enfin à tout prix, que les sociétaires, sous prétexte que le lait est vendu, ne se désintéressent pas de sa qualité.

C'est, en effet, pour avoir méconnu cette nécessité que les producteurs de la Suisse allemande sont fréquemment en conflit avec les laitiei^. Ceux-ci, à la suite d'accidents

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