FRUITIÈRES A VENTE DE LAIT
Si théoriquement la coopération doit permettre de retirer le plus grand profit du lait, il n'en est malhereu sèment pas toujours ainsi dans la pratique.
Les difficultés pour obtenir l'adhésion de tous quand il s'agit d'effectuer les réformes nécessaires, l'insouciance que l'on apporte à surveiller la fabrication, les divisions locales, sont autant de pierres d'achoppement au fonctionnement normal des fruitières.
Aussi la vente du lait à un entrepreneur tend-elle de plus en plus à se répandre.
Supprimer tout aléa concernant la production et la livraison des fromages, connaître à l'avance le rendement pécuniaire de l'étable, de façon à pouvoir établir une prévision des dépenses, en un mot, effacer dans l'utilisation du lait le souci du lendemain, enfin recevoir
334 FIIUITIÈUES.
plus tôt la valeur argent, telles sont les pensées déterminantes (jui poussent les cultivateurs à remplacer l'exploitation sociétaire par l'entreprise.
Au point de vue général, comment influe cette transformation? Est-ce un recul? Est-ce un progrès?
En matière de fabrication fromagère, nous plaçons sans hésiter l'idéal dans une coopérative qui, ayant adopté résolument tous les perfectionnements de la technique moderne, serait dirigée par une gérance écoutée, capable d'assurer la réussite en veillant aux livraisons régulières du lait, en s'assurant le concours d'un fromager expérimenté, entin aussi en sachant vendre pour le mieux les produits.
Là est l'exemple à proposer, parce que là est la perfection. Aux sociétés qui fonctionnent dans ces conditions il faut souhaiter longue ^ie et qu'elles suscitent des imitateurs.
Mais parfois, il ne sert à rien de le cacher, la bonne volonté des hommes d'initiative vient se heurter contre l'entêtement d'une majorité ignorante qui se refuse à tout progrès, sous prétexte que l'on a toujours fabriqué ainsi, sans réfrigérant, sans calorifère.... Ailleurs, des gérants dépourvus d'autorité, ne parviennent pas à faire respecter le règlement : la qualité des apports laisse à désirer, le fromager, sans appui, se décourage.
D'autres fois, par suite de discordes, un certain nombre s'éloignent de la fruitière.
Dans ces conditions, un laitier acheteur, dégagé de préoccupations étrangères, indifférent aux coteries, libre (l'agir à son gré pour étabhr un perfectionnement qu'il sait devoir être fructueux, a toutes les chances du monde pour obtenir le meilleur résultat.
Voici, d'autre part, une localité dont les habitants ont le plus vif désir de s'adonner à la production intensive du lait. Mais la fabrication en société n'a jamais eu lieu et l'on ne peut se résoudre à la tenter. Survienne un
dbyGoOgk