‹ LakanalChapitre 10 sur 19 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

L'établissement des écoles primaires était la dette de la patrie envers chacun de ses enfants ; puisqu'elle leur doit la sûreté de leurs personnes et de leurs propriétés, elle leur doit essentiellement cette portée des lumières sans laquelle l'homme fut toujours la victime de l'imposture.

Réfutant les exagérations accréditées par la malveillance et le patriotisme irréfléchi au sujet des dépenses que

pouvait entraîner l'organisation de l'instruction publique, Lakanal établit que les écoles primaires ne coûteront pas plus que le sixième îles contributions ; chiffre très admissible, car, chez un peuple libre, l'instruction doit être l'objet principal sur le tableau de ses dépenses.

Los écoles primuircs. couliuuc-l-il, comme ranuoncclc nom que vous leur avez donné, sont le vcslibulo du grand édifice promiï) depuis louglomps à l'impatience des Français : édifice que phisieurs architoclos ont déjà construit par la pensée sans consulter le génie dos temps et des lieux, et dont je vous présente aujourd'hui le plan géométral placé par votre Comité d'Instruction publique. Il dépend do vous de le voir s'élever avec majesté pour servir d'asile ••tornol aux sciences et aux arts, sans lesquels la liberté ne fera que passer sur la terre.

Pour cette vaste construction, il faut commencer par déblayer les débris des collèges où d'inutiles professeurs, étonnés de se trouver encore au poste des abus, rassemblent sur des ruines (luolifucs élèves mendiés, soit pour jouir d'un salaire dont vous avez oiiblié de dêi:rèver )e IréhOr ualional, soit pour se sousliMii\.' eux et kiiLs disciples aux travaux cl au mouvement de la UOviàuliiD. Ces proies.>eurs >oiil dans le culte des arls se qu'élaienl nos prêtres dans le culle de la divinité.

Les collèges coulre lesquels réclamait la philosophie depuis tant de siècles, que Montaigne et J.-J. Rousseau ont dénoncés h h\ raison humaine comme les asiles de l'ignorance privilégiée, vont donc disparaître du sol de la France libre, et, sans aucune dépense nouvelle, vous allez trouver dans leurs décombres et dans la dotation qu'ils absorbaient plus de ressources qu'il ne vous en faut pour les établissements régénérateuis que nous vous proposons.

Un grand nombre de déparlements les ont réclamés par des adresses multipliées : Nous citerons les départements du Gers, du Tarn, des Bouches-du-Rhôue, du Loiret, de la Sarthe, du Calvados, de l'Hérault, de l'Yonne, de l'Ardèche, de la Côted'Or, des COtes-du-Nord. de l'Ariège, de la Dordogne, du Mont-Blanc, de la Moselle, des Ilautes-Py rénées, du Bas-Rhin, de la Chareute-luféiieure et du Jura.

Ce ne sont pas des écoles secondaires. Elles sont devenues inutiles par l'étendue que vous avez donnée aux écoles ouvertes à l'enfance. Ces écoles présentent, en efifet, tous les germes des connaissances qui seront enseignées dans les écoles centrales ; des établissements intermédiaires, des écoles de district ou de canton seraient superflues.

Page 1