‹ L’Algidité traumatique: Son rôle dans la pathogénie du chocChapitre 15 sur 24 · CHAPITRE TITI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TITI

L’Algidité dans les blessures de guerre.

Ses rapports avec le choc traumatique

et la toxémie.

La guerre a pour ainsi dire accumulé toutes les causes directes ou indirectes, dont nous avons pris connaissance dans le chapitre précédent : émotions répétées, hypertension, douleur traumatique, douleur morale, angoisse, froid, hémorragie, et la question se pose de savoir quel rôle joue l’état algide dans la pathogénie du choc, chez les blessés.

L'analyse permet de distinguer suivant le temps et le degré, divers stades.

Nous ferons remarquer tout d’abord qu'avant la blessure l’artériospasme est très fréquent.

Déjà nous avons signalé que les recherches oscillométriques de plusieurs auteurs sont d'accord pour admettre que l'hypertension est la réaction normale du bombardement. Les observalions de Cowell ont confirmé cette donnée, mais en outre l’auteur a vu que la vie des tranchées est suffisante pour provoquer un ralentissement de la circulation périphérique el l'accumulation des déchets (urine foncée, chargée en phosphates).

Au cours des combats, dans les atlaques, ces phénomènes sont exagérés. MM. Bertein et Vinier ont noté chez des hommes non blessés, de la pâleur, de l'angoisse précordiale CI. Vincent a vu qu'après quelques jours de bataille les deux

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tiers des soldats d’un régiment non blessés, sont hypotendus.

Cette hypotension n'est vraisemblablement que la réaction normale consécutive à l'hypertension qui s'est produite au cours du combat.

Le blessé est donc souvent en élal d'angriospasme lorsque survient le traumatisme.

Celui-ei apporte de nouvelles causes d'artériospasme dont les principales sont : la douleur, l'hémorragie et l'angoisse du danger, surlout si le blessé immoblisé ne peut être évacué facilement. Enfin viendront les difficultés de transport dans les boyaux, exagérant la douleur, le cahotement dans l'auto, le froid, le transport, souvent effectué la nuit à cause du bombardement,

On s'explique ainsi que H. Delaunay qui, comme médecin d'ambulance divisionnaire de triage à Arras, à Récicourt a soigné de nombreux blessés ait constaté souvent l'état algide. « J'ai été frappé, dit-il, des pressions élevées que l'on rencontre souvent chez les blessés aussitôt après leur blessure et quelques heures après, lorsqu'ils ont été évacués, après le transport en automobile ». La pression Mn est élevée (entré 10 el 12) la courbe oscillométrique du poignet et même du bras est tendue, le pouls souvent ralenti, dur, serré, petit. En hiver, ou lorsqu'ils ont été transportés la nuit au printemps et en automne, ces blessés sont plus nombreux. Ils arrivent à l’ambulance, pales, tremblants, les extrémités refroidies, le facies anxieux, et répondent mal aux questions qui leur sont posées. |

On les à désignés sous divers noms: petits choqués — pseudo choqués — choqués à frigore, en réalilé ce sont des algides (H. Delaunay).

‘n général ils se remetlent assez vite. De la chaleur (boissons chaudes, réchauffement), un tonicardiaque (huile camphrée) suffisent à améliorer leur état, ils deviennent rapidement opérables. Somme toute ils n’ont présenté qu'à

un plus fort degré la réaction vasoconstrictive postraumatique,

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