MS CES
rait pas, et la question angoissante de l'opération se posait.
Au début de la campagne, imbus des théories nerveuses
du choc, les chirurgiens estimaient que l'acte opératoire est
lui-même une cause de choc, et attendaient une amélioration pour intervenir.
À cette conception nerveuse, une autre s'est peu à peu substituée ; la conception toxique et, par une sorte de réaction peut-être trop vive, elle est devenue la base des diverses théories récemment émises sur le choc.
On s’est aperçu tout d’abord que l’expectative armée donnait de très mauvais résultats, et le nombre des blessés dits « choqués » inopérables, fut bientôt trouvé considérable ; livrés à leur malheureux sort, ils devenaient souvent des agonisants, malgré les soins classiques qui leur élaient prodigués avec tout le dévouement que l’on sait.
Devant cette fatalité, des chirurgiens hardis ont alors tenté l'impossible. Par une opération rapide, sous chlorure d'éthyle, ils ont pu sauver des blessés choqués, que d’autres auraient jugé inopérables. C’est ainsi que le blessé, en état de choc avant l'intervention, mais débarrassé rapidement du membre broyé, se ranimait peu à peu après l'opération, de telle sorte qu'on a été conduit à penser que dans ces cas, le primum movens du choc siégeait au niveau même de la blessure.
Inversement, les blessés arrivant en bon état à l’ambulance n'ayant subi qu’une petite opération incapable de provoquer le choc par elle-même, sont morts aussi en état de choc. Il s'agissait de blessés des membres, porteurs d’un garrot depuis plusieurs heures. Les chirurgiens conservateurs après avoir constaté l'intégrité des vaisseaux, nettoyé la plaie, estimaient que l’'amputation n'élait pas nécessaire.
Peu de temps après l'opéralion, l'état de choc apparaissait souvent falal. La résorplion des produits toxiques formés dans le membre traumatlisé et non irrigué, à été ainsi incriminée à juste litre comme une des causes importantes de choc. C'est pour ainsi dire la contre-partie de la précédente
opération : chez un sujet choqué l’amputation rapide fait