ESS PE
disparaître le choc, chez un sujet non choqué la conservation du membre traumatisé fait apparaître l’état de choc.
D'autre part l’expectalive armée a paru dangereuse même dans les cas les plus favorables. C'est-à-dire lorsque l’état du blessé était amélioré par le traitement classique du choc. L’abondance de la flore microbienne de guerre, la rapidité de pullulation des germes au niveau de la plaie, eurent alors pour résultat de poser la règle générale de l'intervention la plus précoce chez tous les blessés. Cette règle s’imposait aussi chez les blessés choqués, dont les lissus traumalisés, mal vascularisés, devenaient un excellent milieu de culture pour les anaréobies; car la gangrène gazeuse emportait bien souvent le blessé choqué dont l'intervention avaitété retardée.
Bien d’autres preuves ont été données en faveur du choc toxique ; nous ne ferons que les signaler, puisqu'elles n'intéressent qu'indirectement la question qui nous occupe.
À MM. Quénu et Delbet revient le mérite d’avoir fixé l'attention sur le choc toxique et largement contribué à sa connaissance.
Dans un travail récent M. Quénu a résumé l’ensemble de ses recherches sur la question du choc traumalique.
Il établit que le choc, qui jusqu’en 1917 était regardé comme ayant pour origine une action brusque du traumatisme sur le système nerveux est en réalité un syndrome résullant d'une intoxication par les toxalbumines des tissus et plus spécialement des muscles écrasés. Il propose de remplacer le terme impropre de choc par celui de {oxémie traumalique à syndrome dépressif.
S'il n’est pas douteux qu'une des voies importantes d'accès à l'état de choc, tel qu’on l’entend cliniquement, est la toxémie traumatique, il n’en est pas moins vrai aussi, à notre avis, qu'il existe d’autres voies d'accès, et en particulier l’algidité traumatique sur laquelle M. Delaunay a attiré l'attention.
Si la toxémie reste pour un cerlain nombre de cas une explication suffisante du choc, il n’en est plus de même pour
rfi
beaucoup d'autres, où les troubles du système nerveux vasomoleur semblent jouer un rôle primordial.
Le but de notre travail sera précisément de montrer qu'il en est bien ainsi.
Le plan que nous avons suivi est le suivant :
1° De l’algidité, du sens qu'il faut donner à ce terme;
2° Physiopathologie générale de l’algidité, son mécanisme, son évolution.
3° L’algidité dans Îles blessures de guerre. Ses rapports avec le choc traumalique el la toxémie. L’algidité hémorragique.
4 Le choc algide par aulointoxicalion anémique.